Dans 2 Days in Paris, Julie Delpy excelle autant devant que derrière la caméra.
Après avoir été sélectionnée aux Oscars en 2005 pour le scénario de Before Sunset, de Richard Linklater, qu’elle a écrit en collaboration avec ce dernier et Ethan Hawke, Julie Delpy continue de prouver que sa créativité ne se limite pas à ses talents d’actrice. 2 Days in Paris est son deuxième film comme réalisatrice, après un premier essai inédit au Québec. "Looking for Jimmy, précise-t-elle, c’est un film autofinancé qui n’est sorti qu’en France. C’est un très, très petit film. Même pour ce film, j’ai reçu très peu d’argent."
Comme le film de Linklater, celui de Delpy met en scène une Française et un Américain qui déambulent à travers la Ville Lumière et discutent de tout et de rien. Le ton est toutefois plus comique et mordant. "Je n’ai pas essayé de refaire Before Sunset, assure la cinéaste, c’est quelque chose de complètement différent. J’ai réussi à convaincre les producteurs de me donner de l’argent en leur faisant croire que je faisais un autre Before Sunset, mais en fin de compte j’en ai fait un truc beaucoup plus caustique parce que, pour moi, c’est important d’être un peu provocateur. Enfin, en France du moins, il y a quelques personnes qui ont été énervées."
Cet énervement s’explique par l’aspect très critique du film envers les compatriotes de Delpy, qu’elle dépeint comme étant souvent chauvins et râleurs. "Chaque fois que je reviens à Paris, j’ai l’impression de redécouvrir les Parisiens. C’est une découverte assez rude, mais en même temps assez rigolote." Les pires traits associés aux Français sont véhiculés par les chauffeurs des taxis à bord desquels le couple prend place. "Les taxis, c’est un peu prendre une population et en montrer la représentation; alors, il y a un chauffeur de taxi sympa, un dragueur, un raciste, un qui tape sur les femmes, un homophobe… C’est pas que tous les taxis sont comme ça, mais ça m’amusait de les utiliser comme une sorte de ponctuation à travers tout le film."
LE JOUR LE MOINS ROMANTIQUE DE L’HISTOIRE DE PARIS
Marion (Delpy, irrésistible) et Jack (Adam Goldberg, hilarant) sont ensemble depuis deux ans, et leur relation est de plus en plus tendue, particulièrement pendant ce court séjour à Paris, où ils logent chez les parents de Marion. Ces derniers sont interprétés par les propres parents de la réalisatrice, Albert Delpy et Marie Pillet, mais elle s’empresse de dire qu’ils sont beaucoup moins chiants que leurs personnages. "C’est complètement des rôles de composition; mes parents sont adorables!"
Jack se voit aussi confronté à un nombre croissant d’anciens amants de sa copine, qui surgissent apparemment à chaque détour. Jack découvre ainsi qu’elle lui a caché de grands bouts de son passé sexuel, ce qui l’emplit de jalousie. "Les hommes ont tendance à ne pas vouloir trop en savoir sur le passé de leur compagne, estime Delpy, alors que les femmes n’en ont rien à foutre. Je ne pense pas que ça gêne les femmes de penser que leur petit ami a eu des maîtresses auparavant, mais l’homme n’aime pas savoir qui est passé avant lui."
Cette différence dans les attitudes est-elle aussi emblématique du fait que les Américains sont généralement plus coincés sexuellement que les Français? "C’est sûr que les Américains sont plus puritains que les Français. Jamais un de nos présidents n’aurait été maltraité comme Clinton l’a été pour son histoire avec la grosse. Mais c’est une comédie, et j’ai quand même exagéré le côté des Parisiens qui parlent toujours de sexe. Quoique l’autre jour, je parlais à des amis français, et ils m’ont dit: "Mais non, c’est exactement comme ça!" Donc c’est quand même une réalité que les Français parlent beaucoup de cul. Cul, politique et bouffe!" conclut Delpy.
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Chasing Amy, de Kevin Smith
Before Sunset, de Richard Linklater






