Penélope Cruz incarne une amoureuse hystérique dans Vicky Cristina Barcelona, suave, sexy et ensoleillée carte postale de Woody Allen, que l'on pourra voir parmi les quelque 200 longs métrages présentés au Festival des Films du Monde de Montréal.

S’il y a une bande-annonce qui a fait parler bon nombre de mâles, c’est bien celle de Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen, présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes. Non pas qu’il y ait des explosions pétaradantes ou de spectaculaires cascades automobiles, mais parce que Penélope Cruz, qui trouve enfin un rôle à la hauteur de son talent dans un film américain, et Scarlett Johansson, celle qui se défend d’être la muse d’Allen après avoir tourné trois films sous sa direction, s’échangent un baiser. Alors, sulfureux ou pas, ce baiser saphique? C’est ce que vous découvrirez au FFM alors que Vicky Cristina Barcelona sera présenté hors compétition…

Dans ce troisième film tourné en Europe, Woody Allen s’attache aux tribulations de deux Américaines en vacances en Espagne, Vicky (Rebecca Hall), qui est sur le point de se marier, et Cristina (Scarlett Johansson), qui rêve d’aventures galantes. Peu après leur arrivée à Barcelone, elles croiseront le plus que sexy peintre Juan Antonio (Javier Bardem), qui n’hésitera pas à les draguer toutes deux… au grand dam de Maria Elena (Penélope Cruz) avec qui il vit une relation plus que houleuse.

CANCANS CANNOIS

Au Festival de Cannes, ce fut la grande déception pour la presse people lorsque, l’après-midi où se tenait la conférence de presse de l’équipe de Vicky Cristina Barcelona, on apprit l’absence de Scarlett Johansson, retenue en tournage – a-t-on voulu nous faire croire -, et de Javier Bardem, pour des raisons familiales. Heureusement pour les photographes, la superbe Penélope Cruz était là aux côtés du vénérable Woody Allen, toujours aussi adoré des Français, et de la charmante actrice anglaise Rebecca Hall; la muse d’Almodovar a même dû retourner sur le plateau seule pour satisfaire l’appétit vorace des caméras.

Si Cruz se passe de présentation, il en va tout autrement pour Rebecca Hall, que l’on a vue dans The Prestige et qui sera l’interprète d’Emily Woonton dans Dorian Gray d’Oliver Parker et d’Emily Brontë dans Brontë de Charles Sturridge: "Je suis Anglaise et l’un des attraits pour moi était d’interpréter une Américaine, expliquait-elle aux journalistes. J’ai eu le rôle parce que le directeur de casting de Woody lui a dit que j’étais O.K., puis Woody a demandé si je pouvais prendre l’accent américain, j’ai affirmé que oui, il a répondu: "O.K., bye"… Deux semaines plus tard, j’ai appris que j’avais eu le rôle. C’était très excitant."

Alors que la jeune actrice anglaise incarne une bien sage Américaine, Penélope Cruz, de nature plutôt réservée, se glisse dans la peau d’une bouillante Espagnole: "Pour mon personnage, il fallait toujours que je sois aux extrêmes; j’ai proposé à Woody des versions plus fines, plus subtiles, mais il a insisté pour que je dépasse mes limites puisque des personnes comme Maria Elena, il en connaît."

De son côté, Javier Bardem défend un personnage de tombeur impénitent, mais au dire du réalisateur, ce n’est pas un mauvais garçon pour autant: "Juan Antonio est un homme fondamentalement bon, ouvert, transparent, c’est un homme qui n’a rien de sinistre. Lorsqu’il se rend compte qu’il éprouve des sentiments pour Vicky, il préfère couper tout lien avec elle puisqu’il ne veut pas ruiner le mariage prochain de celle-ci."

TRIANGLE FATAL

"J’ai beaucoup ri en lisant le scénario, mais plus on avançait dans le tournage, plus j’oubliais pourquoi j’avais ri. En voyant le film, j’ai retrouvé tout l’humour que j’avais découvert à la lecture", lançait Penélope Cruz à la conférence de presse.

C’est vrai que l’on rit beaucoup durant Vicky Cristina Barcelona et pourtant, l’histoire d’amour imaginée par Woody Allen n’est pas nécessairement drôle pour ceux qui la vivent. Ainsi, bien qu’il ne laissera aucune des deux jeunes Américaines indifférentes, le peintre espagnol s’embarquera dans un ménage à trois avec Maria Elena et Cristina.

À propos de ce triangle amoureux, le cinéaste expliquait: "C’est déjà difficile d’avoir une relation avec une personne… alors à deux, ça complique davantage les choses. Dans le film, la chimie est parfaite entre les trois personnages, mais dans la vraie vie, ce serait impossible. Personne ne pourrait survivre à ça. Les personnages de Javier et de Penélope sont plus grands que nature, mais en réalité, c’est géométriquement fatal."

Fait cocasse à remarquer, chaque fois que Bardem, Cruz et Johansson se retrouvent dans la même scène, Woody Allen semble se moquer allègrement de la convention voulant qu’au cinéma américain, tout le monde parle anglais: "Dans ces scènes, Javier demande à mon personnage de parler anglais parce que notre invitée est Américaine. J’aime bien l’idée qu’a eue Woody de nous faire passer d’une langue à l’autre et de nous laisser improviser. Toutefois, je n’ai pas osé improviser en anglais. On ne touche pas à une réplique de Woody Allen!" de conclure Penélope Cruz, qui ne sera sans doute pas au bras de Serge Losique lors de la présentation du film au FFM, comme elle l’avait fait en 2004 pour Non ti muovere de Sergio Castellito.

En salle le 19 septembre

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LE FESTIVAL DES FILMS DU MONDE DE MONTRÉAL

La 32e édition du FFM propose aux cinéphiles pas moins de 234 longs métrages, dont 105 en première mondiale et internationale, 13 moyens métrages et 208 courts métrages, une leçon de cinéma du réalisateur Brian De Palma (Carrie, Scarface, The Untouchables, etc.), des hommages au producteur Alan Ladd Jr. (Star Wars, Alien, Blade Runner, etc.) et à Tony Curtis (Some Like It Hot, The Sweet Smell of Success, The Defiant Ones), un volet consacré au cinéma bavarois ainsi que des comédies musicales russes de l’époque soviétique.

Les festivités s’ouvriront avec Faubourg 36 de Christophe Barratier (Les Choristes) où Gérard Jugnot, Clovis Cornillac et Kad Merad campent trois chômeurs du spectacle qui, lors de l’élection printanière du Front populaire, occupent un music-hall afin d’y monter un spectacle.

Parmi les 20 films de la Compétition figurent deux longs métrages québécois. Coécrit par Bernard Émond (La Neuvaine), Ce qu’il faut pour vivre de Benoît Pilon (Roger Toupin, épicier variétés), où un chasseur inuit atteint de tuberculose (Natar Ungalaaq, vu dans Atanarjuat) vit difficilement la séparation d’avec sa communauté jusqu’à ce qu’une infirmière (Évelyne Gélinas) lui vienne en aide. Pour sa part, En plein coeur de Stéphane Géhami met en scène deux voleurs de jeeps, un homme (Pierre Rivard) et un adolescent (Keven Noël), à la recherche de l’amour. Avec Julie Deslauriers et Bénédicte Décary.

Figurent dans la section Hors concours deux films de réalisateurs allemands bien en vue, Le Miracle de Berlin de Roland Suso Richter (Der Tunnel), un téléfilm se penchant sur le sort d’un gardien de sécurité en Allemagne de l’Est en 1988, et Cherry Blossom – Hanami de Dorris Dörrie (Nackt), une comédie dramatique où une femme dont le mari est atteint d’une maladie incurable l’emmènera en voyage.

Toujours dans Hors concours, les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu proposent l’insolite Le Voyage aux PyrénéesJean-Pierre Darroussin et Sabine Azéma incarnent un couple qui vivra d’étranges aventures après avoir été frappé par la foudre. Dans Mes stars et moi de Laetitia Colombani, Kad Merad interprète un fan fini de stars. Avec Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart et Rufus.

Deux documentaires à ne pas manquer figurent également dans cette catégorie, soit celui du réalisateur de Chat noir, chat blanc, Maradona by Kusturica, et Roman Polanski: Wanted and Desired de Marina Zenovich.

Parmi les Documentaires du monde, pas moins de 14 longs et moyens métrages proviennent du Canada, tel La Folle de Dieu de Jean-Daniel Lafond qui s’intéresse au destin de Marie de l’Incarnation. Avec Marie Tifo. Aussi, deux documentaires sur le cinéma québécois piqueront sûrement la curiosité des cinéphiles, soit Le Cinéma – L’Ivresse des débuts et Le Cinéma – La Politique de Georges Privet, Jean Roy et Yvonne Dufour.

Film québécois très attendu, Le Banquet de Sébastien Rose (La Vie avec mon père) fera l’objet d’une séance spéciale. Écrit en collaboration avec Hubert-Yves Rose (La Ligne de chaleur), Le Banquet traite de la transmission des valeurs. Avec Alexis Martin, Raymond Bouchard, Benoît McGinnis, Catherine de Léan et Frédéric Pierre. Plus de détails la semaine prochaine…

Du 21 août au 1er septembre
www.ffm-montreal.org

Sous le soleil exactement Critique par Voir - . Cote: 3

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