Cinéma

Scream 3 : Le dernier cri

Quoi qu’on en pense, le premier Scream eut un impact considérable sur le cinéma d’horreur des années quatre-vingt-dix. Quatre ans plus tard, cependant, la recette de Scream 3 n’a plus grand-chose de rafraîchissant; on dirait même la énième copie d’une formule qui, à force d’imitations, a perdu presque toute originalité.

Quoi qu’on en pense, le premier Scream (sorti en 1996) eut un impact considérable sur le cinéma d’horreur des années quatre-vingt-dix. En plus de redorer le blason de son réalisateur, Wes Craven (déjà père des Nightmare on Elm Street), et de faire du scénariste Kevin Williamson la nouvelle vache à lait du genre (avec des films comme I Know What You Did Last Summer), Scream instaura un ton assez nouveau – qui fit vite école – dans le cinéma d’horreur: celui du détachement ironique, de la référence branchée, du détournement des conventions. Bref, l’effet Tarantino, version horreur…
Quatre ans plus tard, cependant, la recette de Scream 3 n’a plus grand-chose de rafraîchissant; on dirait même la énième copie d’une formule qui, à force d’imitations, a perdu presque toute originalité. Les éléments nécessaires sont pourtant tous en place: Wes Craven signe une mise en scène qui vaut bien celle des deux premiers films; tous les acteurs principaux (Neve Campbell, David Arquette, Courtney Cox Arquette) reprennent leurs rôles avec conviction; et le scénariste Ehren Kruger (remplaçant Williamson, trop occupé par d’autres projets) reproduit bien le style de l’original.
On est pourtant rarement surpris par ce troisième volet qui suit nos héros – et le tueur qui les traque – à Los Angeles sur les plateaux de Stab 3 (la version hollywoodienne des faits qu’ils ont vécus dans les deux premiers films). Pourquoi? Tout simplement parce que ce «thriller» honnête et amusant repose sur une recette que l’on connaît maintenant par coeur: on attend patiemment la séquence du meurtre pré-générique (un rituel presque aussi bien établi que les scènes de cascades qui ouvrent les James Bond); les coups de fil et les attaques-«surprises» du meurtrier se suivent avec la régularité d’un métronome; et les fausses fins sont tellement nombreuses (et si abracadabrantes) que la vraie s’avère ironiquement assez terne et décevante.
Tout cela ne dérangera évidemment pas les amateurs de la srie, qui trouveront sans doute leur compte dans ce qui est – les producteurs l’ont juré – le dernier volet de la saga Scream. Les autres, en revanche, s’amuseront peut-être plus en constatant à quel point ce «thriller» divertissant, mais sans imagination, ressemble aux films dont le premier Scream se moquait si habilement…

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