Je pensais être à l’abri de ça.

En fait, chaque fois qu’un parent me disait être pogné là-dedans, je rigolais de bon cœur en me disant que c’était pas si pire que ça. Au fond, c’est tellement inoffensif. On parle quand même juste d’un clown. C’est pas comme si on parlait de drogues dures.

Mais bon, quand tu es dedans, tu te rends compte à quel point tu es sérieusement enfoncé dans quelque chose qui finira par t’engloutir. Ça te tombe dessus sans crier gare, puis la machine est partie et tu ne peux plus rien faire.

Ça s’appelle Atchoum le clown.

Je me rappellerai toujours avec une certaine émotion le plaisir qui a subitement habité mon kid la première fois qu’il a vu le DVD d’Atchoum en cavale. Il avait les yeux grands comme des deux piastres et il tentait de battre la mesure des chansons avec ses pieds. C’était cute.

J’ai aussi souvenir de la deuxième fois où, par un matin pénible suivant une nuit où le sommeil s’était fait rare, Atchoum m’a littéralement sauvé. J’étais sur le divan à somnoler et je n’avais pas à me soucier d’être un père plate à mort parce que Charlot dansait et sautait devant moi en visionnant ses aventures passionnantes.

J’étais encore d’une naïveté pas possible.

Et puis, de façon perverse, Atchoum a pris le dessus sur un peu tout. Je suis devenu une machine à divertissement. Ma blonde aussi. Car si, par malheur, on devient ennuyants à ses yeux, ne serait-ce qu’une seule minute, Charlot veut à tout prix qu’Atchoum prenne la relève. Et là, on aurait beau tousser des confettis pour le faire changer d’idée, on n’a subitement plus aucune valeur. C’est Atchoum ou rien.

Je vous le dis, à la seule pensée de son nom, je suis à ça de saigner du nez. La trame sonore de ma vie est désormais uniquement constituée de tounes d’Atchoum. Celle sur les poissons, celle sur l’épicerie, celle à propos de la crème glacée, celle sur l’amitié et, naturellement, le hit Super-héros.

Il m’arrive parfois de me rendre compte que j’ai réussi à vivre une minute sans que mon subconscient soit animé par le répertoire d’Atchoum, puis, hop! ça repart.

Sinon, je commence à fredonner ou à siffler un air que je crois aléatoire pour enfin m’apercevoir que c’est encore la maudite toune sur l’épicerie et, comme si ça allait changer quelque chose, je tente de me déjouer en changeant la mélodie.

Je suis littéralement prisonnier de l’univers d’un clown pour enfants.

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ENCORE DES SKI-DOOS. Il y a quelques semaines, je pétais un patch à propos des ski-doos. Or, la fin de semaine dernière, une espèce de débile s’exerçait à faire des jumps sur une butte de neige et sa zone d’atterrissage était en plein milieu de la rue.

Je veux bien comprendre que ce serait exagéré d’exiger que les propriétaires de ski-doo aient une maîtrise, mais faudrait quand même s’assurer qu’ils ont au moins 10 de quotient intellectuel.

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DÉLIT DE FUITE. J’ai rempli mon premier constat à l’amiable.

J’étais à la station-service. Je me suis avancé vers la deuxième pompe pour découvrir que c’était du diesel. J’ai reculé vers la première pompe, j’ai entendu un klaxon et ça a fait un petit bang.

C’est con, mais pendant une microseconde, j’ai eu le goût de me pousser comme le dernier des crétins.

En fait, même si j’avais tenté de m’évader, je n’aurais pas pu remporter le titre du dernier des crétins. Parce que celui qui l’obtient, c’est l’imbécile qui faisait des donuts dans la nuit de vendredi et qui a foncé tout droit dans le côté conducteur du char de mon chum Dan.

Cliché par excellence, le pilote était un flot à calotte et il a aussitôt pris la poudre d’escampette.

Si tu es son père et que tu lis ça, allume: ton flot t’a totalement bullshité.

Et si tu le savais déjà et que tu t’es contenté de fermer les yeux, tu mériterais d’être contraint d’entendre en boucle les plus grands succès d’Atchoum, et ce, jusqu’à la fin de l’éternité.

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