Y a-t-il des gens profondément surpris de ce qu’on apprend à la commission Charbonneau? Des personnes réellement renversées et troublées de constater qu’une part de nos élites politiques est corrompue? Qui apprennent, incrédules, que des pratiques immorales et criminelles sont à ce point répandues? Qui découvrent avec stupeur qu’un appât du gain que presque plus rien n’entrave est, dans notre monde, le grand moteur des actions humaines?

Pour ma part, je ne le pense pas. Et c’est justement le fait qu’il soit si généralement connu et admis que des conduites et pratiques immorales, voire criminelles, sont courantes et perdurent tant qu’elles ne sont pas connues, c’est cela, plus que ce que nous révèle la commission Charbonneau, qui est à mes yeux un phénomène vraiment troublant de notre époque.

On trouve dans Platon une magnifique histoire qui prend ici tout son sens. Elle met en scène un berger appelé Gygès qui découvre un anneau magique qui le rend invisible. Profitant de cette invisibilité, Gygès séduit la reine, tue son mari, le roi pour lequel il gardait un troupeau, et s’empare du royaume.

Si nous pouvions bénéficier de l’impunité que nous procurerait le fait d’être invisible, comment nous comporterions-nous? demande Platon à travers cette histoire. Y a-t-il pour des êtres humains d’autres motivations à agir moralement que la peur de la sanction sociale? Ce sont, reconnaissons-le, de bien belles questions.

Considérez à présent notre monde et nos institutions en gardant en mémoire le berger Gygès.

Le marché, cette institution économique dans laquelle nous vivons, nous met en compétition les uns contre les autres, récompense le fait de se comporter en parfait salaud si on le peut et pénalise même qui ne le fait pas par le seul fait qu’autrui le fera. Il est par ailleurs à peu près impossible de savoir, par ce signal appelé prix, ce que coûte à autrui ou à la nature ce qu’on consomme ou ce en quoi nous investissons. Au bout du compte, nous devons nous montrer agressifs pour survivre, avons tout à perdre à ne pas le faire et ne serons pas condamnés pour nos gestes. Voilà un formidable anneau de Gygès.

Considérez à présent le monde de la finance – les banques et autres institutions de ce genre: elles sont non seulement liées de toutes sortes de manières au monde criminel, mais elles en épousent et reproduisent largement les valeurs. On y retrouve ainsi la même recherche de profit à tout prix, la même ignorance des conséquences sur autrui des actions qu’on pose, la même absence de prise en compte de la souffrance qu’elles causeront.

Pour reprendre une analogie proposée par Joel Bakan dans The Corporation, comme les multinationales, ces désormais «personnes morales immortelles» ayant des droits souvent plus grands que ceux des humains de chair et d’os, ces institutions financières sont des entités pathologiques et même gravement atteintes. Considérez la crise économique qu’elles ont en grande partie produite en 2008, qui perdure depuis lors et qui a causé et cause encore des océans de souffrance. Considérez ces prédateurs de la finance qui l’ont alimentée; ces universitaires et ces intellectuels qui se sont vendus au plus offrant pour donner à des pratiques criminelles un vernis de crédibilité. Les voyez-vous? Les voyez-vous malgré l’anneau de Gygès qu’ils portent au doigt? Et remarquez-vous qu’ils demeurent, tous, impunis?

Considérez ces médecins achetés par l’industrie pharmaceutique; ces… Mais vous donnerez vous-mêmes facilement d’innombrables exemples.

Car Gygès, désormais, est presque partout. Il est souvent invisible parce que les institutions dans lesquelles nous vivons font en sorte qu’il le soit. Mais en d’autres cas, si vous le voulez, vous pouvez l’apercevoir. C’est qu’à l’histoire de Platon, il faut ajouter un détail: ce n’est pas seulement par un anneau que Gygès est aujourd’hui invisible, mais aussi, parfois, par le fait que tous nous fermons les yeux. Nous préférons ne pas voir. En partie parce que nous sommes tous pris dans la même terrible et délirante machine et que le spectacle est trop douloureux puisque Gygès… ce peut être chacun de nous.

Mais si on peut choisir de fermer les yeux, on ne peut pas décider de se boucher les narines. Gygès est peut-être parfois invisible, mais on le sent toujours: et si vous trouvez que ce monde a une odeur de mort et de pourriture, c’est que les civilisations, c’est comme le poisson: ça pourrit d’abord par la tête, plus exactement par le dedans de la tête.

Ce monde, en fait, à mon avis, ne tient plus que parce que des gens, ici et là, ne se plient pas aux injonctions des institutions dominantes, aux valeurs mafieuses qu’elles prônent et encouragent. Il tient par l’enseignante qui aime les enfants et veut les sauver par l’éducation; par le chercheur qui n’aspire qu’à connaître la vérité; par le journaliste que la corruption dégoûte et qui veut la dénoncer; par le juge ou l’avocate qui croit encore en la justice; par cet entrepreneur qui refuse qu’on le paie au noir; et par bien d’autres encore, mais vous donnerez vous-mêmes d’innombrables exemples.

C’est par eux que ce monde sera sauvé. S’il peut encore l’être…

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 20

  • 10 octobre 2012 · 16h23 AM Bilodeau

    Un article qui nous fait revisiter Platon et qui, malgré l’invisibilité des gens corrompus, nous laisse sur une note positive marquée part l’apport considérable de plusieurs de nos concitoyens.

  • 10 octobre 2012 · 19h09 Loyola Leroux

    Il faut peut etre faire une distinction entre ton monde, celui que tu percois et un autre monde qui peut etre différent. Je conseille un mariage, une fete de famille pour avoir le chance de discuter avec des cousins, beaux-freres, etc. tous travailleurs ordinaires pour comprendre, comme me disant l’un deux récemment, qu’au Canada tout va bien. Le problème c’est qu’aucun média ne donne une place à ce point de vue, mais valorise les « chialeux ».

    • 11 octobre 2012 · 03h37 J-C

      L’ignorance est une bénédiction!

    • 12 octobre 2012 · 11h43 Denis CLÉMENT

      Ô Canada tout va bien. On a du beau sable bitumineux qu’on va bientôt donner aux chinois en échange d’une prolifération de Dollorama. Quelque part sur un yatch de luxe sur une mer du sud, des milliardaires jouent à s’échanger nos usines et nos jobs, cigare au bec, scotch à la main et pitounes en prime. On ferme une centrale nucléaire et on ouvre une usine de produits toxiques à la place. On vote pour la CAQ qui va faire le ménage. À moins que ce soit matricule 728. Occupation Double récoltera bientôt 2 000 000 de cote d’écoute. Des avocats sont payés 400$ de l’heure alors que la fille qui cuit les frites à la cantine du coin fait même pas ça en une semaine. Je continuerais bien, la liste est longue, mais à quoi bon chialer…?

  • 11 octobre 2012 · 00h32 Darwin

    Superbe texte. Merci!

    Nous sommes, comme espèce, bien moins civilisés que nous le prétendons…

  • 11 octobre 2012 · 13h51 BM

    Le monde a toujours eu « une odeur de mort et de pourriture » ; et peut-être encore plus dans le passé qu’aujourd’hui : l’histoire de l’humanité n’est qu’une effroyable suite de guerres et de massacres qui ont culminé avec les horreurs de la seconde guerre mondiale (ces horreurs n’ont d’ailleurs pas cessé, sauf pour une poignée d’occidentaux : cf. le Vietnam, le Rwanda, et une infinité d’autres exemples similaires).

    Prenez un être humain lambda. Mettez-le dans une situation de pouvoir quelconque (cela peut être président des Etats-Unis d’Amérique, ou chef d’un village isolé d’un pays pauvre) : cette personne cherchera systématiquement à augmenter son pouvoir personnel, et ce faisant, ne sera arrêté que par d’éventuelles contraintes à lui (rarement à elle !) externes. Cela s’appelle la nature humaine, et l’ouverture au hasard, à n’importe quelle page, de n’importe quel livre d’histoire, ne fera que le confirmer.

    L’être humain est dans une situation bien délicate : c’est un animal social (peu de gens sont capables ne serait-ce que d’envisager le niveau de solitude d’un chat vivant à l’état sauvage), mais en même temps, il a un besoin de liberté inné et irrépressible. La conséquence concrète de cela, c’est le constat fait par Rousseau : « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers ».

    L’idéal est bel et bien « l’ordre sans le pouvoir ». Mais avant que cela ne soit mis en pratique, l’espèce humaine aura disparue : ceux (rarement celles, encore une fois !), ceux donc que l’aptitude innée de l’espèce humaine pour la vie en société aura mis dans une situation de pouvoir, ceux-là auront provoqué par leur « volonté de puissance » la disparition des humains, sans doute à la suite de la grande catastrophe écologique dont on voit d’ores et déjà les premiers effets. (Il n’est d’ailleurs pas exclu que cette catastrophe soit telle que toute forme de vie sur terre soit annihilée.)

    Il y a quelques années, le dessinateur belge Franquin disait : « Je suis convaincu que l’homme ne sera jamais civilisé. Il se détruira. Mais il ne faut pas trop le dire, il ne faut pas gâcher la vie des gens. » Que répondre à cela ?

    • 17 octobre 2012 · 11h29 Simon Ouellet

      Définitivement, aucunement surpris de ce qui sort de cette commission, et cela n’est que la pointe de l’iceberg. Loin de moi l’idée de tout voir en noir, n’en demeure pas moins que notre nature animale, faisant partie de notre nature humaine, demeure la plus forte lorsque les conditions ne permettent pas aux facultés supérieures de se développer. Le beau, le bon, le juste, les qualités dites humaines telles que les vertus et les devoirs ou ce que nous appelons nos valeurs, il faut un effort de volonté et de pensée abstraite pour les atteindre non sans se donner un environnement et une dynamique qui respecte à la fois notre nature biologique, émotionnelle et rationelle/spirituelle.

      Si tant de gens savent sans réaliser, voient sans réagir, comment l’expliquer ? Normand résume magnifiquement la chose en montrant combien ce que nous appelons réussite, nécessite cupidité et égoïsme, et c’est ce que nous récompensons dans nos sociétés occidentales. Nous sommes dans une culture de l’avoir plutôt que de l’être.

      Vrai, que tant que les besoins de base de tous et toutes ne sont pas assouvis, nous sommes gouvernés par ces pulsions primaires, dits « nos besoin et la nécessité », la recherche du contrôle et du pouvoir, la dominance. C’est le système limbique, sympathique, qui intervient en situation de survie ou de perception d’un danger X.

      Notre société est anxiogène, elle accepte et favorise la peur, la division, la compétition, la violence, la lutte des classes, l’écart de richesse etc. pour ne nommer que cela sans entrer en détails. Si l’on veut respecter notre simple nature biologique, nous sommes à l’envers du bon sens.

      Nous naissons dans un environnement déjà stressé, malsain. Prétendre qu’il doit en être ainsi est une affirmation grave; cela n’a rien à voir avec notre nature mais avec notre Culture, ce qui est appris, que de dépasser cela. C’est lorsque les besoins de base de l’homme sont respectés qu’il peut s’adresser réellement à la Culture, la créativité, la connaissance, le don, etc. Maslow a démontré cela dans les années 40.

      Quoique certains affirment, nous avons le choix; laissez proliférer des conditionnement et des comportements que nous savons aller dans la mauvaise direction ou alors nous donner un réel système d’éducation qui traite de l’homme dans son intégralité non pas une éducation marchande où le savoir n’est que principalement technique et morcelé alors que tout est lié.

      Que voulons-nous, un monde matérialiste et consumériste de compétition où chacun doit se battre pour survivre, avec tant de laissés pour compte et où pour réussir dans la vie il faut récompenser l’égoïsme et la cupidité, accepter la violence etc ?

      Nous avons les ressources, les connaissances et la technologie pour faire bien mieux que ÇA !!!

      Ou un monde où chacun chacune mange à sa faim, a la possibilité de poursuivre le type d’existence selon ce qu’il elle est, sa sensibilité, ses potentialités et ses limites, en fournissant à tous et toutes l’environnement pour se faire ?

      Cela peut sembler naïf; n’est-ce pas ? Comme disait Chomsky; « Tout cela peut sembler naïf, et ça l’est ; mais je n’ai encore entendu aucun commentaire sur la vie humaine et la société qui ne le soit pas, une fois dépouillé d’absurdité et d’égoïsme. »

      Parlons d’économie, de géopolitique etc…compliquons la réalité avec quelque chose créé de toutes pièces. Dans quel but ? L’homme est-il au service d’un système ou est le système qui est censé être au service de l’homme ?

      Sommes-nous donc condamnés ? Chose certaine, si on ne finit pas par s’éduquer correctement comme espèce, regardons où cela nous mène…

      Comme me disait un ami il y a de ça plusieurs années :

      « Ça fait à peu près 250-300 000 ans que l’on enterre nos morts (naissance du spirituel humain). Ça fait à peu près 10 000 ans que l’on a commencé à dessiner des formes sur des cavernes et inventé peu à peu l’écriture. Ça fait 2500 ans que la philosophie est née. Ça fait 400 ans que la démarche scientifique est appliquée systématiquement. Et tout ça, toujours par un groupe restreint de la population (1 000 000 d’analphabètes fonctionnels au Québec en 2008, combien d’analphabètes philosophiques et scientifiques ?).

      Il faut donc être modeste dans nos ambitions. Notre cerveau reptilien est toujours là et nous ne sommes pas construit biologiquement pour la pensée abstraite : il faut se “forcer” pour l’atteindre. Tant que ce sera le cas, l’humain qui utilise la pensée abstraite sera une exception et non la règle.

      Peut-être que dans 100 000 ans, si l’humain est toujours présent sur Terre et qu’il a maintenu des conditions propices à l’application de la philosophie et de la science, il se dira : “Peux-tu imaginer qu’il y a 100 000 ans, les gens écoutaient le baseball dans leur salon ?” ou “Peux-tu imaginer que le principal critère gérant le respect entre les êtres humains de l’époque était l’argent, c’est-à-dire la capacité d’un être à accumuler plus de ressources que son prochain, la plupart du temps en exploitant ce dernier.”

      Ça aurait pu être pire : on aurait pu naître il y a 10 000 ans alors que la sélection naturelle ne m’aurait même pas laisser survivre, ou il y a 200 ans (où la seule activité était de rendre cette région habitable selon les critères occidentaux), il y a 100 ans (où la religion omniprésente nous aurait sans doute empêché les interrogations que nous avons aujourd’hui, et où les conditions auraient fait en sorte que nous vivions à peu près 45 ans). Espérance de vie actuelle de plus de 50% de la population mondiale.

      N’oubliez pas que l’humain est bien trop complexe pour croire que l’on ait réussi à le comprendre un tant soit peu avec la machine limitée et pleine de défauts que l’on appelle notre cerveau. Juger désespérée une situation aussi complexe que la marche de l’humanité est aussi loin de la réalité que la juger comme étant pleine d’espoir. »

      Je me permets de bifurquer un peu; il y a les musulmans qui font 7 bébés pendant que nous en faisons 1.5. Ce schisme Orient Occident est plus que jamais présent. Voyons ce printemps érable, les évènements en Lybie, en Syrie, ce qui se passe avec l’ira etc.

      Corbin disait :

      « Voilà pourquoi il serait capital d’envisager conjointement dans le détail, les uns et les autres, notre histoire théologique et philosophique. Ce qui a évolué en Occident en idéologie laïcisée, ne se retrouve pas ici en Orient. Alors comment les choix et les décisions procédant de cette sécularisation occidentale, seraient-elles transposées en Orient sans lui faire violence, sans le détruire ? Il y a là, je crois, un jour tout nouveau sous lequel envisager l’impact écrasant de l’Occident sur ce qui fut l’Orient traditionnel. Ici nous ne pouvons plus dire : ce qui a sécrété le poison sécrétera lui-même l’antidote, – puisque ce n’est pas ici que le poison fut sécrété. Alors que se passera-t-il ? Nous sommes encore au cœur du processus ; il est encore trop tôt pour le comprendre et le dire. Mais il n’est pas trop tôt pour tenter de prévenir la catastrophe redoutée. Je dirai que la lourde responsabilité de cet effort pour comprendre et pour parer à la situation incombe pour une grande part à la philosophie comparée, même si elle ne dispose pas encore de l’armement suffisant pour faire totalement face à sa tâche. »

  • 12 octobre 2012 · 17h17 Loyola Leroux

    Pourquoi la différence entre ceux à qui on peut Répondre en cliquant et ceux à qui on ne peut répondre ??? Qu’est ce qui empeche la fille de la patate du coin de sortir avec l’avocat ?

  • 12 octobre 2012 · 17h43 Normand Murray

    Tous ses spéculateurs de vie on en commun un seul Dieu et ce Dieu est l’argent ils adorent le veau d’or vision biblique me dirais vous certes.Fondamentalement l’histoire est écrite en fonction de vainqueurs et de vaincus tel dans la nature chaque prédateur a sa proie et l’homme n’y échappe pas,manoeuvres financières douteuses, multinationales voraces des armées de bureaux d’avocats sans scrupule pour les disculpés de leurs exactions, coup d’état monté par des conglomérats étrangers dont le seul et unique but sont de la mainmise sur vos richesses avec la complicité bien évidente de gouvernement sans âme.On a beau vouloir ne rien voir ou savoir en parler en mal est notre seul exutoire pour eux le mal est l’histoire de leurs existence même.Alors je vous souhaites le paradis à la fin de vos jours Mesdames et Messieurs les Prédateurs après tout vous pouvez peut être l’acheter ca bien j’en doute peu importes vos croyances le pardon a surement ses limites et ca c’est réconfortant au plus haut point…

    ¸

  • 12 octobre 2012 · 18h32 Denis Clément

    Ouvrez la parenthèse.

    Mais qu’est-ce que c’est que ces histoires que la soif du pouvoir est dans la nature humaine…? Pas du tout. La nature humaine est dans la recherche de plaisir. Et dans la réponse quand elle l’atteint. Un petit point dans le cerveau qui appelle toujours le même : Ha! Et partant de là tout est plaisir.

    Ha! J’ai retrouvé ma route. Vous cherchez vos clefs? Ha! elles sont là. C’est jeudi? Ha! la paye! Je veux voter? Ha! voilà c’est fait! Mon parti a perdu? Ha dommage! (réponse négative mais réponse tout de même la question étant en fait est-ce que les résultats des élections sont sortis?) Il est quelle heure? Ha! voilà l’horloge. (peu importe l’heure on a retrouvé notre situation dans le temps.)

    Donc non tout le monde ne cherche pas le pouvoir mais oui plusieurs veulent pousser ce : Ha! Je l’ai enfin j’ai le pouvoir! Mais pas tous; plusieurs ne cherchent qu’à dire : Ha! je l’ai fait! J’ai couru mon marathon, Je suis sorti de chez moi malgré le cafard. J’ai donné un sourire à ce mendiant. J’ai insulté Charest et ça m’a fait du bien. Ha! il m’a écouté. Répondu. Regardé. Ha! j’ai lancé une roche à un policier ou bien ha! ce policier a souri ou encore ha! ce policier a attrapé un black block. Etc. Etc. Etc.

    Fermez la parenthèse.

  • 13 octobre 2012 · 22h25 Roger Stéphane Blaise

    Tel Gygès, le monde est dirigé par des personnes morales à la main invisible et ayant l’agneau d’or au doigt et à l’œil. Mais (selon Onfray) Platon reste sûrement le plus grand des inquisiteurs en  » constituant un monde mythologique dans lequel bon nombre croupissent encore » !

  • 14 octobre 2012 · 13h19 Loyola Leroux

    Charles LeBlanc, professeur de philosophie attaché au Centre d’études de l’Asie de l’Est de l’UdeM, m’a dit en 1980, dans le cadre de mes rencontres avec lui pour mes cours de doctorat, que selon lui le plus grand philosophe qu’il aimait le plus lire était, (je m’attendais à un nom comme Han Fei ou Han Yu, etc.) Platon. Tous simplement. Monsieur LeBlanc a traduit, annoté et présenté les Philosophes taoistes et confucianistes dans la Bibliothèque de La Pléiade. Rien de moins N’y a t il pas des limites à vouloir déconstruire la pensée occidentale ?

  • 14 octobre 2012 · 16h01 Marie

    Merci pour ce texte qui reste malgré tout chargé d’espoir. Les règles du jeu qu’on nous impose ne sont pas éternelles et moins encore universelles. Il ne tient qu’à nous de les changer.

    Si en tant qu’espèce nous cherchons toujours à progresser dans le sens d’un monde meilleur (comprendre plus juste, fraternel et égalitaire) alors il nous faut dépasser nos limites et nos faiblesses (l’appât du gain, la recherche de pouvoir, la volonté d’écraser l’autre et la règle des Maitres « tout pour moi et rien pour eux) plutôt que de nous y épancher sans fin.

    Comme le disait La Boetie, ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Relevons la tête, ouvrons grands les narines et les yeux et dénonçons sans fin la logique marchande du profit à tout prix au détriment de l’Homme et de sa dignité.

  • 15 octobre 2012 · 02h05 Danielle Turcotte

    La corruption comme la tricherie sont tellement répandues. Peut-être qu’elles ont toujours existé, mais cachées. Aujourd’hui, la lumière est projetée sur elles. Que ce soit la Commission Charbonneau qui nous informe ou une vidéo prise par un simple citoyen, on dirait que l’heure du nettoyage est arrivée. Le monde n’est pas très joli. Il y a quand même un côté positif à ces révélations, peut-être qu’il s’améliorera plutôt que de continuer dans l’ombre à encourager l’exploitation du plus petit que soi.

  • 15 octobre 2012 · 09h42 Loyola Leroux

    Si l’argent de la corruption fait rouler l »économie québécoise, pouquoi s’y opposer ? Il faut limiter ces fraudes sans exagérer. Combien coutera la Comission Charbonneau et combien rapportera-t-elle ? Qui remboursera l’argent gagné illégalement ? Combien d’argent sera remboursé ? Je gage qu’aucun journaliste ne fera se bilan !!! En 1976, la famille Désourdy, qui « gérait » la construction du Stade Olympique en a profité pour construire Bromont. Est-ce un acquis ?

    • 15 octobre 2012 · 12h11 Denis C.

      Ayoye! Pas facile d’assumer de telles déclarations. Laisser tomber les gens qui passent par les filières officielles pour privilégier ceux qui fraudent… Pour parler de la construction spécifiquement, admettre publiquement – mais sans l’admettre publiquement – ou admettre publiquement que nous n’admettons pas tout publiquement – que certains contracteurs n’auront jamais droit à un pourcentage des contrats mais qu’on leur laissera tout de même les contrats merdiques. Vraiment ça me paraît complètement tordu, ça ouvre la porte toute grande à la corruption, ça envoie le signal que la fraude est tolérée – et bien plus payante – donc pourquoi choisir l’honnêteté??? Et ça donne notre aval au modus operandi de la corruption – de la mafia – la violence sera désormais tolérée – mais jamais admise publiquement. Et bon travail messieurs mesdames les juristes…

  • 15 octobre 2012 · 14h03 Pierre Pinsonnault

    Après avoir lu le très intéressant exposé de M. Baillargeon et les commentaires ci-dessus, je me suis mis à écrire le mien puis je me suis arrêté. Je ne savais plus où je voulais en venir. Puis une question m’est revenue à l’esprit. Elle me turlupine depuis bien longtemps. On sait que la bible a été écrite il y a un fameux bout de temps et, bien avant, le Code d’Hammourabi. Bref, ça fait diablement longtemps qu’on fait des niaiseries (inconduites, irrégularités, abus de confiance, actes criminels, attentats, guerres, meurtres, etc), par intérêt, ignorance, imbécilité ou accident. Cependant, nous les chrétiens, croyants ou non, on connaît cette exhortation : « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » (Jn 8. 3-11) à propos de la femme adultère. J’imagine que, même dans les cas où il ne s’agit pas d’adultère (par exemple alcool au volant), nous pouvons croire qu’il s’agit là d’une bonne raison de nous « fermer les yeux ». Sans oublier l’extrême qui consiste à « présenter l’autre joue ». Cependant j’ai lu, il y a plus d’une semaine d’un résumé des pensées d’un auteur du 19ème siècle dont je ne me rappelle plus le nom, à peu près ceci : le pardon appartient à l’homme, le respect des règles à la société. Beau mêli-mêlo d’idées, n’est-ce pas. En tous les cas, M. Baillargeon, et celles et ceux qui commentent, vous aidez à nous dérouiller l’esprit.

  • 17 octobre 2012 · 22h57 Pierre Pinsonnault

    À 21h30 à la radio de radio-canada, 1ère chaîne, on a pu entendre sur le thème de la corruption deux journalistes faire état de la corruption au Canada et en France. Ils ont donné des exemples et même fait entendre des audios de reportages d’il y a plus d’une vingtaine d’années. On a même entendu Pax Plante de Montréal qui a dû se réfugier en semie clandestinité au Mexique en raison de ses révélations concernant la police de montréal, le crime organisé et la mairie de Montréal.En gros, en France il semble qu’il paraît normal qu’il y ait corruption. Il n’y aurait que le Canard enchaîné qui serait incorruptible quant aux dénonciations de scandales. Bref et on se répète, il faut toujours être sur ses gardes, éduqué ou non, contre n’importe qui, éduqués ou non.

    • 18 octobre 2012 · 17h42 Loyola Leroux

      Quelqu’un a t il fait un bilan des Commissions d’enquete ???

  • 18 octobre 2012 · 20h30 Pierre Pinsonnault

    Mme Leroux, en tapant les mots « Commission d’enquête au québec : bilans » dans Google, on trouve plusieurs bilans, plus ou moins scientifiqures, et chacun ne concerne je crois qu’une commission d’enquête en particulier, non pas un bilan de l’ensemble. Je n’ai pas eu le courage d’aller plus loin.

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