Hunger

Réalisateur
Steve McQueen (1)

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Hunger, du peintre et vidéaste Steve McQueen, relate la grève de la faim des détenus d’une prison d’Irlande du Nord en 1981.

Quiconque s’attendant à voir In the Name of the Father ou tout autre film portant sur les prisonniers politiques de l’IRA risque d’être déçu. Steve McQueen explore plutôt, à l’aide de traumatisants détails, ce qu’était la vie des détenus de la prison de Maze durant Les Troubles. Plus encore, Hunger témoigne des circonstances entourant la mort du gréviste de la faim Bobby Sands (Michael Fassbender).

Cependant, au dire de McQueen, Hunger ne tourne pas réellement, ni totalement, autour de cet activiste: "Le film ne se concentre pas sur lui, ou du moins pas seulement sur lui, bien qu’il se termine avec lui", racontait McQueen, l’an dernier, au Festival du Film de Toronto.

"Je voulais traiter Stuart (ndlr: Graham, qui tient le rôle du surveillant Raymond Lohan) avec la même dignité et la même humanité que le personnage de Bobby Sands. La plupart le dépeindraient comme un horrible gardien de prison. Or, comme c’est souvent le cas, il y a des bons et des mauvais gars, dans 90 % des films, du moins."

Des scènes où les prisonniers irlandais refusent de porter l’uniforme et barbouillent les murs de leurs excréments jusqu’à l’agonie de Sands, l’expérience pour le spectateur se révèle plutôt indescriptible.

"Je veux que le film fonctionne visuellement aussi; pour moi, il ne s’agit pas que du regard, mais de sensations. Le premier doit faire en sorte que les secondes puissent emmener le public plus près de ce qui se passe à l’écran."

Selon McQueen, il existe une proche parenté entre son travail d’artiste et son désir de demeurer cinéaste: "En fait, plus de gens verront une oeuvre d’art à la Tate Modern que d’autres iront voir ce film. Ce dont je me rends compte, c’est que le public comprend le film. Cela me permet d’être optimiste envers les spectateurs. Habituellement, je ne le suis pas particulièrement."

Le lauréat de la Caméra d’or à Cannes conclut: "C’est merveilleux quand les gens peuvent s’immerger dans une telle expérience; il y a une vraie beauté là-dedans. Il y a une communauté, une communion; c’est puissant que de pouvoir partager cela. Ce que j’essaie de faire, c’est de présenter l’écran comme un miroir afin que l’on se voie soi-même lorsqu’on s’assoit pour regarder mon film."

À voir si vous aimez /
In the Name of the Father de Jim Sheridan, Omagh de Pete Travis, Bénie sois-tu, prison de Nicolae Margineanu

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HUNGER

Hunger, de Steve McQueen, a beau puiser à la source d’événements historiques, il n’est pas à proprement parler un film historique. Plutôt une expérience organique dont on sortira ému, ébranlé, voire écoeuré. De fait, à l’exception de quelques cartons et des propos de la Dame de fer diffusés à la radio, on n’apprendra pas grand-chose sur Les Troubles nord-irlandais. Toutefois, force est d’admettre qu’on en saura plus qu’assez, si ce n’est trop, sur les conditions de vie des prisonniers politiques durant leur "Blanket and No-Wash Protest". Dur et austère, Hunger est un film de peu de mots, à l’exception de ce mémorable plan-séquence de 22 minutes où Bobby Sands (Michael Fassbender, fervent) s’entretient avec le père Dominic Morgan (Liam Cunningham, solide), dont toute la puissance se traduit par d’éloquents tableaux soigneusement étudiés.

Temps durs Critique par - 2009-04-16
Cote: 3.5

Hunger

Réalisateur : Steve McQueen (1)

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