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	<title>Annie Roy &#187; Sur la route</title>
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		<title>Les p’tites fraises des champs&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 20:54:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Annie Roy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Sur la route]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous v’là à Carleton-sur-Mer…on y monte notre expo CHANGE au Centre Vaste et Vague jusqu’au 16 mars. Les p’tites fraises [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous v’là à Carleton-sur-Mer…on y monte notre expo CHANGE au<br />
Centre Vaste et Vague jusqu’au 16 mars.</p>
<p><strong>Les p’tites fraises<br />
des champs</strong></p>
<p>La profondeur des racines, c’est quelque chose…</p>
<p>Même si  j’ai passé le<br />
plus clair de ma vie à Montréal, je suis une gaspésienne…c’est ici que mes<br />
racines me parlent par les voix de l’air salin de la mer, des galets et des<br />
falaises, du vaste ciel,  des montagnes<br />
de liberté et de labeur…</p>
<p>Le Québec de ma génération s’est construit sur l’exode des<br />
régions de nos parents.  Les miens viennent<br />
tous deux de Ste-Anne des Monts…deux familles de huit enfants dont aucun n’est<br />
resté en Gaspésie…tous à Montréal…mais j’y passais mes étés et quand je reviens<br />
ici, c’est étrangement ma terre plus que nulle part ailleurs!</p>
<p>Je ne sais si c’est l’écho des histoires de mon Grand-père<br />
Omer, la cueillette des petites fraises des champs avec Grand-maman Louisa et<br />
la rhubarbe fraîchement  cueillie trempée<br />
dans le sucre, mais savoir que cette terre là c’est mon arrière-arrière  grand-père qui l’a défriché et donné à Grand-papa<br />
Omer et qu’on n’y a plus rien, à peine un petit lot au cimetière et que malgré<br />
mon sentiment d’appartenance, j’y suis probablement pour les gens d’ici une sorte<br />
de touriste…</p>
<p>Je me fais la réflexion que malgré que je sois étiqueté<br />
québécoise de souche, je suis comme  immigrante en mon propre pays…comme des millions<br />
d’autres comme moi.</p>
<p>Qu’est-ce-que ça vous fait,  vous, enfants urbains de l’exode rurale du<br />
Québec?</p>
<p>Nos parents ont dû abandonner leur territoire pour se construire une vie avec plus de possibilité en ville (éducation,<br />
travail, confort…) mais, maintenant qu’un retour en région se fait sentir, le<br />
défi est de le faire de manière durable. Ça prend des jobs bien sûr, mais aussi<br />
une bonne dose d’amour, d’amour  de la p’tite fraise des champs…</p>
<p><strong>Ici et maintenant</strong></p>
<p>Je me reconnais en ce sens dans les enfants d’immigrants,<br />
réimplantant leurs racines loin du territoire de leurs parents…et ça me fait<br />
aussi penser à la conquête de ce « nouveau » territoire, ce fameux grand<br />
nord, si convoité par les intérêts étrangers…</p>
<p>Le dilemme est que le développement économique grâce à<br />
l’exploitation des ressources naturelles amène du monde à vivre en région  et à se réapproprier le territoire, mais<br />
encore faut-il que cette exploitation se construise dans l’amour du territoire.</p>
<p>Ce territoire, ici et maintenant, est celui de ceux qui<br />
habitent le Québec d’aujourd’hui.  Et que<br />
l’on soit enfant d’immigrants de Ste-Anne des Monts ou de Port-au Prince, il<br />
faudra bien se lever ensemble et se réapproprier cette terre qui ne nous<br />
appartiendra bientôt plus si on n’y plante pas nos racines…afin qu’on n’y soit<br />
pas des touristes à perpétuité…</p>
<p>Toi qui habites le Québec de 2012, tu es ici chez toi, assis<br />
sur des tonnes de richesses et il faut que tes enfants et petits enfants<br />
restent fiers propriétaires de cette terre et il n’en tient qu’à toi de réveiller<br />
la passion du territoire, de ne pas accepter de la vendre à rabais aux<br />
multinationales avides de profits (et d’un gouvernement avide de donner des<br />
jobs à n’importe quel prix…)car elles te jetteront comme un vieux torchon quand<br />
ton bac à sable sera vidé.</p>
<p>Ce territoire vaut cher et ses richesses non renouvelables<br />
ne sont pas à dilapider, pas sur le dos de nos enfants, pas sur celui de l’environnement.<br />
Québécois 2012, soyez confiants, aimez votre territoire, élevez votre capital d’appartenance!</p>
<p>&nbsp;</p>
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