Pascal Grandmaison poursuit son exploration de formes insolites, une tendance lourde en art contemporain que développe aussi à sa manière Michael Doerksen.

Depuis quelque temps, il y a en art contemporain un retour en force de formes étranges, de formes en fait presque informes, qui ne sont pas tout à fait reconnaissables, sortes de monstres innommables. Cet automne, à la Galerie Jack Shainman à New York, Arlene Shechet proposait des sculptures énigmatiques ayant une parenté avec celles du Suisse Urs Fischer, mais aussi avec certains aspects du travail de Valérie Blass (que nous reverrons dès janvier à la Parisian Laundry).

Le travail de Pascal Grandmaison va tout à fait dans cette direction. En début d’année, lui aussi chez Jack Shainman, il exposait The Inverted Ghost, série de photos montrant des structures énigmatiques couvertes de goudron, très proches de certaines sculptures de Lucio Fontana (Scultura Nera, Ceramica spaziale…). Une sorte d’opération de brouillage entre structures organiques et formes inanimées.

Ces jours-ci, chez René Blouin, Grandmaison poursuit dans cette voie avec un corpus d’oeuvres très riche (photos, vidéo…). Un des éléments importants de cette expo est sans nul doute une série de sculptures, monolithes bleutés, sortes d’icebergs intitulés Desperate Island. Ce sont d’immenses structures de papier chiffonné, pour lesquelles Grandmaison a d’ailleurs, entre autres, utilisé et détourné de leur usage habituel les rouleaux de papier dont on se sert habituellement pour les arrière-plans dans les studios de photo commerciale.

De nos jours, l’informe devient une façon de poursuivre la recherche formaliste moderne sur la forme et la texture (recherche qui a pu sembler être isolée du monde) tout en invoquant le monde de l’imaginaire. Mais l’informe est surtout une manière de miner l’usage des objets fonctionnels dans nos sociétés où tout doit avoir une raison d’être. Grandmaison réaffirme ici la fonction poétique de l’art.

Michael Doerksen

Toujours dans cet esprit de formes informes, de sculptures défiant les attentes de notre cerveau qui désire reconnaître des liens avec le monde réel, il faut aller jeter un coup d’oeil aux oeuvres du sculpteur Michael Doerksen, un étage plus bas dans l’édifice Belgo, à la Galerie Lilian Rodriguez. Cet artiste dans la jeune trentaine, étudiant à la maîtrise à Concordia, propose entre autres Ghost Keeper’s Ghost, pièce qui joue elle aussi (d’une manière apparemment plus enfantine) avec l’informe. Un artiste à surveiller.

À voir si vous aimez /
Eva Hesse et Valérie Blass

Pascal Grandmaison:

Michael Doerksen:

Contre l'usage de l'objet Critique par Voir - . Cote: 4

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