Le MAC présente les finalistes canadiens ainsi que les demi-finalistes québécois du prix Sobey. Une sélection où les artistes du Québec volent la vedette.

Le prix Sobey, vous connaissez? Tous les deux ans entre 2002 et 2006, et depuis, tous les ans, c’est un prix de 50 000 dollars qui est remis à un artiste canadien de moins 40 ans s’étant fait remarquer par une exposition dans les 18 derniers mois. Des experts provenant de cinq grandes régions canadiennes choisissent cinq demi-finalistes par région, puis cinq finalistes pancanadiens (avant d’effectuer leur choix final). Ces jours-ci, ce sont ces cinq artistes qui sont exposés au Musée d’art contemporain (MAC).

Nous devrions donc y retrouver la crème de la crème dans le domaine des arts visuels au pays… Pourtant, le résultat déçoit. Nous sommes loin de l’expo des finalistes présentée en 2006 au Musée des beaux-arts et qui réunissait une imposante sélection: Annie Pootoogook (lauréate du prix cette année-là), BGL, Steven Shearer (qui représentera le Canada à la Biennale de Venise en 2011), Janice Kerbel et Mathew Reichertz.

Ces jours-ci au MAC, vous pouvez voir le travail de Brendan Lee Satish Tang (de la Côte-Ouest) effectuant une relecture de la céramique ancienne qui ne semble guère nouvelle et qui fait penser aux appropriations de vases de Léopold Foulem… Les mondes moderne et ancien s’y opposent de manière assez simpliste. Le dispositif visuel (reprenant des technologies désuètes) de l’installation de Daniel Barrow (des Prairies) est certes recherché, mais le contenu semble banal (l’émerveillement et notre désir de beauté).

À l’inverse, le propos de Brendan Fernandes (de l’Ontario) est passionnant (il parle d’identité culturelle et d’exotisme avec intelligence), mais n’apparaît pas toujours assez développé formellement. Emily Vey Duke et Cooper Battersby (de la région de l’Atlantique), artistes qui travaillent ensemble depuis 1994, captent l’attention avec une vidéo passionnante dans leur installation Lesser Apes. Ils y discutent avec humour de la notion de perversion. Il y a dans cette vidéo des moments superbes, tel ce passage où le roman est décrit comme étant fondateur de la notion d’éthique, car il nous permet de développer de l’empathie pour les autres.

Patrick Bernatchez (du Québec), prenant les Variations Goldberg comme prétexte, présente un travail traitant des notions d’enregistrement et d’écart temporel. Une oeuvre subtile (trop?) sur la notion de temps, sur l’ici-maintenant s’opposant à l’éternité que peut sembler atteindre l’enregistrement sonore ou visuel (par la photo ou la vidéo).

Qui sera le lauréat du prix Sobey cette année? Nous le saurons le 18 novembre.

Demi-finalistes québécois

À la présentation de ces cinq finalistes, nous avons grandement préféré l’exposition des quatre demi-finalistes québécois. Certains pourront y entendre un propos chauvin… Le trio BGL propose une installation qui paraît traiter de l’équilibre écologique du monde, mais qui parle aussi et surtout de la notion de force et de poids en sculpture monumentale. Adad Hannah poursuit sa réflexion sur l’image symbolique de grandes oeuvres de l’histoire de l’art (ici les Bourgeois de Calais de Rodin). Pascal Grandmaison interroge l’imaginaire collectif, Karen Tam élabore sa déconstruction de l’exotisme…

Jusqu’au 4 janvier
Au Musée d’art contemporain
Voir calendrier Arts visuels

Finalistes du prix Sobey:

Demi-finalistes québécois du prix Sobey:

Crème légère Critique par Voir - . Cote: 4

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