Richard III: Classique électrifié

9 janvier 2013 13h00 · Théâtre Aux Écuries

« Richard III est une pièce sur le Chaos. La pièce qui dérange. Ne cherchez pas l’humain, il n’y en a pas. Allégorie du mal, Richard III, sur fond de trame historique, détruit tout sur son passage. Même les pires tabous de la société.

Richard III est un homme contre-nature, qui apporte et incarne le désordre. Le pouvoir absolu sans aucune compassion. L’ordre des choses n’est plus, nos valeurs sont mises à mal et lui, avec grand charisme, nous emmène dans les mécanismes incroyables du pouvoir. Nous sommes spectateurs éberlués devant cette magistrale démonstration de «comment devient-on dictateur».

Bafouant amitié, religion, amour, respect pour sa propre mère, la nature, la loyauté, la conscience, Richard III ne reculera devant rien, pas même : l’infanticide, le fratricide, l’incitation au suicide, les meurtres…

Sensible à ce sujet, surtout après les élections présidentielles de 2007; j’ai voulu faire un spectacle sur les dangers du pouvoir et ses dérives. J’ai décidé de mettre en scène cette allégorie du mal sous forme de ciné-concert, en demandant à Vincent Mourlon (comédien), Arm (rappeur) et Olivier Mellano (musicien) de jouer ensemble le rôle titre. Richard III n’est pas un humain et donc, afin d’éviter au spectateur une trop facile identification au personnage, j’ai opté pour ces trois modes d’expression différents.

Pour ce qui concerne plus particulièrement la partie “ciné”, le choix a été de mettre en avant le personnage-titre de manière assez radicale et donc d’isoler sa parole de celle des autres personnages. Tous les autres rôles seront projetés.

L’idée est que Richard, l’homme contre-nature, sera le seul humain au plateau. Le regard sera exclusivement sur lui.

La traduction d’André Markowicz, une fois de plus remarquable, met en avant l’interprétation de Vincent Mourlon qui, avec un jeu sobre, frontal et direct, dialogue avec les personnages filmés.

La traduction de André Markowicz

« Il me semble que la traduction est aussi une façon de faire de la littérature. »

Né à Pragues en 1960, André Makowicz a publié 60 ouvrages traduits du russe. Il a traduit l’intégralité des oeuvres de DOSTOïEVSKI pour les éditions Babel-Actes sud et achève aujourd’hui la traduction du théâtre de TCHEKOV avec Françoise Morvan, chez le même éditeur. Il a opéré une véritable révolution dans l’approche des oeuvres russes en langue française, approche qui débouche sur une conception inédite de l’art de traduire. Dans son travail de traduction, il porte une attention particulière au souffle et aux sonorités de la langue, à ce qu’elle a d’impur et de singulier. Il essaye de retrouver la musicalité de chaque langue.

Il anime aussi aux éditions José Corti, une collection consacrée au théâtre russe. Depuis le début des années 90, il a participé à 50 productions théâtrales avec des metteurs en scène tels que Benno Besson, Anatoli Vassiliev, Mathias Langhoff, Stéphane Braunscheig, Alain Françon et Antoine Vitez.

Et parlant de Richard III de Shakespeare, il dit : « R ien ne boite dans ce texte, à part Richard ; tout est en vers réguliers et équilibrés. »

Parlant de la traduction d’André Markowicz, David Gauchard dit : « Le texte d’André claque bien dans la bouche. »

Richard III a été créé au Festival national de Bellac en juin 2009.

Une production L’unijambiste, une coproduction Festival national de Bellac, Théâtre du Cloître – scène conventionnée de Bellac, Théâtre de l’Union – Centre dramatique national du Limousin, Théâtre de la Renaissance – Oullins Grand Lyon, Théâtre du pays de Morlaix, Théâtre Jean Lurçat – Scène nationale d’Aubusson, Grand Logis (Bruz), Château Rouge (Annemasse), Centre culturel Jean-Pierre Fabrègue (Saint-Yrieix-la-Perche).

Galerie


Photos: Thierry Laporte

EXTRAIT DE LA REVUE DE PRESSE À LA CRÉATION EN FRANCE

« L’offensive Shakespeare »
Le metteur en scène David Gauchard, patron de la compagnie L’unijambiste, installée en Limousin, utilise les formes les plus modernes de la représentation pour nourrir un spectacle sombre dans lequel la musique, les arts graphiques, la vidéo ont une place de choix. C’est tout à fait bien maîtrisé en une version réduite à deux heures et qui fascine les jeunes. (…) C’est frénétique et vénéneux.
Armelle Héliot / Le Figaro

« David Gauchard met en scène Richard III de Shakespeare : projet séduisant truffé de trouvailles. »
Gauchard a imaginé deux doubles, l’un incarné par Arm (…) qui mêle subtilement Shakespeare à quelques-uns des lyrics de sa composition. A l’opposé du plateau, Olivier Mellano, compositeur, guitariste assez époustouflant dont la partition musicale épouse les méandres du cerveau torturé de Richard III, qui impose une présence incontestable. Au centre, agité comme ces héros déjantés qui pullulent chez Tarantino, Richard III, duc de Glouscester, porté avec l’énergie du fol désespoir par un Vincent Mourlon étonnant, totalement à son personnage, hoquetant, balbutiant, imprimant à son corps les soubresauts de la folie qui irriguent son sang, donnant un relief abîmé à cette figure solitaire qui plonge à corps perdu vers les abîmes de l’histoire.
Marie-José Sirach / L’Humanité

« David Gauchard a réunit 3 rois Richard III ! Un comédien, un rappeur et un guitariste
: Shakespeare lui dit merci ! »

Le premier est fou sans nul doute ; le second gracieux et diabolique ; et le troisième, ténébreux. Cela commence comme un concert, (…) mais très vite le drame se déchaîne. (…) Et cela devient un feuilleton sanguinaire, une performance technique, où les effets spéciaux ne gâchent pas la force vénéneuse d’un texte flamboyant.
Thierry Voisin / Télérama Sortir / Le Choix de la semaine

« Richard III, captivant feuilleton high-tech, sa noirceur, son rap et sa guitare. »
Il fallait oser.(…) Le Richard III de David Gauchard, (…) est ultra-moderne. Branché ? Peut-être, mais sur la même longueur d’ondes que Shakespeare, dont l’oeuvre, loin d’être desservie, est mise en valeur par la technologie. La vidéo donne du relief à l’implacable accession au pouvoir du monstrueux Richard. La pièce devient un captivant feuilleton que l’on suit sans s’attarder sur les effets spéciaux, qui n’écrasent jamais le texte. La puissance du verbe de Shakespeare est intacte et magnifiquement servie par un Vincent Mourlon, campant un élégant Richard, à l’assurance glaçante.
Benoit Le Breton / Ouest France

Extrait entrevue radio avec Didier Fusillier directeur du festival Via qui présentait Richard III :

Laurence Pierre : Sur l’intrusion du numérique dans les arts vivants, j’aimerais avoir votre sentiment là-dessus, parce que ça fait 14 ans que « Exit » existe, et le numérique est partout de fait, ça a changé totalement l’appréhension de l’art, finalement.

Didier Fusillier : Ce qui est magique au théâtre, c’est que les acteurs sont vivants devant vous, vous le voyez bien. Et puis ils sont accompagnés d’un clone, et qui disparaît. Alors là, le choc est terrible. On confond toujours vidéo et numérique, mais le numérique c’est vraiment une écriture dramaturgique, c’est-à-dire que ça apporte du sens. On n’est pas simplement devant un effet de lumière, on est devant quelque chose qui raccroche encore plus à une pensée, à un éclaircissement. Là, par exemple, on a montré à Maubeuge au dernier Festival VIA un jeune gars, il est dans le coin de Limoges, il a monté un Richard III, il s’appelle David Gauchard, là, croyez-moi, on est ailleurs, on est terrifiés, parce qu’on a affaire à des assassins et c’est très fort parce que c’est vraiment encore du théâtre, mais bourré de numérique.

Laurence Pierre : Et vous l’avez trouvé où, celui-là ?

Didier Fusillier : On nous a dit « il faut le voir », on l’a trouvé. Son acteur qui joue Richard III est comme Dewaere, Patrick Dewaere, c’est-à-dire quelqu’un … on sent quelqu’un qui est incontrôlable. Et ça, je crois que c’est propre au théâtre.

France Inter / 20 mars 2010 / Alternatives

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