Dimanche dernier se terminait la 17e édition de Regard sur le court métrage au Saguenay: «Une édition épique! lance à la blague Ian Gailer, directeur du festival, au bout du fil. Je crois que l’année dernière était charnière et que cette année, on a continué sur le swing.»

«Comme on dit toujours, on est à deux minutes du bout du monde et on ne pensait pas qu’on allait être pris de toutes parts l’an dernier. Les gens avaient des attentes par rapport à la précédente édition et notre job, c’était d’y répondre. Tout s’est super bien passé; les gens ont compris qu’ils pouvaient se rencontrer ici.»

Pendant qu’on célébrait au Saguenay la crème du court, à la soirée des Jutra, on suppliait, voire implorait les spectateurs d’aller à la découverte du cinéma québécois. La crise, le court connaît pas?

«Si le cinéma ne va pas bien, il se replie dans ses origines, dans ses quartiers, dans le court. On a toujours vécu avec rien, alors pas besoin de crise. Je dirais que moins de 2% des gens voient les courts; au Québec, je dirais même moins de 1% de la population.»

Voilà qui n’est pas surprenant puisque celui-ci est peu présent au petit comme au grand écran. «La pub a remplacé le court, mais le court a réapparu sur le Net. L’un des programmateurs du blogue Short of the Week était surpris d’être invité, car il est considéré comme un “ennemi de l’État”; au contraire, moi je dis qu’il incarne un peu ce vers quoi on devrait aller», explique Ian Gailer qui salue l’initiative de Tou.tv, qui programme des courts, la série Arrêt court à TFO et l’intérêt pour le court du magazine Premières vues à MAtv.

Le court serait-il une affaire de jeunes? «Le court intéresse plus les jeunes, car il est identitaire. Tant qu’on va garder le court comme antichambre du long, c’est sûr que ce seront des plus jeunes qui vont en faire et qui vont se regarder entre eux pour montrer ce qu’ils ont dans leurs tripes. Cette année, on avait notre thématique de l’identité. Le festival a beaucoup changé, le court change beaucoup, et on répète tout le temps qu’il est identitaire. Il faut être capable d’assumer ce qu’est le court métrage: des premiers films, une carrière et de l’expérimentation.»

Tandis que Sophie Dupuis remportait le prix de la réalisation avec Faillir à Regard, Myriam Magassouba gagnait le Jutra pour Là où je suis, coiffant au poteau Eduardo Menz (Acrobat), Marie-Ève Juste (Avec Jeff, à moto), Chloé Robichaud (Chef de meute) et Sophie Goyette (Le futur proche). De quoi ravir les Réalisatrices équitables quant à la représentation des femmes devant et derrière la caméra.

«Depuis deux ans, on ne se pose même plus la question à savoir s’il y a des filles ou non, et ça va être comme ça de plus en plus. Nuit #1 d’Anne Émond est un bel exemple de l’esthétique du court: l’urgence de tourner, un huis clos inspiré par du petit budget. Notre rapport à notre intimité est là. Comme on se disait avec Francis Leclerc, on est nés du documentaire et c’est pour ça qu’on tourne ainsi.»

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