Je ne crois pas vraiment aux miracles, mais le fait que je sois toujours en vie s’apparente un peu à ça.

Avec le temps, je repense aux années 90 et, selon toute logique mathématique, je devrais être mort.

En fait, si je m’adonne à une rétrospective de chaque fois où j’ai été le passager d’une voiture (en excluant celle de ma mère), je défiais littéralement la mort.

Faut savoir que j’avais un cercle d’amis qui avait un sérieux faible pour certaines choses de la vie qui altéraient considérablement les facultés.

J’ai même souvenir d’un soir où le pilote de la voiture était aux prises avec les hallucinations d’un filtre de couleurs qui masquait sa vue et que, juste pour en rajouter une couche, aucune fenêtre n’avait été dégivrée. Bref, on roulait complètement à l’aveuglette sur un pont.

Je vous raconte ça et, même si j’ai de la difficulté à dissimuler un léger sourire en coin, je ne ressens aucune fierté. En réalité, que je sois toujours en vie n’est pas plus génial que ça. Si j’étais mort à l’époque, bien que ce soit triste à dire, je l’aurais cherché en quelque sorte. J’aurais été victime de ma débilité. Toutefois, je me dois de remercier le destin que nos balades psychédéliques en voiture n’aient pas fauché la vie de quiconque.

C’est ça qui est terrible.

On peut faire le choix de prendre des risques purement imbéciles, mais lorsqu’on est le gars qui passait là par hasard, on ne devrait pas avoir à payer le prix de ces choix ridicules.

J’aimerais ça vous pondre une série d’arguments cool contre les projets de loi de couvre-feu pour les jeunes conducteurs, mais une partie de moi trouve que ça a quand même du sens.

Je ne suis pas du genre à triper sur les interdictions, mais c’est peut-être là l’exception qui confirme la règle chez moi. C’est cliché de dire ça, mais chaque année, des centaines de jeunes décèdent la nuit dans des conditions prévisibles à l’os.

À un moment donné, je veux bien comprendre que c’est dans notre culture québécoise de «pouvoir chauffer à 16 ans pour être libre comme tout», mais peut-être que ça ne marche juste pas. Du moins, pas totalement.

Aussi, c’est ben beau d’annoncer qu’à partir du mois d’avril, ce sera tolérance zéro pour les conducteurs en bas de 21 ans, mais sans vouloir gâcher le party, ça ne changera pas grand-chose. C’est comme de dire à un enfant que c’est pas bien de se décrotter le nez en public et de lui tourner immédiatement le dos.

Parce que ça fait aussi partie de notre culture de s’arranger pour ne pas se faire pogner. On est des experts là-dedans. Y a des idiots profonds qui trouvent le moyen de texter au volant (à quand le premier roman écrit entièrement en conduisant?) et pour qui le seul souci, c’est de watcher s’il n’y a pas des polices dans le coin qui pourraient les prendre sur le fait. De vous happer mortellement en textant un LOL, ils s’en câlissent tout simplement.

C’est dommage à écrire, mais on dirait que ça ne fait pas partie de notre culture de se soucier de la vie des autres. Dans notre échelle de priorités, il y a avoir du fun et ne pas se faire pogner par les «beus». Ça s’arrête là.

/

Comme tout bon chroniqueur qui se respecte, je pourrais vous donner mon opinion à propos du mouvement de grève étudiante, mais je vous livrerais là le pire ramassis d’inepties jamais vues. Je l’avoue humblement, c’est là un dossier qui m’échappe sérieusement. J’avais comme la tête ailleurs au cours des dernières semaines.

Le plus pathétique dans tout ça, c’est que j’ai jadis participé (de loin) à la grève étudiante qui avait eu lieu au milieu des années 2000, alors que je ne connaissais pas plus le dossier. Honte à moi…

En toute honnêteté, je dois à cette grève-là une partie de mon diplôme universitaire. Disons que j’avais accumulé un sérieux retard dans mes travaux et que ça m’avait permis de reprendre le dessus.

Rehonte à moi…

Partagez cette page

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel