Il est donc possible qu’un mormon, Mitt Romney, s’installe dans quelques jours à la Maison-Blanche.

Cette éventualité invite à soulever au moins deux fascinantes et incontournables questions.

La première concerne les définitions respectives des concepts de secte et de religion, afin de décider si le mormonisme est une religion ou une secte. Je ne la traiterai pas ici, sinon pour dire que le mécréant que je suis a toujours trouvé instructif de chercher ce qui rapproche secte et religion, plutôt que ce qui les distingue. J’en suis arrivé à la conclusion qu’une religion est souvent une secte qui a réussi.

Quoi qu’il en soit, les candidats à ce rapprochement entre secte et religion ne manquent pas.

Toutes deux, par exemple, usent de moyens dont certains sont des entraves à la liberté de pensée pour faire en sorte que leurs adeptes adhèrent inconditionnellement à diverses doctrines.

De ce point de vue, on est d’ailleurs tenté de dire que certaines sectes sont moins pires que certaines religions, tant par le nombre de personnes qu’elles contaminent que par le fait qu’elles s’en prennent le plus souvent à des adultes, tandis que les religions s’emparent typiquement des cerveaux des enfants dès leur naissance. (Je hurle quand j’entends dire que par le seul fait de leur naissance, des enfants sont des petits musulmans, ou des petits chrétiens, ou des petits juifs, ou des petits scientologues.)

De plus, parmi ces doctrines, il en est, dans les sectes comme dans les religions, auxquelles une personne rationnelle ne peut en aucun cas adhérer sans mettre son cerveau en consignation.

Sur ce plan, le mormonisme (l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours) ne donne pas sa place. Et dans une compétition pour les croyances sectaires ou religieuses les plus délirantes, il pourrait bien être grand finaliste, avec la scientologie. La fraude et le charlatanisme y sont à ce point évidents qu’on a peine à penser que des gens croient cela. Jugez-en.

En 1830, un homme qui a déjà subi un procès pour charlatanisme, Joseph Smith, dit avoir trouvé, grâce à un ange, des tablettes d’or relatant une révélation, tablettes qu’il traduit d’une langue qu’il ne connaît pas grâce à des pierres magiques. On apprend grâce à lui que les Amérindiens sont des descendants d’une tribu d’Israël; que le paradis terrestre est situé au Mississippi; qu’il faut porter des sous-vêtements protecteurs spéciaux comportant divers symboles; que l’homosexualité est une maladie traitable ou un choix immoral; que la polygamie est souhaitable. J’en passe et des meilleures, mais je n’oublie pas les deux suivantes. L’Église pratique, pour leur Salut, le baptême post mortem d’inconnus, par exemple, ces temps-ci, des juifs victimes de l’Holocauste (!?!). Et soutient que les Noirs sont noirs par punition divine, de sorte que jusqu’en 1978 (je répète: 1978!!!), ils ne pouvaient devenir des prêtres mormons.

Ce qui m’amène à la deuxième incontournable question que pose la possibilité de l’élection de Romney: quelle devrait être la place de croyances délirantes comme celles-là dans l’arène politique? Que fait-on devant une personne qui aspire à un poste politique majeur et qui pense de telles choses?

Le problème est sérieux. Non seulement parce que les croyances délirantes sont légion, mais aussi parce que les convictions des uns sont parfois les délires des autres. Par exemple, pour certaines gens, et je le sais bien, mes propres convictions anarcho-syndicalistes sont délirantes. Alors?

Il y a, me semble-t-il, dans une société démocratique qui respecte la liberté de pensée et de conscience, deux grandes manières de faire face à cette situation.

La première est de rappeler que si, en privé, chacun peut penser ce qu’il veut, dans l’arène publique, l’usage de la raison demande qu’on invoque des arguments qui sont en droit acceptables pour tous: invoquer sa foi ne peut donc être un argument quand on prétend s’adresser à tout le monde et vouloir convaincre chacun. Le président Romney peut donc sans problème argumenter contre le mariage homosexuel, mais il doit le faire en déployant des arguments que tout le monde peut recevoir et débattre, et jamais en disant: je suis contre cette pratique parce que mon Église la rejette et cela clôt le débat. C’est là une des implications de cet important principe appelé la séparation de l’Église et de l’État, ainsi que de l’idéal de laïcité.

La deuxième grande manière de faire face à cette situation est de se rappeler que la liberté de pensée et de conscience va de pair avec son indissociable compagne: la précieuse liberté d’expression; et que, par elle, toutes les idées, positions, préférences sont discutables et critiquables, même sévèrement – les croyances religieuses ne faisant pas exception.

Romney doit donc, s’il est président, s’attendre non seulement à ce qu’on surveille attentivement ses prises de position pour s’assurer que ses croyances n’y jouent pas un rôle qu’elles ne peuvent aspirer à jouer dans l’espace public, mais aussi, puisqu’il occuperait une (si importante) place dans l’arène publique, à des questions, même gênantes, sur ces mêmes croyances. Par exemple, il n’est pas du tout déplacé de demander à cet homme, qui était adulte en 1978, comment il justifie son appartenance, d’alors et depuis, à une organisation si ouvertement raciste.

Moi, j’aimerais bien savoir s’il porte ou non des sous-vêtements magiques – et pourquoi, le cas échéant…

On me cache tout!

Réagissez aux propos de Normand Baillargeon au voir.ca/chroniques.

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 19

  • 24 octobre 2012 · 13h34 Mikka

    Bonjour,
    J’avoue que votre article est un exemple en terme de caricature ! Félicitations ! Je me suis amusé à le lire, comme quand on écoute des collègues faire des blagues salaces autour de la machine à café et se repaître de cela.

  • 24 octobre 2012 · 16h00 alain a

    Est-ce que les croyants réalisent qu’en adhérant à leur doctrine ils jettent toutes les autres dans les ornières de l’aveuglement (n’ayant qu’eux-seuls de clairvoyants). Comment peut-on en arriver à avoir un esprit si obtus ? Encore pire, comment la population peut faire confiance à un dirigeant qui, par son adhésion au créationnisme, par exemple, témoigne de son absence de sens critique et de logique. J’oubliais… et témoigne de son ignorance.

  • 24 octobre 2012 · 16h40 Claude Perrier

    Que Mitt Romney soit du camp républicain n’avait déjà pas de quoi réjouir…

    Quant au mormonisme, avant votre excellent portrait de cette consternante bêtise, Monsieur Baillargeon, je n’y avais pas tellement songé. Car, pour moi, aucune religion n’a la moindre plausibilité. Certaines sont pires, mais là s’arrêtait mon appréciation.

    Ah mais… à présent, je suis quelques crans plus inquiet (que je l’étais déjà) à l’idée qu’il est possible qu’un individu qui croit à ce que vous avez étalé au grand jour en vienne bientôt à menacer davantage ce qui subsiste encore du «bon sens» mondial…

    Car le «bon sens» est à foutre le camp à grands pans un peu plus à chaque jour, et ce depuis trop longtemps. Il nous faut de toute urgence des chefs d’états éclairés. Et voilà qu’un abruti comme on espère ne pas trop souvent – et de préférence jamais – en rencontrer se pointe.

    Ça fait peur. Très peur.

  • 24 octobre 2012 · 18h57 Marie

    Le Canada est un pays sans religion d’État mais sa constitution stipule qu’il «est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit».

    Bien peu de pays ont inscrit la séparation entre pouvoir religieux et pouvoir d’État dans leur constitution ce qui permet à de nombreux cultes d’obtenir des avantages fiscaux en règle. Cette séparation devrait pourtant être à la base de nos démocraties tout comme la laïcité de nos institutions.

    On pourrait débattre sans fin de la place de la religion, de la notion de spiritualité et de foi et de leur rapport aux dogmes. Une chose reste certaine, on peut difficilement comprendre une société sans comprendre sa ou ses religions tant elles ont influencé l’ensemble de leurs sphères (droits, valeurs, principes moraux,…) et modelé les consciences.

    Même s’il s’agit d’une référence peu littéraire, Herbert s’est beaucoup intéressé à ces notions dans sa série de livres (Dune,….), notamment à la fabrication de cultes religieux par certains groupes de pouvoir dans un but hégémonique.

    Vaste sujet s’il en est un.

  • 24 octobre 2012 · 20h35 Pierre Bellefeuille

    Dans le prolongement de ce que vous écrivez Monsieur Baillargeon, je propose la lecture du livre, « Le monde secret des Bush écrit par le journaliste d’enquête Éric Laurent. On montre comment au cours des années 1970 jusqu’à maintenant, la droite ultra orthodoxe religieuse du sud des États-Unis s’est amalgamée avec la politique et la finance. La popularité des uns et des autres a renforcé réciproquement les pouvoirs de chacun.

    Dans le livre d’Éric Laurent, on explique comment cet amalgame a nourri la montée de l’ultra conservatisme cherchant à réduire l’État à sa plus simple expression, comment on a instrumentalisé le ressentiment anti musulman dans le but de justifier une guerre d’expansionnisme néo coloniale, etc.

    Dans ce contexte, la venue de Romney ne me dit rien de très bon! Il est très dangereux! Avec Bush nous avons eu droit à un « Born Again ». Avec Romney nous aurons droit à un « Always Been », ce sera la réunion des différents courants ultras conservateurs de droite, religieux, politique et économique. Un très dangereux cocktail dans un monde globalisé fortement en ébullition!

  • 25 octobre 2012 · 12h04 Jean-Serge Baribeau

    Il serait possible de discuter, pendant des heures et des heures, de la vieille question de ce phénomène qu’on appelle les religions, ces sempiternelles religions qui servent souvent de placebo «paramédical» pour des croyants absolutistes, désemparés, déboussolés et souvent trop soumis.

    J’ai, pendant au moins dix ans, parlé profusément des sectes et des religions dans un des cours de sociologie que je dispensais, ce qui m’a amené à lire une pléthore de livres portant sur les religions et les sectes. J’ai aussi visionné certains films très révélateurs.

    J’ai été témoin et «sociologue» invité, dans un procédure judiciaire concernant un de mes amis voulant récupérer son fils, accaparé par la mère et par la «secte» des Khrisna. La mère était devenue une adepte de cette religion-secte après s’être séparée de mon ami. Je pourrais écrire des kilomètres de textes et réflexions concernant cette drôle d’expérience. J’ai vécu à cette époque un authentique «thriller» allant de pair avec un réel «suspense». Mais je ne vais quand même pas ennuyer les participants à ce blogue. Je souligne qu’après quelques années parfois pénibles, «nous» avons gagné, ce qui a été une délivrance pour mon ami et pour le pauvre fils, âgé alors de 4 ou 5 ans. Enfin, un HAPPY END!

    Comme Normand et de nombreuses personnes, je suis très sceptique lorsque certains représentants des religions solidement établies et arrogantes se mettent à voir partout de méchantes sectes, sans trop expliquer ce qu’est une secte.

    Comme bien d’autres je pense que la plupart (sinon la totalité) des religions sont SECTAIRES. Étant né en 1943 dans une famille pas très portée sur la religion (merci seigneur ou saigneur ?), j’ai quand même dû vivre dans un univers catholique borné et sectaire.

    Pendant mon cours classique (1955-1963) la folie religieuse faisait la loi. Mais de nombreux prêtres étaient, à leur manière, des dissidents, ce qui rendait l’air plus respirable.

    Je me rappelle avoir, entre autres, été «forcé» d’écrire deux longues dissertations. C’étaient des travaux de «longue haleine» comme on le disait à l’époque.

    La première de ces élucubrations : POURQUOI IL N’Y A PAS DE SALUT POSSIBLE HORS DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE. Peut-on être plus SECTAIRE que ça? Une «présumée» secte pourrait tenir des propos similaires.

    Le deuxième «baratinage» obligatoire : QUELLES SONT LES CINQ PREUVES DE L’EXISTENCE DE DIEU? Cela signifiait que les athées et les agnostiques doivent être considérés comme étant des êtres (ou des non-êtres) suspects et ne méritant pas le respect. Même traitement pour les autres bougres et bougresses qui devaient assumer la mauvaise fortune qui faisait qu’ils n’avaient pas choisi (ou n’étaient pas nés dans) la BONNE RELIGION.

    Il y avait donc alors une majorité de malheureux terrestres qui devraient souffrir ÉTERNELLEMENT en enfer. Pendant ce temps, «nous», nous irons au ciel à moins de n’avoir point suivi la loi divine, loi très cruelle et très exigeante.

    Lorsque j’ai commencé à aller à l’école primaire en 1949, il y avait, dans la classe, une grosse «horloge» très visible qui ne donnait pas l’heure. Il était écrit, dans ce bizarre objet «propagandiste», deux mots : TOUJOURS et JAMAIS. Pendant plusieurs années nous devions voir et revoir cette drôle d’horloge. Et régulièrement on nous faisait savoir que la signification était celle que voici : si nous mourions après avoir commis des péchés mortels, nous irions alors en enfer. Dans ce lieu inquiétant, nous serions condamnés à la souffrance éternelle : nous allions TOUJOURS (éternellement) souffrir dans les flammes de l’enfer et JAMAIS nous n’aurions de répit. Par contre, si nous mourions sans avoir commis un péché ou après être allés nous confesser, nous pourrions «jouir» éternellement en allant au ciel (ou au paradis).

    Il y avait une solution intermédiaire : LE PURGATOIRE. Si nous mourions après avoir «commis» un (ou des) péché dit véniel, nous devrions aller souffrir dans ce drôle de lieu pendant un laps de temps indéterminé. Après le châtiment, ce serait enfin le ciel (le paradis retrouvé).

    J’aimerais ajouter quelques notations supplémentaires sur le phénomène religieux et sectaire. Si ma santé le permet et si je n’ai pas trop ennuyé les éminents lecteurs et participants à ce blogue, j’en dirai un peu plus, en toute modestie.

    JSB, vieux sociologue, un peu grabataire

    • 25 octobre 2012 · 14h16 alain a

      Merci Jean-Serge pour cette tranche de vie fort rafraîchissante, pour nous du moins. Mais qu’en est-il du déclin de la religion catholique au Québec, ne voyons-nous pas apparaître toutes sortes de dogmes plus sournois et vicieux les uns que les autres.
      Le trou béant laissé par la religion n’est-il pas en train de se remplir de fabulations tout aussi hallucinées les unes que les autres?

  • 25 octobre 2012 · 12h08 Jean-Serge Baribeau

    Je souligne comme ça, en passant, que Francis Picabia a déjà écrit:

    ***«Le pape est l’avocat de Dieu. Dommage que son client soit mort»***

    JSB

  • 25 octobre 2012 · 16h44 Bruno Monette

    Des sous-vêtements protecteurs avec symboles…

    Symboles jaune en avant et brun en arrière?

    Si ce type gagne, on est vraiment dans la merde.

  • 25 octobre 2012 · 22h41 Guy Parent

    La terre: une si petite planète parmi les milliards que l’on sait maintenant exister. Un caillou humide où un descendant de salamandre se proclame l’élu du Créateur universel!

  • 25 octobre 2012 · 23h22 Pierre Pinsonnault

    Qunat à moi, M. Baillargeon, j’en suis arrivé à la conclusion que, à tort ou à raison, la religion catholique, en terme de salut pour l’humanité en raison de ses « règles maintenant modernes telles qu’interprétées à ma manière », que la religion catholique, dis-je, a « une plus belle histoire » comme pourrait-on dire d’un film qui finit mieux que tous les autres. Ceci étant dit, pour démontrer que je ne suis plus « croyant », voici ce qu’il me fut donné de voir à la TV il ya bien des années de cela : un documentaire où on voyait pendant plusieurs minutes des sorciers africains avec leurs masques et tout l’apparat y relié dansant lors d’une cérémonie et ce, de toutes sortes manières, la tribu tapant des mains et se lamentant. Puis, hop, on ne voit plus ces africains mais une procession (de la Fête-Dieu peut-être) dans un villager de France. Il y avait des cierges, une foule et un prêtre affublé de ses habits de cérémonie balançant l’encens de tout bord et de tout côté. Ce fut tellement frappant de constater la similarité entre les deux cérémonies que je ne savais plus sur qui ironiser : les africains ou les occidentaux. bref, c’était du théâtre dans les deux cas.Faut croire que pas mal universel. Ce qui évidemment n’arrange rien. Ce qui fait que je n’ai quaiment pas hâte au 6 novembre date des élections américaines. Jer ne suis pas croyant mais prions pour que Romney ne l’emporte pas !

    • 29 octobre 2012 · 09h24 alain a

      Intéressant Pierre

      Dans son livre « Les racines de la conscience » Jung démontre que le rituel de la messe chrétienne trouve ses origines dans des rites tribaux très anciens. C’est, ni plus ni moins (mais en même temps une chose très complexe sur le plan psychique), le sacrifice de notre vie exécuté sur l’autel de dieu pour obtenir son pardon et ses bonnes grâces, comme au temps des sacrifices humains.

      Par son analyse, Jung démontre que l’être humain a, depuis toujours, utilisé des rituels ou fabulations pour libérer ses tensions psychiques liées à l’angoisse de l’existence. Selon lui, la pérennité de la religion chrétienne est moins due au pouvoir de l’Église qu’à l’efficacité du rituel chrétien pour soulager ce type d’angoisse.

      Le problème ce sont les pauvres bougres qui tiennent toute cette fabulation de l’histoire sainte pour vraie. Et curieusement, ça se trouve autant chez des gens très instruits. Comme quoi l’angoisse n’a rien à voir avec l’intelligence. Aujourd’hui, on a le dieu pilule. Tout aussi couteux pour les adeptes, et profitable pour les gardiens du culte.

  • 26 octobre 2012 · 16h18 Jean-Serge Baribeau

    ***ENFIN UNE NOUVELLE « SECTE »***

    Merci à l’éminentissime et profondément vénéré Lucien Bouchard! Grâce à lui et à sa vigilance nous savons maintenant qu’il y a, au Québec, une nouvelle secte qui gangrène et mine (de rien) la société québécoise.

    Le nom de cette inquiétante secte: la secte environnementaliste. On peut même utiliser le pluriel et parler des sectes environnementalistes. Bouchard lui-même est plus pluriel que singulier.

    Sous Duplessis l’entité religieuse qui, selon le «cheuf», gangrenait notre brave société catholique: LES TÉMOINS DE JÉHOVAH.

    Et maintenant avec ce bon Lucien, le problème, ce sont LES SECTES ENVIRONNEMENTALISTES.

    Nous avons fait beaucoup de progrès depuis Duplessis.

    Décidément la religion est partout. Il y a de quoi se convertir au «moronisme»!

    JSB

  • 27 octobre 2012 · 13h07 Jean-Serge Baribeau

    Encore un mot de ma part sur l’intéressant phénomène des religions et des sectes.

    Je pense, risquant de me tromper, qu’il faut utiliser le mot «secte» lorsqu’il s’agit de petits groupes qui, en gros, vivent ensemble et sont contrôlés par le gourou qui met tout en place pour s’assurer d’une surveillance permanente des moutons (ou adeptes). C’est une sorte de mini-société faisant penser à «1984». Personnellement je vois dans cela une sorte de «téléréalité» sans qu’il y ait constamment des caméras. Je déteste les «vraies» téléréalités.

    Selon moi Roch Moïse Thériault a mis en place une secte plus qu’une nouvelle religion. Même remarque pour Charles Manson et ses adeptes bien surveillés, bien manipulés et bien contrôlés.

    Je me permets ici de proposer un texte de Wikipedia, concernant Manson:

    ***«C’est à l’âge de 32 ans qu’il fonde une communauté hippie, dont il devient le leader charismatique, en se présentant comme une réincarnation du Christ. Le groupe, qui finit par s’appeler « la Famille », s’établit dans divers ranchs abandonnés de la Vallée de la mort, une région aride située à la frontière de la Californie et du Nevada. « La Famille » y vit de vols et de trafic de drogue. Les membres du groupe prennent des drogues. De nombreux enfants naîtront au sein de la communauté.

    En associant des extraits de la Bible à des textes de l’album blanc des Beatles, Manson conçoit une étrange prophétie, selon laquelle les Noirs allaient bientôt dominer les Blancs, et se tourneraient vers lui pour diriger leur nouvelle nation. Afin de précipiter la réalisation de cette prophétie, il demande en août 1969 à quelques-uns des membres de sa communauté d’aller commettre des assassinats dans les beaux quartiers de Los Angeles, meurtres dont il voulait ensuite faire accuser les Noirs.»***

    Dans les sectes il y a souvent une recherche de LA FAMILLE, éventuellement perdue et retrouvée.

    Les «communes» du début des années 60 et 70 étaient parfois des sectes. Il y avait le gourou et les «suiveux» qui avaient abdiqué leur liberté et qui vivaient avec l’obligation permanente de suivre les ordres du «boss».

    Une fois, au début des années 70, deux amis et moi-même, nous sommes allés passer quelques jours dans une commune. Nous avions été invités par un ami. Par hasard j’ai rencontré là un autre vieil ami.

    Mais la commune (ou la secte) était contrôlée, supervisée et dirigée par un un petit patron dont je vais taire le nom puisque c’est maintenant un personnage assez connu. Toujours est-il que nous avions apporté avec nous quelques caisses de bière.

    Le gourou nous a dit que l’alcool était interdit dans ce lieu. Nous avons néanmoins bu quelques bières en faisant fi des règles érigées par cet «emmerdeur».

    Nous avons aussi passé une nuit dans cet endroit toxique et peu libertaire. Le lendemain nous avons quitté les lieux après avoir fait bombance et ripaille.

    En somme, je déteste tout ce qui est sectaire et tout lieu un peu trop «orwellien».

    Ainsi vont les dérisoires «sectes» et les organisations «liberticides».

    JSB, en train de devenir un petit vieux «emmerdeur»

  • 28 octobre 2012 · 15h44 Edouard Mercure

    En effet très alarmant, quoique pas très surprenant… À quand la levée du peuple de la terre contre ces têtes dirigeantes déconnectées de leurs corps?

  • 30 octobre 2012 · 13h18 Marc Huber

    Les États-Unis ont été la terre promise de groupes religieux, dès sa colonisation. Cette terre de Mitt Romney est ainsi devenue le plus grand défenseur de la liberté de coloniser l’esprit de gens en semant des croyances, opinions et idées. C’est devenu un art de vendre Dieu et de le représenter sous différent format, d’envahir la planète d’un nombre impressionnant d’œuvres grand public multipliant les allégeances au christianisme, à des interprétations occultes et surnaturelles de la réalité, aux visiteurs de l’espace et aux esprits.

    Il est important de préciser que cette colonisation de l’esprit précède généralement des colonisations économiques et territoriales. C’est normal! Depuis 3000 ans, des royaumes et des empires travaillent main dans la main avec l’autorité religieuse pour coloniser les territoires convertis. C’est seulement au XVIIIe siècle que cette tendance s’essouffle un peu. La mort de Dieu? Pas vraiment. Il quitte l’Europe pour le Nouveau Monde et s’amuse à le souligner par les similitudes architecturales entre la Maison Blanche et le Vatican. La porte est grande ouverte. Sectes et nouvelles religions se multiplient. Elles repensent une nouvelle colonisation de la pensée pour donner naissance à une nouvelle économie. Lorsque Normand Baillargeon traite de racisme chez les mormons, il résume un mal qui gagne beaucoup de sectes depuis plus de 70 ans. À cette époque, les pays colonisateurs poussent sur la quête de biens et de richesses des pays africains, pendant que se découvre une émancipation des Afro-Américains. Les besoins étaient-ils les mêmes pour les colonisateurs de l’économie: inférioriser ces gens pour qu’ils puissent accepter de délaisser une partie de leurs racines afin de profiter à l’exploitation et le pillage de leurs ressources?

    Je ne sais pas. Je constate par contre que les idéologies qui émergent des sectes ne sont que des répliques de ce qui se trame dans notre société. Nous sommes tous, un jour ou l’autre, infériorisés lorsque vient le temps de négocier des ententes à la baisse. Nous sommes fréquemment invités à devenir dociles, pour mieux réaliser des modifications économiques qui exigent toujours plus de nous en promettant richesse et liberté. La cause est la même: une colonisation de notre esprit qui repose sur notre participation au marché mondial et qui exigera, un jour ou l’autre, d’accepter des initiations si nous désirons grimper les échelles du succès.

    Un des prix est de devenir une marchandise de Dieu. J’explique. Il y a quelques années, j’ai été interpellé par un texte qui liait un groupe religieux du New Jersey à un lucratif trafic de reins. Encore, lorsque l’armée étasunienne a posé ses ailes à Port-au-Prince pour venir en aide aux sinistrés du séisme, suivi par des membres de l’église de scientologie et de baptistes qui ont tenté de faire traverser des enfants illégalement aux douanes de la République dominicaine, pour les amener en secret aux États-Unis, j’ai eu l’impression d’une union entre le religieux et l’État. Surpris toujours de découvrir que l’avocat qui les représentait avait prétendument trempé dans une histoire de trafic d’organes.

    Je ne dis pas que le commerce de chair est devenu le dada de sectes, mais que nous sommes devenus une société qui se donne les moyens de coloniser notre esprit afin que nous acceptions ce marché s’il permet au receveur de survivre et au donneur de s’initier aux vertus du capitalisme. En fait, je veux dire que ce comportement n’est pas religieux et encore moins la naïveté qu’affichent les responsables de ces actes répréhensibles. Il traduit simplement une hypocrisie malveillante qui permet d’utiliser Dieu et la foi pour accepter les pires déviances sociales et économiques. Celles qui mènent au sacrifice des plus faibles. Parallèlement, croire que nous pouvons résister à ce mal est une erreur. Entre Joseph Smith et Mitt Romney, nous retrouvons Stephen Harper, un des plus audacieux colonisateurs d’esprit issu du protestantisme. Celui qui parcourt la forêt de la bonne morale en semant, sur son passage, des images de la chef des anglicans, notre chère Elizabeth II, comme un Petit Poucet qui tenterait de retrouver le chemin de Dieu entre les sacrifices humains qu’il laisse derrière lui. À côté de Harper, il y a ceux qui donnent aux charlatans qui usent, comme Joseph Smith, des pierres magiques (métaux précieux) pour traduire la dépossession en création de richesse. Notons qu’avec le Plan Nord mis en chantier par le PLQ de Charest, un nombre croissant de personnes gagne le Grand Nord pour servir des entreprises de spéculations minières. Une partie non négligeable est en contact avec des sectes étasuniennes… Ainsi, pendant qu’on rêve de retirer les symboles religieux des espaces publics, on ne se pose pas cette question: le microprocesseur de mon ordinateur est-il composé de métaux qui ont été puisés par une entreprise qui entretient des liens étroits avec une secte? On ne se demande pas si l’État qui a permis ce pillage, serait aussi une secte. Le silence chez près de 500 personnes devant la demande d’une enquête sur la construction par un membre du PLQ et son départ obligé, suite à son audace, est un comportement sectaire. La tendance de certains à inférioriser publiquement ceux qui ont marché pour la grève étudiante est aussi un comportement sectaire. Sommes-nous des bons initiés au point que nous pourrions élire un Mitt Romney version québécoise?

    Mon impression est que nous marchons confortablement sur la route d’une colonisation de notre esprit qui propose de plus en plus une infériorité nationale et linguistique des Québécois pour mieux nous déposséder. Que nous facilitons la tâche de la grande secte en acceptant le conditionnement!

    • 30 octobre 2012 · 13h42 alain a

      Très bon Marc,

      Notre conscience limitée ne nous permet pas de considérer l’ensemble des influences qui s’exercent sur nous, ni les conséquences que cela engendre. La prise de conscience, c’est un travail de tous les jours qui sera relégué à l’éternité après notre mort. C’est important d’en prendre conscience…
      Pour répondre à votre question, oui, nous sommes prêt. Jean Charest l’était, en tout cas.

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