Grande Ourse – La Clé des possibles, de Patrice Sauvé, met en scène Gastonne, Biron et Lapointe dans une nouvelle aventure de Frédéric Ouellet.

Que ceux qui n’ont jamais vu un épisode de la télésérie-culte se rassurent: Grande Ourse – La Clé des possibles n’est pas une suite proprement dite, mais plutôt une intrigue indépendante s’adressant à la fois aux fans et aux néophytes.

Plus qu’heureuse à l’idée de reprendre son personnage, à l’instar de ses partenaires, Fanny Mallette explique: "Ce qui diffère de la série, c’est que nous exploitons l’aspect amoureux. Par exemple, dans les deux mondes, Gastonne et Biron parlent de leur couple. Il n’y avait pas ce côté touchant-là dans la série, où c’était plus effrayant qu’attendrissant."

Le scénariste Frédéric Ouellet renchérit: "En fait, il s’agit de trois histoires d’amour: celle de Gastonne (Mallette) et Biron (Normand Daneau), qui ont la révélation d’un amour qu’ils croyaient en train de s’éteindre; l’amour naissant entre Lapointe (Marc Messier) et Evelyne (Maude Guérin); et celui, plus tragique, du couple Foucault (Frédéric Gilles et Gabrielle Lazure). On entre beaucoup plus dans l’émotion parce qu’on les suit d’un bout à l’autre… sans pause publicitaire et sans que cela ne soit dilué en 10 épisodes."

"Je trouve que le passage au cinéma se passe bien, avance Daneau, car il "upgrade" le niveau de Grande Ourse. Patrice (Sauvé) et Frédéric ont compris que le fantastique est un tremplin poétique et non l’occasion de présenter tous les gadgets de l’année. Le fantastique, ce n’est pas ce que l’on voit à la télé américaine, c’est avant tout de la poésie."

JAMAIS SANS BIRON

À la suite de la disparition de Biron, Lapointe, poursuivi par une étrange sorcière et un jeune garçon (Monique Mercure et Vassili Schneider), promet à Gastonne de le retrouver. À cette fin, il devra se rendre dans un monde parallèle où se trouve une clé permettant d’accéder à d’autres univers possibles, ainsi que le lui ont expliqué un professeur et sa femme. Une belle libraire prêtera alors main-forte à Lapointe.

Fan de cinéma américain à grand déploiement, Patrice Sauvé ne se voit pas du tout comme un cinéaste du réel: "Depuis toujours, je me demande pourquoi on ne fait pas plus de cinéma fantastique au Québec. C’est en voyant Au clair de la lune d’André Forcier que je me suis dit: "O.K.! On peut être fous! On peut parler de choses touchantes et humaines dans un univers fantastique, magique.""

Ayant tourné deux fois sous la direction de ce dernier (Une histoire inventée, Le Vent du Wyoming), Marc Messier approuve: "Forcier écrit des scénarios irrésistibles pour les acteurs. Ce sont toujours des personnages très poétiques qui ont beaucoup d’envergure, et moi, j’adore ça! D’ailleurs, on retrouve cela dans Grande Ourse, où l’on n’est pas limité au monde réel. Ce que j’aime aussi, c’est l’aspect poétique, inspiré, et en plus, j’ai l’impression de jouer un gars de mon âge qui a des problèmes existentiels."

S’intéressant depuis toujours aux contes et légendes, Ouellet s’est cependant tourné du côté de la science pour pondre le récit de La Clé des possibles: "Ce concept, je l’ai eu en lisant sur la théorie de la relativité. Dans le phénomène de l’indéterminisme en physique quantique, lorsqu’on est incapable d’expliquer certaines choses, on suppose alors l’existence d’univers parallèles."

Revenant sur notre tradition littéraire fantastique, Sauvé, qui avoue également s’être inspiré du technicolor Juliette des esprits de Fellini pour illustrer le second monde, poursuit: "C’est vrai qu’on a la chasse-galerie, le bonhomme Sept-Heures, ou encore Les Enfants du sabbat d’Anne Hébert, mais au fond, on n’a pas su exprimer nos peurs comme les Anglo-Saxons avec des gnomes, des fantômes, etc. Au cinéma comme à la télé, on s’est regardé vivre. Avec Grande Ourse, on va jouer dans notre inconscient."

Et parions que si la réponse du public est favorable, Sauvé et Ouellet iront de nouveau s’y amuser: "Nous avons déjà des idées. D’ailleurs, j’aime tellement ces personnages que je leur écrirais des romans!" conclut le scénariste.

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GRANDE OURSE - LA CLÉ DES POSSIBLES

Dépouillée d’intrigues secondaires complexes et d’une pléthore de personnages inquiétants, la mouture cinématographique de Grande Ourse se laisse regarder sans trop se casser la tête. Qui plus est, au plaisir de renouer avec l’inénarrable trio formé de Gastonne, Biron et Lapointe s’ajoute l’impression que Frédéric Ouellet leur a donné plus d’étoffe. C’est notamment le cas de Lapointe, dont la figure d’amoureux tragique paraît plus humaine. Fortement secondé par la photo de Ronald Plante (Marc Messier n’aura jamais été aussi beau!) et la direction artistique de Jean Babin, Patrice Sauvé propulse ses personnages dans un insolite monde parallèle dont les couleurs éclatantes évoquent le cinéma asiatique fantastique. Pas de doute, le réalisateur de Cheech, qui profite pleinement d’une plus grande cour de récréation, "joue" à Grande Ourse avec un plaisir palpable.

Mondes parallèles Critique par - 2009-03-26
Cote: 3

Grande Ourse: La clé des possibles

Réalisateur : Patrice Sauvé

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