Vampires: un film où les suceurs de sang n’ont absolument rien de glamour et où leurs chasseurs sont des durs de durs qui se prennent vraiment trop au sérieux. Quand une histoire de morts-vivants tourne au western de série B.

Bien que son équipe et lui aient courageusement exterminé un nid de vampires dans l’après-midi et que l’humeur soit décidément à la fête, Jack Crow (James Wood) demeure songeur… Et il a bien raison! La généreuse récompense du Vatican, l’alcool et les filles n’y changeront rien, ses compagnons et lui n’ont pas réussi à dénicher le maître vampire qui, normalement, ne quitte jamais un nid où il y a des goules. Voilà qui pose problème puisque le maître en question, Valek (Thomas Ian Griffith), a plus de six cents ans; il est, par conséquent, très puissant et arrive à décapiter un homme d’un simple revers de la main. En moins de deux, l’équipe entière est décimée… ou presque. Il ne reste que Jack, son fidèle acolyte Montoya (Daniel Baldwin) ainsi qu’une prostituée (Sheryl Lee) qui a été mordue, mais dont nos amis ont besoin puisqu’un lien télépathique l’unira bientôt à son maître. Un peu plus tard, un jeune prêtre (Tim Guinee), à qui Crow en mettra plein la gueule, vient se greffer à la bande. Quelle étrange idée quand même: un vampire qui se tapit au Nouveau-Mexique, là où le soleil, qu’il est supposé craindre plus que tout, se fait aussi puissant qu’omniprésent. Que peut-il bien chercher là? La réponse est simple, il veut récupérer une croix dont il a besoin pour réaliser un rituel qui lui permettra de vivre aussi bien le jour que la nuit.

James Wood interprète un Crow sans pitié et violent à souhait. Il se prend décidément très au sérieux. Quant à Baldwin, son jeu est on ne peut plus ordinaire. Seul le personnage de Griffith se révèle un peu plus mystérieux et accrocheur. Enfin, Guinee incarne un jeune prêtre fort sympathique. On le serait à moins, avec tous les coups gratuits que lui sert Crow… John Carpenter exploite le côté bestial, sauvage, des vampires, des goules… et des êtres humains. Quelques scènes, vraiment typiques du genre, sont toutefois les bienvenues, par exemple lorsque les maîtres vampires sortent de terre au coucher du soleil. Quant à la violence, elle est partout, autant dans les meurtres de Valek, véritable boucherie, que dans ceux des chasseurs, qui se servent d’une arbalète pour harponner les vampires et les traîner jusqu’à l’extérieur où ils se consument au soleil. La brutalité gratuite fait également partie du quotidien de nos héros tant dans leurs gestes que dans leurs paroles. Enfin, la traduction laisse à désirer. Les «Magne-toi le fion» et compagnie brisent le rythme et font paraître le tout un peu ridicule. L’idée de départ n’est pas mauvaise. Probablement que la même histoire traitée autrement aurait suscité plus d’enthousiasme. Ici, on finit plutôt par s’ennuyer.

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