Blogue de Candide Proulx Candide Proulx RSS

Recherchiste, journaliste, croqueuse de tranches et tourneuse de pages, impatiente impénitente. J'alimente ce blogue avec mes lectures du moment en espérant un jour avoir de la place pour poser un verre d'eau sur ma table de chevet.

S’appeler «cols rouges», une fausse bonne idée?

6 juin 2012 · Divers · Candide Proulx

Dans le fief de la Liberté qu’est devenue notre Capitale Nationale, le Rassemblement des Cols Rouges procède actuellement à une élection sur le web afin de choisir un candidat sensé le représenter lors des prochaines élections provinciales (sous le couvert de «candidat indépendant» puisque le RCR n’est pas un parti). Né sous l’impulsion de Sylvain Bouchard, animateur du FM93, le RCR veut donner une voie à la «majorité silencieuse» : à ceux qui ont l’impression de donner plus à la collectivité qu’ils n’en reçoivent, en général, et à ceux à qui les manifestations étudiantes donnent des boutons, en particulier. Je vous encourage à visiter le site pour en apprendre davantage (quoique peu) sur les valeurs du RCR et de ses candidats potentiels. www.colsrouges.com. Si vous êtes comme moi, vous êtes peut-être surpris de voir un mouvement revendiquer le titre de red neck. Depuis plusieurs années, le terme sonne comme une insulte, pas comme une éloge. Cette audace m’a donné envie de revisiter les origines du terme afin de mieux comprendre les idées qu’il véhicule. Au XIXè siècle, on appelait red necks les fermiers Blancs, et pauvres, du Sud des États-Unis parce que leurs cous devenaient rouges sous l’effet combiné du [...]

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Le livre au poing

17 mai 2012 · Divers · Candide Proulx
Le livre au poing

Hier en cherchant un livre à prêter, je suis tombée sur l’autobiographie d’Angela Davis. Rectangulaire, le livre ressemble néanmoins à un carré rouge avec sa couverture rouge et sa tranche rouge sur lequel le visage d’Angela Davis et sa coiffure afro se détachent. Prof de philosophie et haute figure des études féministes, socialiste convaincue, jadis membre des Black Panthers, Angela Davis a joué un rôle marquant dans le mouvement américain pour les droits civiques. Suspectée d’avoir organisé et armé une prise d’otage mortelle dans un tribunal en 1970, elle est condamnée à mort puis acquittée un an plus tard, à la grâce d’un soutien populaire international. Loin de moi l’idée de comparer l’action militante de Davis avec le soulèvement des étudiants québécois mais relire cette autobiographie aujourd’hui, c’est s’imprégner d’un esprit révolutionnaire profondément humaniste dont les principes restent pertinents, presque indépassables : préférer l’action politique organisée à la violence qui défoule ; combattre l’injustice par l’éducation d’abord, même s’il est fraternel, informel et hors des cercles sanctifiés des institutions ;  viser l’émancipation de tous plutôt que l’amélioration des conditions de vie de groupes sectarisés. Mais l’autobiographie de Davis se garde bien [...]

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Déclaration d’amour à Simon Boulerice

26 avril 2012 · Divers · Candide Proulx

Exaltation. C’est le mot qui me vient pour parler des livres de l’auteur/comédien/danseur/metteur en scène Simon Boulerice. J’avais à peine terminé son roman illustré Martine à la plage que j’ai sauté dans le récit poétique Nancy croit qu’on lui prépare une fête. Dans celui-là, j’ai corné une page. Nancy crie à l’injustice les ressorts de son matelas lâchent ce n’est pas le sexe torride seulement l’histoire de ce grand lit fatigué du poids de Nancy Mais j’aurais pu les corner toutes. Parce que Boulerice a un talent fou. Dans ses histoires d’adolescentes furieuses et incendiaires, la vérité crie. C’est le désir qui nous mène, le désir qui nous perd aussi, parfois. Les livres terminés, j’avais une envie folle de lui parler, à Simon Boulerice, alors je l’ai appelé. Il est jovial au bout du fil, bavard, plein de bulles comme un 7up. Il me raconte la genèse de Martine à la plage, l’histoire d’une adolescente érotomane qui tombe sévèrement en amour avec son voisin, un homme marié, optométriste de son état. Martine a vécu sa vie de pièce de théâtre avant d’être édité sous forme de roman graphique par la jeune maison d’édition contemporano-trash La mèche. «D’abord, c’est un clin [...]

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Hue, cheval

10 avril 2012 · Divers · Candide Proulx

Le roman de Marie Hélène Poitras est un des titres les plus attendus de la saison. Après La mort de Mignonne, c’aurait été cruel de nous laisser tomber. Et ç’aurait été dommage de laisser croupir Mignonne, la jument-titre du recueil paru en 2005. Griffintown raconte une saison (haute) dans la vie d’une dizaine de cochers qui mènent leur petit bonhomme de calèche dans le Vieux-Montréal: Paul, le patron, Marie, la p’tite nouvelle, John le cœur tendre, Alice-qui-est-le-sosie-d’Alice-Cooper, et d’autres, parfois dessinés à grands traits, tous formant une faune interdite que seuls quelques aventureux arrivent à percer. C’est le grand tour de force de l’auteure: nous faire pénétrer le cénacle des cochers – la plupart des marginaux aux mœurs parfois suspectes-, nous inviter au plus près de bêtes, nous convier à l’Hôtel Saloon pour siroter de la pisse de cheval sous le regard de Boy, la monture originelle dont le buste est accroché en haut du bar. Les anecdotes hippomobiles, les allusions à la culture western et à l’histoire du quartier, le vocabulaire équestre, omniprésent, tout cela rend fait du roman une réelle plongée. Le sentiment d’entendre les rumeurs d’un monde en voie de disparition hante la lecture. La ruée vers [...]

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5 avril 2012 · Livres · Candide Proulx

C’est mon premier billet sur ce blogue. Ne vous fiez pas au titre. Foglia a dit qu’Hongrie-Hollywood Express d’Éric Plamondon était un roman réjouissant. J’ai des petites nouvelles pour lui, Mayonnaise est encore mieux. Réréjouissant. Le deuxième titre de la triologie d’Éric Plamondon est une bio disloquée de l’auteur-poète-beatnick Richard Brautigan. Vous ne le connaissez pas? Pas grave, vous allez le connaître. Son plus célèbre roman, Trout fishing in America, est une œuvre expérimentale écrite pendant un road trip avec femme et fillette dans l’Ouest américain, une œuvre «dont l’inventivité nous agrippe à chaque page» dira Plamondon. C’est directement de là, de cette liberté dans l’écriture, que naissent les 113 (petits) chapitres de Mayonnaise. Ça court dans tous les sens mais ça finit toujours par rouler aux pieds de Brautigan. Il y un peu de poésie, pas beaucoup; des anecdotes scientifiques, technologiques, autobiographiques; on apprend que les armes à feu sont les ancêtres des machines à écrire et on rit presqu’à chaque page en se sentant intelligent, ce qui est assez rare quand on rit. «Il y a deux sortes d’écrivains. Ceux qui ont du talent et ceux qui ont besoin d’une bonne psychanalyse. J’ai longtemps pensé que j’avais du [...]

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