Articulée autour d’un tableau géant du collectif BGL, l’exposition des nouvelles acquisitions en art actuel est composée d’oeuvres qui, pour la plupart, empruntent au lexique du monde des rêves. Y compris les cauchemars.

La pièce est immense. Composition de vinyle autocollant minutieusement lacéré, les cercles concentriques nous amenant vers le lieu du choc initial, Au service de l’impact du trio québécois BGL guide l’ensemble de cette exposition où le Musée national des beaux-arts célèbre ses récentes acquisitions en art actuel.

Tout près, Six mois d’impacts sur le mur d’un court de squash, d’Alana Riley, et en face, l’autoréférentiel Mémoires cartographiques de Jacques Hurtubise confirment le ton de l’ensemble, plus proche de l’onirisme et du récit décalé que du commentaire social, pourtant l’habituel fer de lance de BGL.

Et si ce tableau de BGL, qui renvoie à Borduas, a pu être acquis par le MNBAQ grâce au Prix de la dotation York-Wilson du Conseil des arts du Canada, c’est beaucoup, justement, en raison de cette rupture. Dans la défense de cette oeuvre qu’a dû faire le conservateur en art actuel Bernard Lamarche afin d’obtenir le prix remis une fois l’an, à un seul musée au pays, il y avait la nécessité de documenter le passage du groupe d’artistes à un nouveau langage. Du moins en partie. "Je pense que c’est une oeuvre charnière pour eux. BGL a toujours flirté avec la peinture, de proche ou de loin, mais ici, ils tombent carrément dedans… Avec une pièce qui n’est ni peinture ni sculpture, puisque c’est du vinyle qui pèle de toutes parts. D’ailleurs, elle avait été présentée à la Parisian Laundry, à Montréal, dans une expo qui avait été assez mal reçue par la critique, mais cette oeuvre-là se démarquait du lot."

Au total, 23 oeuvres acquises, destinées à la collection permanente ou à la collection Prêt d’oeuvres d’art, sont ainsi mises en espace (par Jean Hazel), proposant un périple rêveur, "souvent même romantique", ajoute Lamarche, qui commente ainsi, entre autres, la fiction photographique de Bonnie Baxter.

Mais l’éclatement des thèmes interdit toute étiquette parfaitement englobante. Car si le buste de Jean-Robert Drouillard (En souvenir du Red Golden Boy) poursuit sur cette lancée, de même que les amalgames fantastiques de Dan Brault, le polyptyque Le sang, l’air et le soufre de Reno Salvail renvoie aux questionnements autobiographiques devant la maladie et la mort. C’est dans l’approche, dans la volonté de raconter que se retrouvent tous ces artistes. Nos fantasmes, nos égarements et nos cauchemars.

Jusqu’au 17 mars
Au Musée national des beaux-arts du Québec

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