Lundi dernier, nous apprenions la mort de l’un des plus grands cinéastes français, Chris Marker, à l’âge de 91 ans. D’une rare discrétion, il se représentait souvent sous l’avatar d’un chat orange, tel que nous avons pu le voir dans le magnifique documentaire d’Agnès Varda, Les plages d’Agnès. Marker, né Christian-François Bouche-Villeneuve le 29 juillet 1921 à Neuilly-sur-Seine, est sans doute l’un des réalisateurs les plus méconnus, mais également l’un des plus influents – notamment dans le court métrage et le documentaire.

Loin de moi l’idée de vous faire une longue notice nécrologique sur Chris Marker, pas plus que de passer en revue ses films les plus marquants (Sans soleil, Le joli mai, Cuba si). Comme grand nombre d’entre vous, j’ai assez d’une main pour énumérer les films de Marker que j’ai vus… En fait, j’aimerais revenir brièvement sur son court métrage La jetée, qui m’a tellement bouleversée quand j’étais au cégep. Si vous ne l’avez pas déjà vu, rendez-vous immédiatement sur YouTube pour découvrir ce chef-d’œuvre, lequel inspira l’éclatant film de science-fiction Twelve Monkeys à Terry Gilliam. Plus près de nous, c’est ce titre qu’a donné à son blogue le critique de cinéma Georges Privet.

«Dans ce film, vous ne trouverez aucun plan de trop, aucune réplique de trop! C’est un film parfait!» nous avait dit le professeur de cinéma – je le cite de mémoire, évidemment. Et puis apparut cet enchaînement fluide et hypnotique de plans fixes superbement sculptés d’ombres et de lumières au cours duquel la voix profonde d’un narrateur (Jean Négroni) relate les expériences à travers le passé, le présent et le futur d’un homme obsédé par une image de sa jeunesse. Dans la salle de classe, le silence était complet.

J’ignore l’effet qu’il a eu à long terme sur mes camarades de l’époque, mais je me rappelle très bien à quel point j’ai été saisie par ce court métrage qui résumait en lui-même un cours de cinéma. En une trentaine de minutes, je constatais toute l’importance d’une mise en scène, du cadrage, du montage, comme si Chris Marker était venu lui-même nous expliquer, en faisant des arrêts sur image, en quoi consistait l’essence du septième art. Plus jamais je n’ai regardé un film de la même façon. Je réitère donc mon invitation à aller le voir et le revoir dès que possible. Qui sait si votre regard s’en trouvera changé. En tout cas, je vous le souhaite.

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Il y a deux semaines, dans cette chronique, je déplorais le fait qu’il n’y avait qu’un long métrage de genre québécois présenté à Fantasia. Eh bien, mal m’en prit! Comme me l’a poliment fait remarquer un lecteur, se trouve dans la programmation, outre Dans le ventre du dragon d’Yves Simoneau, Columbarium, premier long métrage de Steve Kerr. Plutôt que de sortir le fouet et de resserrer le cilice autour de ma cuisse, j’ai aussitôt demandé une copie du film puis décidé de faire mon mea culpa en partageant avec vous les propos du réalisateur que vous retrouverez dans ces pages. «Un mal pour un bien», m’a dit Steve Kerr, qui présentera Columbarium avec l’équipe du film ce dimanche à la salle J.A. de Sève.

Dans les prochains jours, Fantasia fera la part belle au cinéma de genre québécois. Ainsi, se déroulera du 3 au 5 août le Fantastique week-end du court métrage québécois, regroupant plus d’une centaine de films répartis en neuf programmes. Pour la première fois, les films de fin d’année de l’INIS y seront présentés.

Précédant le film culte d’Yves Simoneau ce jeudi, en collaboration avec Éléphant, le festival propose une table ronde à laquelle participeront Yves Simoneau, Michel Côté, Pierre Curzi, Rémy Girard, Andrée Lachapelle, David La Haye et Marie Tifo.

Ce vendredi, le cinéaste Jean-Marc Vallée (Liste noire, C.R.A.Z.Y., Café de Flore) animera une classe de maître; pour avoir assisté à celle qu’il a donnée au festival Regard sur le court, je peux vous jurer qu’il est d’une grande générosité. Samedi, ce sera au tour de Patrick Bouchard, dont le court métrage Bydlo ouvrait les festivités, Patrick Doyon, lauréat d’un Jutra pour Dimanche, Theodore Ushev, lauréat d’un Jutra pour Les journaux de Lipsett, et Erik Goulet, fondateur du Festival du film de Stop Motion, d’animer une conférence sur le cinéma d’animation.

Enfin, dimanche, le cinéma d’action sera à l’honneur lors de la conférence d’Érik Canuel (Bon cop, bad cop) et de Jean Frenette (sensei et coordonnateur de cascades). Toutes les conférences sont gratuites et auront lieu au bar Reggie’s de l’Université Concordia. Retrouvez tous les détails des activités sur fantasiafest.com.

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