La nouvelle exposition du Centre canadien d’architecture (CCA) nous entraîne dans une réflexion sur les relations complexes et ambiguës existant entre l’architecture et la santé.

Cette exposition nous montre comment l’architecture répond aux préoccupations contemporaines liées à la santé, comme la pollution, l’obésité ou le vieillissement de la population. Mais elle ne se contente pas de dresser une liste de solutions. "Nous avons voulu évoquer les incertitudes et les contradictions inhérentes à notre perception de la santé, plutôt que de nous contenter de présenter certains projets d’architecture en relation avec la santé", explique Mirko Zardini, le directeur du CCA. Et ces contradictions sont joliment rendues par des murs de verre qui séparent les différentes salles du CCA, transformant l’espace muséal en galerie des glaces intrigante.

Une exposition difficile

Pour Mirko Zardini, "c’est une exposition difficile parce qu’elle parle de maladie et de mort". Mais elle est aussi difficile parce qu’à force de complexité et de contradictions, elle en devient absconse, voire brouillonne. Les différentes parties de l’exposition abordent des thèmes généraux (la pollution, les épidémies, l’obésité, le vieillissement…), illustrés par des projets qui semblent parfois anecdotiques tant ils sont spécifiques ou par des représentations symboliques (la photographie d’un glacier, la sculpture en papier d’une vache).

Or, ces thèmes ne sont pas clairement expliqués, d’autant que, contrairement à son habitude, le CCA n’a pas prévu de texte explicatif général à l’entrée de chaque salle. Et on lit mal les liens entre les différentes salles et la priorité accordée à l’architecture. Par exemple, les tubes échantillonnant les particules qui polluent notre air domestique occupent plus d’espace que la présentation du projet de maison modulable de Daniel Chenut. Un dessin d’un Gordon Matta-Clark agonisant, un incinérateur danois transformé en piste de ski et un mur végétal de Patrick Blanc sont mis au même niveau…

Explication de texte

Si elle est un peu brouillonne, cette exposition n’en est pas moins très riche. On y retrouve des projets qui permettent de mieux comprendre une vision contemporaine d’un environnement urbain sain. Il y a L’immeuble qui pousse d’Édouard François, la Breathing Room de l’architecte Kayt Brumder, le pavillon éducatif du Cooper Union à New York de Morphosis Architects ou la Pig City de MVRDV, pour n’en citer que quelques-uns. Mais ces projets ne sont pas non plus toujours bien expliqués. À titre d’exemple, les schémas et la photographie présentant Air public de Philippe Rahm sont insuffisants pour rendre compte du travail de l’architecte "physiologiste" suisse.

Pour prendre toute la mesure de la richesse de l’exposition, il est donc préférable de demander de l’aide. Heureusement, le CCA a prévu une série de visites guidées. Les étudiants du cégep et de l’université sont les mieux lotis, avec des ateliers-visites abordant une problématique donnée. Mais le grand public pourra lui aussi bénéficier de visites guidées, en français ou en anglais.

Salles d'urgence Critique par Voir - . Cote: 3

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