Il en va des idées comme des champignons. Tantôt on tombe sur une talle et on rentre à la maison le panier chargé de bons gros cèpes; tantôt on ne fait que de menues trouvailles, à gauche et à droite, ce qui ne nous empêche pas de sortir des bois avec un alléchant petit mélange sauvage.

Pour votre dévoué chroniqueur, cette semaine en est une de petit mélange. Urbain celui-là. Puisse-t-il être bon en omelette.

Entendu

Lors de la conférence de presse du Salon du livre de Montréal: "Il y a des moments où le livre devient plus qu'un objet qu'on écrit ou qu'on lit; il y a des moments où le livre devient un acte citoyen." Dixit Dany Laferrière, pendant sa présentation du pavillon Haïti Solidarité, qui accueillera durant le Salon (du 17 au 22 novembre) plusieurs activités littéraires en lien avec Haïti, ses blessures et ses espoirs.

Il a le sens de la formule, Dany, tout de même, lui qui bouclait son laïus avec ces mots: "Le monde entier se demande comment aider Haïti; pour une fois, c'est Haïti qui va aider Montréal."

Reçu

Michel Tremblay, sur le plateau de Voir télé. Avant que les caméras ne s'allument, l'auteur nous confie à Sébastien Diaz et moi, tous deux un peu impressionnés de nous asseoir devant le monstre sacré: "Je commence tout juste ma tournée promo, j'ai encore un peu le trac."

Sébastien et moi on se regarde, pensant la même chose: si 40 années d'entrevues ne prémunissent pas contre le trac, mieux vaut l'amadouer comme on peut et vivre avec!

Après cet entretien, je me disais par ailleurs que Tremblay, au fond, est tout sauf un intellectuel. Il a beau figurer au dictionnaire, être traduit dans 26 langues, il jase plus qu'il ne parle de son travail, sur le ton qu'ont d'autres pour parler de leurs projets de rénovation ou leur potager.

Ce qui ne l'empêche pas de dire beaucoup.

Écouté

Daniel Bélanger en rentrée montréalaise au Métropolis, vendredi dernier. C'est ainsi dans toutes les grandes histoires d'amour, celles qui défient le temps: le soleil ne reste pas au zénith ad vitam æternam. Notre relation avec l'auteur de Rêver mieux est forcément, puisqu'il risque et ne s'assoit jamais sur ses lauriers, une succession de coups de cour, de sourcils froncés, de grands sourires et d'interrogations.

Dans la salle, certains étaient conquis d'avance, mais d'autres, assez nombreux d'après les commentaires glanés ici et là, se demandaient ouvertement si la magie Bélanger allait toujours opérer.

Deux heures plus tard, deux heures à taper du pied et à mieux rêver, chacun sortait de la salle enivré, porté par l'impression d'être un peu moins vain, moins con, moins seul.

Découvert

La Médiathèque Gaëtan Dostie. À l'invitation de son fondateur, j'ai visité un matin ce petit musée qui n'en est pas tout à fait un. Quoique.

Depuis des décennies, Gaëtan Dostie, qui a été proche de Gaston Miron et de tant d'autres figures majeures de notre littérature, observe, collectionne, archive. Tirés à part, manuscrits, photos d'époque et autres documents rares, sa petite collection personnelle représente aujourd'hui une somme exceptionnelle et méconnue, une mine documentaire qui heureusement a maintenant pignon sur rue, grâce au soutien de quelques-uns et en dépit de l'absence de subventions.

Ce lieu fascinant, un peu hors du temps, on le trouve au 1214, rue de la Montagne, à deux pas du Centre Bell, dans un coin où l'on s'attend à tout sauf à tomber sur une médiathèque littéraire (s'attend-on jamais, d'ailleurs, à tomber sur une médiathèque littéraire?).

Info: 514 861-0880.

Attendu

L'ouverture de la petite exposition Hubert Aquin et les médias, présentée à compter du 5 novembre à l'atrium de la Bibliothèque des lettres et sciences humaines de l'Université de Montréal (3000, rue Jean-Brillant).

On nous promet un regard autre sur celui qui a été écrivain, mais aussi journaliste, scénariste, éditeur et réalisateur, entre autres à Radio-Canada et à l'Office national du film. On y verra entre autres l'entrevue accordée à Aquin par l'auteur du Meilleur des mondes Aldous Huxley, en juin 1960.

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Parmi les montréalités à venir, on suivra évidemment Coup de cour francophone, dont plusieurs participants nous ont accordé une entrevue ces derniers jours (Zaz, Dany Placard, Paul Cargnello…), de même que le passage du grand Michel Boujenah au St-Denis, dans le cadre du Festival Séfarad.

Et puis on est impatient de voir Sébastien Ricard dans le solo La Nuit juste avant les forêts, de Koltès, pièce dans laquelle ont déjà brillé sur nos planches James Hyndman et, plus récemment, Denis Lavant. Le photographe John Londoño a bien croqué le personnage et son urgence, je crois, pour notre une de la semaine.

Tant de choses à cueillir dans cette forêt nommée Montréal…

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 1

  • 4 novembre 2010 · 20h54 Robert St-Amour

    Mon cher Tristan, je te lis régulièrement mais pour une rare fois, je prends le temps de commenter un de tes textes.

    Dans ce texte, il y a là pourquoi, j’apprécie beaucoup ton et mon Voir. Dans ta chronique, on y retrouve de quoi voir ailleurs, voir différemment, voir de l’intérieur, voir plus loin et voir là où mon attention ne m’amènerait pas naturellement. Tout cela dans ma propre ville afin de transformer ma réalité en Montréalités.

    Merci.

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