La semaine dernière, dans notre émission spéciale d’Halloween, vous avez pu voir l’animateur de Voir Sébastien Diaz se transformer en hideuse créature morte-vivante grâce au talent de l’artiste-maquilleur d’effets spéciaux Rémy Couture. Pour certains d’entre vous, ce n’était pas une découverte puisque Couture s’est fait connaître il y a quelques années avec ses photos et ses courts métrages d’horreur d’un hyperréalisme saisissant sur le site Inner Depravity.

Grâce à son expertise, Rémy Couture a ainsi signé les maquillages et effets spéciaux de courts métrages québécois (Ethereal Chrysalis de Syl Disjonk), de webséries d’ici (La reine rouge de Podz et Olivier Sabino) ainsi que de longs métrages français et américains. Hélas! En 2009, à la suite d’une plainte en provenance d’Allemagne, l’artiste trentenaire était arrêté et accusé de corruption des mœurs. S’il est reconnu coupable de possession, de production et de distribution de matériel obscène lors de son procès qui débutera le 10 décembre, Rémy Couture sera passible de prison. Depuis le 23 octobre, circule dans les magasins et vidéoclubs le DVD Art/Crime, documentaire éclairant de Frédérick Maheux sur les déboires judiciaires de Couture, auquel participent notamment Robert Morin, Patrick Senécal et Mario Dumont qui y discutent d’expression artistique et de criminalité.

Que l’on apprécie ou non l’art macabre de Rémy Couture, que l’on soit d’accord ou non avec sa réflexion sur l’horreur, force est d’admettre que s’il se retrouvait derrière les barreaux, c’est la liberté d’expression de bon nombre d’artistes œuvrant dans le genre, que ce soit au cinéma, à la télé, en littérature, en arts visuels ou en jeux vidéo, qui risquerait d’être remise en question. D’en arriver là serait obscène. Déjà que Lucasfilm a été acheté par Disney, qui souhaiterait en plus évoluer dans une société édulcorée? Pour soutenir Rémy Couture: supportremy.com.

Made in India

Je sais que le Festival de films francophones Cinemania n’est pas encore terminé et que les Rencontres internationales du documentaire ont à peine commencé, mais laissez-moi tout de même vous mettre au courant que la troisième édition du Festival du film de l’Inde de Montréal se tiendra du 8 au 11 novembre au Cinéma du Parc. Pour la première fois de sa courte histoire, le festival présentera un documentaire: Big in Bollywood – From a Hollywood Zero to a Bollywood Hero, où Billy Bowles et Kenny Meehan s’intéressent au parcours d’un acteur américain d’origine indienne, Omi Vaidya. Voilà, c’est dit, ne m’en veuillez pas trop. cinemaduparc.com

Les frères Sisters au grand écran

La semaine dernière, dans ma critique du roman de Patrick deWitt Les frères Sisters, j’émettais le souhait de retrouver au grand écran ces deux attachants tueurs en série cavalant de l’Oregon à la Californie en pleine ruée vers l’or. Le jour même de la parution du texte, je recevais un message d’Antoine Tanguay, des éditions Alto, confirmant que John C. Reilly avait acheté les droits du livre pour l’adaptation cinématographique. L’acteur américain y jouera Eli Sisters, narrateur du récit; deWitt a pour sa part déjà écrit le scénario.

Coup de cœur: Je ne me permettrais pas de faire la critique du livre Admissions du photographe Jocelyn Michel puisqu’il a signé ces dernières années quelques-unes de nos «unes»; récemment, il immortalisait Bernard Émond en s’inspirant des portraits du grand Yousuf Karsh. Constitué de ce qu’il appelle ses courts métrages photographiques, dont certains ont paru dans les pages du magazine Famous, ce coffee table book met en scène des acteurs québécois dans des lieux insolites ou des situations inusitées. «Il faut se laisser transporter dans ces univers sans chercher la vérité, mais en cherchant à vivre une expérience cinématographique», explique le journaliste Mathieu Chantelois en avant-propos. Si je ne me permets pas de critiquer Admissions, je me permets tout de même de féliciter Jocelyn Michel d’avoir mené à terme ce projet qu’il mûrissait depuis sept ans.

Haut-le-cœur: Alors qu’Elles de Malgorzata Szumowska prenait l’affiche le 2 novembre dernier, non sans avoir vu sa date de sortie reportée d’une semaine, le voici qui sort sur DVD le 13 novembre. Ainsi, n’ayant pas eu le temps de me déplacer au cinéma pour aller voir Juliette Binoche en journaliste bourgeoise s’intéressant aux étudiantes qui se livrent à la prostitution – il est vrai que la critique tiède de ma consœur Julie Ledoux avait refroidi mes ardeurs – , j’ai déjà le film en main. C’est-y moi ou bedon l’on donne de moins en moins le temps aux films de rencontrer leur public? À ce rythme-là, ça ne m’étonnerait pas de retrouver Elles à l’horaire de TV5 ou de TFO d’ici Noël…

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