Astérix aux Jeux olympiques, de Thomas Langmann et Frédéric Forestier, aurait sans doute fait dire aux Gaulois que le ciel leur est tombé sur la tête.

Alors qu’Uderzo n’avait pas du tout goûté l’irrésistible délire déjanté d’Alain Chabat (Mission Cléopâtre), il aurait donné sa bénédiction à Thomas Langmann, fils de Claude Berri, producteur des trois Astérix (dont le banal fourre-tout Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi), et Frédéric Forestier, qui a commis des titres tels que The Peacekeeper, Le Boulet et Parrains, pour signer cette interminable et ennuyante adaptation d’Astérix aux Jeux olympiques.

Si les scénaristes s’étaient contentés d’adapter fidèlement la bédé de 1968, le film n’aurait duré que 40 minutes (c’est Forestier qui l’a dit!). Malheureusement, afin d’étirer la sauce, ils ont greffé laborieusement une histoire d’amour, laquelle est défendue par le pauvre Stéphane Rousseau condamné à jouer les jolis coeurs, rôle dont il s’accommode assez mollement. L’histoire dit qu’il aurait bien aimé y mettre du sien, mais Langmann ne souhaitait pas que le personnage ait de l’humour. Mal lui en prit.

Méga-production la plus coûteuse de l’histoire du cinéma français (78 millions d’euros!), Astérix aux Jeux olympiques met en scène le Gaulois Alafolix (Rousseau) qui, pour gagner le coeur d’une princesse (décorative Vanessa Hessler), doit remporter les épreuves sportives d’une olympiade. Or, la belle est convoitée par le vilain Brutus (Benoît Poelvoorde, faites-lui avaler une caisse de Ritalin, de grâce!), fils de César (Alain Delon, qui se moque avec superbe de lui-même, mais dont les répétitifs "Ave moi!" agacent bientôt). Évidemment, Astérix (Clovis Cornillac, plus fringant et sympa que ne l’était Christian Clavier) et Obélix (Gérard Depardieu, comme un poisson dans l’eau) prêteront main-forte à Alafolix. Au rayon people, on croisera Michael Schumacher et Jean Todt lors d’une course de chars, ainsi que Zinedine Zidane, Tony Parker et Amélie Mauresmo lors du banquet final. Aucune de ces apparitions n’améliorera quoi que ce soit à l’ensemble.

On veut nous faire passer la chose pour un divertissement familial, mais l’ensemble manque tellement de rythme (devant tant de longueurs, on en vient à se demander si Langmann n’aurait pas congédié le monteur…), les scènes s’enchaînent si mécaniquement et le suspense se révèle si peu emballant que bien des enfants risquent d’être turbulents et peu attentifs durant la représentation. Quant à leurs parents, de même que les fans de la bédé, ils prieront Toutatis pour qu’Uderzo revienne à la raison. Décidément, le génie, c’était bel et bien Goscinny.

À voir si vous aimez /
Astérix aux Jeux olympiques d’Uderzo et Goscinny, Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi, Les Visiteurs II de Jean-Marie Poiré

Par Toutatis! Critique par Voir - . Cote: 1

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