Blogue de Christian Quesnel Fenêtre[s] sur Londres RSS
photo du profil : David Cormier Auteur et illustrateur de nombreuses bandes dessinées, récits graphiques et livres jeunesse, Christian Quesnel vit à Saint-André-Avellin, dans la Petite-Nation, en Outaouais. De plus, il travaille avec plusieurs artistes de différentes disciplines dont le conte, le théâtre, l’histoire et la poésie. Il a participé à plusieurs manifestations culturelles d’envergure en France, en Suisse, en Finlande et au Canada. Sa pratique artistique en bande dessinée, en peinture et en récits graphiques est influencée par le contact des différentes cultures, soit par le sujet ou les techniques utilisées. Dans le contexte des pratiques de l’art actuel, il définit le contact des cultures comme le rapport du créateur à différentes visions du monde et de l’esthétisme, contribuant à l’enrichissement de l’œuvre et de la création par le métissage. L’identité, produit de multiples croisements et constamment en mutation, est donc au cœur de sa pratique artistique. Il a d’abord publié des albums BD de fiction historique pour se consacrer par la suite à la quête identitaire au sens large avec un style graphique plus proche des arts visuels que de la BD traditionnelle (Le D2ux, Manche de pelle, Langue de poche, Aski-i). En 2008, il a co-dirigé une anthologie Québec-Finlande (10x) et a dirigé l’œuvre collective, Le Projet Outaouais, deux parutions questionnant les identités locales et leurs apports à l’international. En plus de publier de courts récits dans diverses revues et collectifs, il est président du conseil d’aministration du Studio coopératif Premières Lignes, une coopérative en bande dessinée. À l’automne 2008, il devient le premier artiste en bande dessinée à remporter le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec pour l’ensemble de son œuvre.
Je suis en train de faire mes valises pour mon retour définitif au Québec. J'ai déjà fait mes adieux à mes amis portugais et suivent ce week-end Marianne Engel et Félix Forest. Ces séparations sont à la hauteur de nos relations : intenses.Je tente de regarder en avant, et m'efforce de préparer le terrain pour mon retour en Outaouais qui, je le sais, sera difficile pour plusieurs raisons. Énergisé pendant six mois par une ville qui bouge autant que Londres a été une expérience sans équivalent dans ma vie. J'ai déjà énuméré mes accomplissements pendant cette résidence dans le studio du Conseil des arts et des lettres du Québec dans un texte publié par Voir Ottawa-Gatineau ; je ne m'attarderai pas sur ceux-ci dans cet ultime billet. Disons simplement que l'expérience de ce séjour me marquera longtemps et j'emmène avec moi des façons de faire et des contacts qui certainement influenceront le développement de la bande dessinée chez nous.Pour conclure enfin, je remercie mes amis Raymond Ouimet et Denis Duguay d'avoir si gentiment corrigé mes billets et Mélissa Proulx, rédactrice en chef de Voir Ottawa-Gatineau, qui [...]
Durant quelques jours, j’ai reçu mon ami Guy Jean, poète de l’Outaouais, qui est venu me voir. Quand je dis « venu me voir », je veux dire qu’il n’a pas visité de musée, de lieu historique, de magasins ou de marché à l’extérieur de mon quartier. Il est vraiment venu pour me voir.Pendant deux jours, nous avons monté, avec Bruno Ramos et Margarida Gouveia, mon exposition dont le vernissage se déroulait jeudi dernier. Je ne me l’avouais pas, mais j’étais stressé de monter cette exposition qui compte plus de 150 pièces. Heureusement, la chimie et le plaisir qu’il y avait entre mes amis portuguais, Guy et moi étaient parfaits et le stress est tombé rapidement.Pendant les quelques jours que Guy est resté à Londres, nous avons formé un cercle très proche avec Bruno, Margarida et Marianne Engel. La création était au cœur de nos discussions ; elle suscitait joie, pleurs, amour, curiosité et ouverture. Au -delà des générations ou des cultures, la chimie était bien palpable et nous soudait solidement.Nous avons tenté de bien diriger mes collègues artistes vers des centres d’artistes québécois susceptibles de [...]
Si je suis aussi occupé ces derniers temps, c’est parce-que je suis en train de monter une exposition de mon travail actuellement en cours à Londres. Comme je l’ai déjà mentionné dans d’autres billets, je travaille à une bande dessinée (« Cœurs d’argile ») qui raconte en partie l’histoire de ma maison, à Saint-André-Avellin. La distance de celle-ci m’a permit un détachement afin de mettre davantage l’accent sur l’histoire d’amour des premiers occupants, Lionel Quesnel et Hélène Séguin, véritable drame romantique.Bien qu’il ne me reste à faire qu’un petit chapitre et l’introduction, le récit est quand même lisible ; j’exposerai les 76 planches originales du futur roman graphique ce qui constitue une très grande exposition compte tenu qu’à Londres, l’espace pour exposer est rare et très cher, et ce, d’autant plus qu’il y a des milliers d’artistes qui cherchent à exposer dans la ville. Pour vous donner une idée du ton utilisé, voici les titres des chapitres en question : «L’innocence entre deux nuages», «Les Cris du silence», «Des sourires semés au vent», «Des larmes sur la neige», «L’ami imaginaire» et «À quelques battements d’ailes de la lumière». [...]
Cabaret burlesque « Lynchien »
21 novembre 2009 · Divers · Christian QuesnelMon amie, Marianne Engel, m’a invité avec enthousiasme la semaine dernière à aller voir un spectacle au Bethnal Green Working Men’s Club, un petit centre culturel de quartier où nous sommes allés voir récemment des projections de deux films d’Henri-Georges Clouzot, « Le Corbeau » et « Les Diaboliques ».J’hésitais, car je suis fort occupé ces temps-ci (la raison fera l’objet d’un prochain billet), mais je n’ai pas regretté du tout ma décision d’y aller. Le spectacle, intitulé Double R Club, était un cabaret burlesque inspiré de l’univers de David Lynch. Mêlant mystère, bizarreries, époques, humour, kitch, sang et cauchemars, des artistes de talents se sont produits devant une salle pleine et des spectateurs enthousiastes, qui, costumés, participaient énergiquement à l’ambiance d’ensemble.L’accueil, chaleureux et familier, s’est fait avec un shooter et un biscuit. On nous a menés jusqu’à une table et le spectacle a commencé rondement et s’est poursuivi à un rythme soutenu.L’animateur de la soirée, Benjamin Louche, était d’un ton précis digne d’un équilibriste, à la fois très contemporain avec ces « fuckin’ » à répétition et de la musique métal, mais très « [...]
L’expérience identitaire sur Whitechapel
18 novembre 2009 · Divers · Christian QuesnelPour ceux qui ne le savent pas déjà, ma démarche artistique concerne principalement la mutation identitaire due au contact des cultures. Ce sujet m’intéresse d’autant plus que ma famille et ma région, l’Outaouais, est le fruit de métissages culturels depuis toujours. Je dirige d’ailleurs une collection chez Studio Premières Lignes (Souches) qui explore ces mutations identitaires.Comme je le mentionnais dans les billets précédents, le quartier où j’habite à Londres, Bethnal Green, est composé de très nombreuses ethnies qui se côtoient, mais la plus présente (en tout cas visuellement), c’est la communauté musulmane. Londres s’est d’ailleurs mérité le surnom de Londonistan il y a quelque temps. Afin de mieux connaître l’autre point de vue, j’ai décidé, avec des amies en visite et ma collègue Marianne Engel, de tester cet accueil des musulmans à notre endroit, mais aussi de voir les regards posés sur nous par l’ensemble des autres communautés.Avant de partir sur Whitechapel faire notre expérience, nous avions convenu tous ensemble que nous devions agir normalement sans modifier nos comportements et surtout ne pas provoquer. Il faut dire que déjà, avec nos peaux blanches et mon type écossais, [...]
Unmasks corruption
6 novembre 2009 · Divers · Christian QuesnelIl y avait jeudi soir dernier le lancement d’un collectif de bande dessinée (BD) et le vernissage du livre qui s’y rattache, Unmasks corruption. Il y avait foule dans cette petite galerie (Lazarides) de Soho, où les invités étaient filtrés à l’entrée.J’ai été invité par ma collègue Kripa Joshi, dont le travail, sur deux planches, était exposé aux côtés de celui des autres bédéistes. Kripa, qui est originaire du Népal mais qui a étudié à New York en BD, travaille de façon très personnelle. Son travail, magnifique, est fort apprécié comme j’ai pu m’en rendre compte au BICS (British international comics show de Birmingham). L’exposition, en plus de présenter le travail des participants au collectif, montrait aussi les travaux des lauréats d’un concours. Sur 200 participants, Kripa est arrivée deuxième, ce qui en dit long sur son travail.J’ai eu le plaisir d’admirer les planches originales des artistes participants que sont Dan Goldman, Bryan Talbot, Aleksandar Zagraf, Dave Mackean, Pat Mills, Asia Alfsani, Dylan Horrocks et V V Brown. J’ai particulièrement goûté [...]
J’ai terminé le week-end dernier les planches qui vont paraître dans «The Poe Project». Je met les trois dernières ici, me disant que les planches ne sortiront pas de sitôt au Québec. J'ai tenté d'y illustrer certains endroits que j'aime bien dans Londres comme le secteur de Spitalfields et Whitechapel, dont on voit la station de métro.«The Poe Project» sera publié par la Comics Creators Guild of Great Britain d’ici la période des Fêtes. Les autres artistes participants sont David Goodman, John Maybury, Kripa Joshi, Paul Martin, Colin Stanford, GM Jordan, Tony Kennedy, Gio Spinella, Siobhan Hillman et John Anderson.
Je viens de découvrir que le film « L'enfer d'Henri-Georges Clouzot », réalisé par Serge Bromberg, sortira sur les écrans de cinéma de Londres. Clouzot est définitivement mon réalisateur fétiche ; il a notamment réalisé « Le Corbeau », « Les diaboliques » et « Le salaire de la peur ». En 1964, il commence un projet de film expérimental, « L’enfer », mettant en vedette Romy Schneider et Serge Reggiani, qu’il ne finira jamais pour plusieurs raisons, dont des problèmes de santé. On peut déjà avoir un aperçu du film et des images magnifiques de Romy Schneider sur YouTube.Serge Bromberg a fouillé dans les archives et a retrouvé les pellicules des essais de Clouzot. Il a réalisé un documentaire à partir de ce film inachevé qui risque d’être très intéressant. Le film sort à Londres la semaine prochaine. Je me promets d’aller le voir… Imaginez : du « nouveau » matériel d’Henri-Georges Clouzot 32 ans après sa mort! ***Pendant que le temps est de plus en plus gris à Londres, avec des brumes qui couvrent la [...]
Le mois dernier, lorsque je participais au BICS, à Birmingham, j’ai été invité par la Comics Creators Guild of United Kingdom à participer à une anthologie sur Edgar Allan Poe, « The Poe Project ». Bien que ça ne soit pas la première fois que je participe à une anthologie, cette fois-ci, je suis le seul Québécois dont le travail va figurer aux côtés des Britanniques. Très heureux de cette invitation, la pression est néammoins plus forte sur mes épaules, question d’honneur.Je met ici deux planches terminées (1 et 3). Le poème choisi est « Silence », qui me correspond très bien. J’utilise pour la première fois des extraits des journaux londoniens comme parties intégrantes de la texture et de la composition. J’utilise principalement des extraits du Evening Standard, maintenant distribué gratuitement aux sorties des stations du Tube.
Décapitations en carton et Henry VIII
22 octobre 2009 · Divers · Christian QuesnelJe suis passé nombre de fois tout près de la fameuse Tour de Londres sans jamais y mettre les pieds, plus attiré que je suis par le victorien et préférant me garder cette visite en bonne compagnie.D’entrée de jeu, il faut dire qu’Henry VIII est omniprésent dans Londres, car il y a une exposition impressionnante en cours sur ses armures et ses armes à l’intérieur de la Tour blanche, au cœur de la forteresse. Même qu’à la station du Tube Tower Hill, les barrières qui laissent les usagers entrer dans la station sont ornées de représentations d’Henry VIII.Bon, après les classiques comme les cachots, les corbeaux, les palissades, le couronnement d’Elizabeth II et la chambre des despotes du temps, on a pu admirer les joyaux de la couronne à partir d’un tapis roulant au débit assez lent. Personne ne peut s’arrêter devant ces couronnes inestimables et chacun reste salivant sur son tapis roulant. À quoi ça m’a fait penser de voir ces couronnes ? À l’album de BD « Blake et Mortimer – La Marque jaune », d’Edgar P. Jacobs bien sûr.Les [...]
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