The Bank Job, de Roger Donaldson, lève censément le voile sur les circonstances du vol de la Lloyds Bank de Londres en 1971.
Régulièrement, un film insiste pour nous annoncer d’emblée qu’il est "basé sur une histoire vraie". Est-ce une façon de nous faire accepter les éventuels clichés, longueurs et incongruités comme non pas des faiblesses scénaristiques, mais un simple reflet de ce qui s’est réellement passé? Sauf que le cinéphile averti a évidemment appris à se méfier de ces supposés "faits vécus", où l’on retrouve souvent des altérations majeures au déroulement des événements et des personnages inventés de toutes pièces. L’exemple le plus flagrant est certainement Fargo, que les frères Coen avaient sournoisement annoncé comme une histoire vraie avant d’avouer plus tard que c’était une pure fiction!
La situation n’est pas aussi extrême dans le cas de The Bank Job, la Lloyds Bank de Londres ayant véritablement été dévalisée en 1971. La presse avait alors couvert l’incident pendant quelques jours, jusqu’à ce que le gouvernement britannique émette un avis de non-publication. Pourquoi? Le mystère persiste à ce jour, mais dans The Bank Job, les scénaristes Dick Clement et Ian La Frenais prétendent exposer ce qui s’est vraiment passé.
Jason Statham interprète un vendeur de voitures surendetté qui, lorsqu’il apprend que le système d’alarme ne fonctionne plus dans la voûte de la Lloyds Bank où se trouvent les coffrets de sûreté, décide d’assembler une équipe et de creuser un tunnel jusqu’à ladite voûte. Tout se déroule relativement sans heurt, jusqu’à ce que les truands découvrent que leur magot ne contient pas que de l’argent et des bijoux, mais aussi des photos et des documents compromettants dont les propriétaires n’entendent pas à rire…
The Bank Job est banal, prévisible et, pire, sans personnalité. Si on le compare à d’autres films de cambriolage récents, on n’y retrouve ni le bagout d’Ocean’s Eleven, ni la fougue de Sexy Beast, ni l’humour loufoque du remake de The Ladykillers… Que reste-t-il? Des personnages sans intérêt, interprétés de façon blasée (Statham a déjà joué le même rôle d’innombrables fois et semble s’en rendre compte), une réalisation terne de Roger Donaldson (No Way Out, The Recruit), un suspense famélique, un peu de violence et beaucoup de nudité gratuite.
Bref, si l’on peut difficilement évaluer à quel point l’histoire est véridique ou pas, artistiquement, on peut affirmer sans hésitation que The Bank Job est des plus médiocres.
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