X-Men : Classix
Cinéma

X-Men : Classix

X-Men, de Bryan Singer (The Usual Suspects, Apt Pupil), est l’un de ces rares gros machins hollywoodiens dont on sort repus et ravis, sans qu’on ait l’impression d’avoir été pris pour des gamins d’âge préscolaire.

Oubliez Mission Impossible 2, Gladiator ou The Perfect Storm: voici le blockbuster de l’été 2000, qui vous réconciliera avec le genre. A priori, rien ne distingue cette mégaproduction des Independance Day et autres Star Trek à la chaîne. On y retrouve des personnages issus d’une célèbre bande dessinée, des effets spéciaux à profusion, beaucoup d’aventures et un peu de science-fiction, un budget de 75 millions de dollars et une campagne de publicité en conséquence.

Pourtant, X-Men, de Bryan Singer (The Usual Suspects, Apt Pupil), est l’un de ces rares gros machins hollywoodiens dont on sort repus et ravis, sans qu’on ait l’impression d’avoir été pris pour des gamins d’âge préscolaire. La recette est pourtant simple: on met tout l’argent sur l’écran; on se creuse un peu la tête pour créer des personnages fantaisistes, mais crédibles, et écrire une histoire qui réserve des surprises; on dose à parts égales l’humour, l’action, le second degré et le suspense; et on filme le tout avec un peu d’imagination. On peut même, comme c’est le cas ici, allez chercher quelques acteurs solides qui, visiblement, se sont amusés à jouer des mutants.

Nous sommes dans un futur pas très lointain, alors que la race humaine a évolué jusqu’à produire des mutants, individus apparemment ordinaires, mais dotés de pouvoirs surhumains. Parmi ceux-ci, il y a deux têtes pensantes, autrefois amis, aujourd’hui ennemis: le professeur Xavier (Patrick Stewart), puissant télépathe, directeur d’un établissement s’occupant apparemment de jeunes surdoués, mais qui est, en réalité, une école pour ados mutants, et une base secrète; et Magneto (Ian McKellen), capable de créer des champs magnétiques, et parti en guerre contre le genre humain, petit garçon juif devenu un tyran parce que les nazis ont tué ses parents. Pourquoi pas?…

X-Men, c’est donc le combat entre deux bandes rivales de superhéros, jusqu’à l’affrontement final, lors d’un sommet mondial de politiciens, à New York. Du côté du Mal, se trouvent Mystique (b>Rebecca Romijn-Stamos), susceptible de prendre n’importe quelle forme; Sabretooth (Tyler Mane), grosse bête d’une force surhumaine; et Toad (Ray Park), genre de bum reptilien, doté d’une langue extensible et gluante de caméléon. Du côté du Bien, combattent Storm (Halle Berry), faiseuse d’éclairs et d’orages; Cyclops (James Marsden), beau bonhomme au regard littéralement de feu; et Jean (Famke Janssen), top-modèle qui se prend pour Carrie en déplaçant les objets par sa seule volonté. S’ajoutent Wolverine (Hugh Jackman, entre Nicholson et Eastwood), un mutant rebelle au squelette de métal, qui se régénère lui-même; et Rogue (Anna Paquin), une ado qui prend l’énergie des gens qu’elle touche, et ce, jusqu’à la mort.

Avec huit scénaristes (principalement David Hayter, Christopher McQuarrie et Bryan Singer) et autant de producteurs, X-Men est un pur produit d’Hollywood, mais plus proche du premier Batman que du dernier. Un gros show suffisamment enlevant pour que la métaphore sur la tolérance et la différence ne verse pas dans le moralisme à cinq cennes, et assez dense (références à l’appui, de Frankenstein à The Matrix) pour qu’on ait envie de le revoir. Tout est en place pour la suite: X-Men se termine sur une fin ouverte…

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