Dans The Happening, de M. Night Shyamalan, Mark Wahlberg et Zooey Deschanel tentent d’échapper à une menace invisible.

M. Night Shyamalan a le don d’enrager ses détracteurs. Il faut dire que ça prend du culot pour se comparer aux plus grands, ce que le réalisateur de The Sixth Sense a à nouveau fait récemment en évoquant des classiques tels que The Birds, de Hitchcock, et Invasion of the Body Snatchers, de Siegel, pour décrire le climat de paranoïa constante de son dernier film. D’habitude, Shyamalan livre la marchandise et ses bravades s’avèrent justifiées, mais il faut admettre que The Happening, bien que tout de même plutôt réussi, n’est pas à la hauteur des attentes.

Pourtant, le film démarre de façon captivante. Par un jour comme un autre à Central Park, les marcheurs s’y trouvant sont soudainement frappés par un mal étrange: confusion, paralysie, instinct suicidaire… En l’espace de quelques instants, le sol est couvert de cadavres, et le phénomène s’étend bientôt au reste de New York, puis à travers toute la côte Est américaine.

Comme tous les films catastrophe post-11 septembre, The Happening rappelle les événements de ce jour fatidique, alors que la panique gagne la population et que cette dernière assume immédiatement que les terroristes sont à blâmer. Mais dès le départ, Shyamalan insinue que la cause de cet événement émane en fait de la nature. Et si notre environnement, en réponse aux abus que nous perpétrons contre lui, décidait de se débarrasser de cette nuisance qu’est l’humanité?

D’autre part, comme c’est toujours le cas chez Shyamalan, même si les enjeux sont épiques, le ton est intimiste. La crise est en effet présentée du point de vue d’un professeur de science (Mark Wahlberg, limité) et de son épouse (Zooey Deschanel, attendrissante), avec qui il éprouve des difficultés conjugales, et The Happening est autant l’histoire de leur tentative de reconnecter que celle de la survie du monde. Le film comporte aussi beaucoup de touches humoristiques très amusantes, Shyamalan se prenant bien moins au sérieux que certains le pensent.

Malheureusement, le degré d’intensité promis n’est pas au rendez-vous. On a certes droit à quelques autres scènes horrifiantes après l’ouverture, mais rien se comparant au suspense implacable qu’on retrouvait dans Signs, par exemple. Néanmoins, vaut mieux un Shyamalan mineur que le mieux que peuvent offrir nombre de ses contemporains…

À voir si vous aimez /
War of the Worlds de Steven Spielberg, The Day After Tomorrow de Roland Emmerich

Le péril vert Critique par Voir - . Cote: 3

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