Bien que ma foi soit rangée sur la tablette du dessus, j’ai toujours un petit pincement au cœur lorsque j’apprends qu’une église sera démolie ou, pire encore, transformée en complexe de condos pour marchands du Temple et autres nantis, trahissant ainsi sa mission initiale. Heureusement, tels les Blues Brothers, des mélomanes répondent à l’appel et multiplient les démarches pour sauver ces lieux saints. Rencontre avec Marilène Bélanger et Maurice Du Berger qui œuvrent au sein du Saint-Jean-Baptiste, complexe culturel abrité par l’église du même nom.

D’entrée de jeu, le religieux est évacué de l’initiative, au dire des principaux intéressés… ou pas, c’est selon. «Si on veut faire un lien entre la musique et l’église, je crois qu’on retrouve une notion de rassemblement dans les deux. La musique, c’est un peu comme la foi, c’est une introspection, c’est un partage avec soi-même et les autres», lance Marilène Bélanger, avocate de profession dans le domaine artistique qui intervient au sein du conseil de fabrique supervisant l’église Saint-Jean-Baptiste à titre de marguillière. «Je n’ai pas accepté ce poste par souci de “bondieuserie” ou par intérêt particulier pour la foi ou la religion», confie-t-elle, tout sourire. «J’ai accepté car je trouvais que c’était important qu’on favorise le développement culturel de l’église.»

Son collègue enchaîne: «Ça aura peut-être l’air niaiseux, mais comme saint Jean-Baptiste est le patron du Québec, ce n’est pas une coïncidence si son église est aussi grande. Elle était prédestinée à accueillir les masses!» Ainsi, selon le musicien détenteur d’une maîtrise en composition de musique contemporaine qui intervient au sein de l’organisation à titre de responsable de la programmation, les concerts présentés complètent les événements religieux ponctuant la raison d’être de ce monument. «En ce qui me concerne, c’est une suite de la vocation de l’église», glisse-t-il en faisant notamment référence aux concerts de Patti Smith et David Byrne qui ont eu lieu dans cette enceinte. «C’est clair que ça peut être un choc pour certains fidèles, mais ça demeure un prolongement de sa mission.»

Ainsi, alors que de plus en plus de nos églises croulent sous les bulldozers – ou les pitchs de vente de vendeurs de pieds carrés – , le conseil de fabrique de l’église Saint-Jean-Baptiste se rebiffe. «On ne se le cachera pas, l’église a un grand besoin d’être entretenue et la salle de spectacle est une source de revenus supplémentaire pour celle-ci», lance Du Berger. Bélanger en rajoute: «Bien que l’évêché participe toujours aux efforts déployés, on encourage les églises à s’autofinancer, d’où l’abondance d’églises transformées en complexes de condos lorsqu’elles n’y arrivent pas. Les églises n’ont plus le choix. Elles doivent diversifier leurs activités afin de financer ces travaux et d’assurer leur survie.» Le filon pop semblant porter ses fruits, le Saint-Jean-Baptiste veut – à l’image du Christ – multiplier ses pains… genre. «Comme l’église est implantée dans le Plateau-Mont-Royal, et que le quartier est un terreau riche en artistes, on aimerait beaucoup que le Saint-Jean-Baptiste s’impose aussi comme un lieu à vocation culturelle», clame Marilène, faisant valoir que le bâtiment de l’église compte des locaux qui pourraient, notamment, servir de bureaux, de studios, de locaux de pratique, de salles de spectacle de tailles variables et de lieux propices à des expositions d’art.

En attendant le concert de Rufus Wainwright, qu’on y présentera le 26 octobre prochain, on peut se renseigner sur le complexe Saint-Jean-Baptiste à lestjeanbaptiste.com.

Jour de paie

Histoire de faire un lien, assez tordu merci, avec le Saint-Esprit, je vous suggère de vous rendre au Centre PHI le 13 octobre prochain afin d’assister à la «projection» des films fantômes du chanteur français Albin de la Simone. Projection-avec-des-guillemets, car l’événement se veut, en fait, un concert où l’artiste et ses musiciens seront accompagnés par les boniments de Sophie Cadieux et Marc Labrèche, ainsi qu’une exposition à laquelle plusieurs artistes locaux (dont Ariane Moffatt et Pierre Lapointe) ont participé.

Aussi, avis aux fans des Beatles: on lançait, le 9 octobre dernier, une version restaurée du Magical Mystery Tour sur DVD et Blu-ray qui, ma foi, est assez jouissive, merci. Voyez-vous, l’édition «de luxe» vient aussi avec un livret revenant sur la création du film ainsi qu’avec des vinyles sur lesquels on retrouve les six pièces lancées avec le film.

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