Les beaux et longs parcours à vélo ne sont pas légion à Montréal. Depuis l'été dernier, je me plais toutefois à explorer de nouveaux trajets aux paysages aussi charmants que bigarrés. Je partage ici avec vous ma version du tour de l'île. À essayer comme un défi dans son entièreté (100 km) ou par petites bouchées. Virée à l'ouest sur un vélo aussi léger que possible.

Pierrefonds-Roxboro

Le point de départ se trouve sur le boulevard Gouin en direction ouest, à l'intersection de la rue Lajeunesse. Deux bidons d'eau au cadre, des collations plein les poches de jersey, je mets le cyclo-compteur à zéro. Sur cette artère qui longe la rivière des Prairies d'est en ouest, la piste cyclable apparaît et disparaît. À la hauteur de Saint-Urbain démarre la Route verte qui suit le bord de l'eau et traverse ses parcs. Le décor change à mesure que j'avale des kilomètres, entre secteurs résidentiels riches aux baraques somptueuses et centres des quartiers traversés: Cartierville, Roxboro, Pierrefonds.

Au kilomètre 22, je traverse le pont pour faire le tour de l'île Bizard: un parcours de charme sur 20 km avec ses mini-pentes, ses boisés, son golf et la montée Wilson, plus monotone. Petite halte après la rue Elmridge: une table à pique-nique pour une collation et le remplissage des gourdes.

De retour sur le boulevard Gouin, ma route traverse Sainte-Geneviève jusqu'au parc-nature du Cap-Saint-Jacques et sa belle plage. Je prends la piste cyclable jusqu'à la ferme biologique pour aller dire bonjour aux animaux de ferme, avec un petit arrêt au magasin général qui propose les récentes récoltes de légumes bio et de petites gâteries à l'érable. Collation numéro 2.

Senneville, Sainte-Anne-de-Bellevue

À mi-chemin du périple, avec 50 km dans les jambes, je regagne le boulevard Gouin pour la portion que je préfère. Senneville souhaite la bienvenue avec un cycliste peint sur la chaussée. J'adore ce petit village, ses terres agricoles qui témoignent d'une autre époque, ses jolies maisons (châteaux!) et ses murs de pierres en bord de route. Surtout: les petits vallons qui viennent pimenter une randonnée se déroulant jusqu'alors sur du plat. La vitesse et une impression de voler vite interrompues: le chemin est coupé par des travaux. Le gravier, ennemi des cyclistes de route!

Une gentille femme en scooter me donne un petit raccourci qui consiste à prendre la route longeant la 40 pour retrouver le chemin Senneville. Je rejoins ensuite la rue Sainte-Anne jusqu'à Sainte-Anne-de-Bellevue. Pour un lunch bien mérité après 60 km, on peut s'attabler dans un des restos, mais pourquoi ne pas profiter du Marché Sainte-Anne qui installe ses pénates au bord de l'eau tous les samedis? Un thé glacé à la bergamote d'Ochadô vient étancher une grande soif et le prêt-à-manger éthiopien de la ferme True Food Ecostere comble l'appétit. Installée derrière le dépanneur, j'observe le bourdonnement du marché qui contraste avec le panorama paisible du fleuve.

Dorval, canal de Lachine

Repue, je reprends la route vers le chemin Lakeshore où recommence la Route verte, tiens. Pour cette dernière portion du parcours, le paysage fait vite oublier la fatigue accumulée. À la hauteur de Baie-d'Urfé, un couple de cyclistes quinquagénaires m'arrête. "Pointe-Claire, c'est encore loin?" Ils m'expliquent alors que leur périple qui a commencé à Alfred (Ontario) les mènera jusqu'à Halifax. S'ensuit une conversation sur l'amour du sport et la grande liberté qu'il permet. Je laisse mes deux fougueux camarades derrière moi pour poursuivre: traversée de la chouette municipalité de Beaconsfield où l'on peut faire un arrêt sucré au Café Bilboquet ou une pause désaltérante chez Clydes. Au compteur: 75 km. La vue sur le fleuve se bonifie à Pointe-Claire, puis à Dorval qui révèle ici ses plus beaux atours. Sur une affiche du parc Pine Beach: "Promenade panoramique. Vous êtes pressé(e)? Utilisez la voie rapide." Voilà qui plaît bien à Mlle la cycliste.

Rendue à Lachine, j'emprunte finalement la piste cyclable du Pôle des Rapides. Mis à part le trafic habituel du samedi, la piste cyclable est agréable et donne à voir les décors les plus bigarrés de la métropole: les rives du canal de Lachine et leurs usines désaffectées ornées de graffitis, les jolis parcs et nouveaux condos… L'abandon côtoie la réappropriation.

J'aperçois finalement les gratte-ciels du centre-ville… Arrivée au Vieux-Port, j'emprunte Berri puis Cherrier jusqu'au parc La Fontaine. Au compteur: 100 kilomètres bien sonnés de coups de pédales le long de l'eau. Des images plein la tête. Satisfaction.

Album souvenir /

- Les ouvres d'art public posées sur les rives, telles que le visage de Monica, une sculpture de 1985 sur la promenade Père-Marquette, face au parc René-Lévesque.

- Plus inusité encore: le phare des hirondelles noires à Dorval. Cent huit luxueux condos miniatures pour ces oiseaux mangeurs d'insectes!

- Le manque de toilettes publiques sur le parcours. Pas simples à trouver pour qui ne veut pas laisser son vélo sans surveillance!

Adresses /

Parc-nature du Cap-Saint-Jacques: ville.montreal.qc.ca/grandsparcs

Village de Senneville: villagesenneville.qc.ca

Marché Sainte-Anne-de-Bellevue: marchesainteanne.ca

Pôle des Rapides: poledesrapides.com

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 1

  • 25 août 2011 · 10h19 Michel Gauvin

    Le Pôle-des-rapides…
    Joli parcours emprunté des centaines de fois pour le plaisir. Selon la saison, le jour et l’heure, il réserve toujours de nouvelles surprises. À éviter cependant les jours de grande affluence.

    Bientôt, vous devrez aller voir le soleil se coucher sur le Lac Saint-Louis à la pointe du Parc René-Lévesque. C’est toujours un beau moment.

    Bref ce parcours vaut amplement beaucoup d’autres parcours autour de Montréal où nouveaux et anciens développements résidentiels, champs de maïs et artères commerciales affreuses se succèdent…

    Bon vélo!

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