Daniel Corbeil met en scène les changements climatiques dans ses maquettes fragiles… et appétissantes.

Pendant que des scientifiques du monde entier tentent d’établir les paramètres nécessaires à l’élaboration des modélisations informatiques les plus complexes pour prévoir les pires catastrophes climatiques, Daniel Corbeil s’intéresse plutôt aux modèles réduits. À l’aide de matériaux pour le moins inusités – guimauve et meringue ont leur part du gâteau -, il recrée des paysages miniatures sous forme de maquettes instables, soumises à différentes tensions.

La fenêtre percée à même le mur de la galerie et les convoyeurs à rouleaux servant de supports aux maquettes obligent à voir les différents systèmes comme interinfluents, jetant un regard critique sur les pays qui cherchent à s’isoler dans leur combat contre le réchauffement climatique.

Avec ces convoyeurs industriels, ce n’est pas le travail qui se fait à la chaîne, mais les dégâts… La première maquette accessible aux visiteurs, conceptuellement conçue pour être soumise à la chaleur d’un élément chauffant, a plutôt subi les contrecoups de la présence humaine lors du vernissage qui avait lieu le 23 août dernier. Le paysage exposé dans sa plus simple expression – aménagement de terre nue et de mousse verte – reposait sur un lit de guimauves spongieuses. Avec la chaleur et les vibrations provoquées par l’affluence des visiteurs, la structure souple s’est affaissée en son pourtour, étalant ses propres ruines autour de l’oeuvre. Belle référence aux répercussions sur le paysage, même involontaires, de la présence de l’homme… La seconde maquette, celle-ci présentée dans un sas d’observation, est un paysage montagneux couvert de meringue rappelant glaciers et neiges éternelles. Dans cet univers au microclimat contrôlé (climatiseur, bouilloire), que l’artiste a intitulé l’Étuveuse climatique, l’effet de serre est expérimenté de façon totalement artificielle. (Jusqu’au 30 septembre.)

VIDÉOS À LA CARTE

Plusieurs vidéos sont proposées par Séquence, projetées en grand format selon l’intérêt des visiteurs. Si toutes les vidéos ne méritent pas nécessairement autant d’intérêt, les films soumis par Jean Lemire (Arrivée en Antarctique et Tempête à Melchior, traces vidéographiques de l’aventure du Sedna IV à l’autre extrémité du globe) sont à la fois accessibles et captivants. Ces deux précieux documentaires évitent avec justesse les pièges de la didactique et de l’alarmisme. Le montage, à la fois complexe et efficace, montre des images percutantes, captées pendant le périlleux périple de l’expédition de Lemire en Antarctique. (Jusqu’au 31 août.)

Les amateurs de vidéo plus expérimentale trouveront sans doute leur coup de coeur dans le film de François Quévillon, Defrost, une oeuvre polyphonique superbe qui exploite en concentré le pouvoir sémantique de la glace, érodée par friction ou par saltation, ou soumise à la chaleur. La très difficile glaciation, suivie d’une fonte extrêmement rapide, devient, dans le contexte de Trafic’Art, une métaphore subtile du réchauffement effréné de la planète. (Jusqu’au 31 août.)

Dans le cadre de Trafic’Art
À la galerie Séquence
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