Dans (500) Days of Summer, de Marc Webb, l'eau de rose a un parfum de soufre.
Serons-nous bientôt forcés d’admettre qu’il s’agit d’une certaine tendance des productions indépendantes américaines que de nous livrer, à raison d’un petit bijou par année, un film de genre d’exception possédant le pouvoir magique de réconcilier les cercles publics et critiques? Little Miss Sunshine semble effectivement avoir lancé la mode, en 2006, entraînant dans sa foulée Juno, qui a suivi en 2007, et dans une moindre mesure, peut-être, Forgetting Sarah Marshall, en 2008… Et 2009 alors? Eh, bien, 2009… 2009 sera l’année de (500) Days of Summer… C’est tout!
Tom (Joseph Gordon-Levitt) est rédacteur de cartes de voeux. Il pourrait être architecte – peut-être plus tard, ou une autre fois. Tom, même s’il est cynique à ses heures, est un rêveur. Qui croit en l’amour. L’amour, le vrai. Summer (Zooey Deschanel) vient tout juste d’emménager à New York. Elle est la nouvelle secrétaire du patron de Tom. Sans surprise, Tom craque pour la belle. Heureusement, Summer aime bien la compagnie de Tom. Mais Summer ne croit pas en l’amour. Et zut.
Ce premier long métrage du cinéaste américain Marc Webb a vraiment tout pour charmer. Zooey Deschanel, qu’on avait vue l’année dernière dans Yes Man et The Happening, est parfaite dans la peau de son personnage de jolie jeune fille excentrique à l’attitude postmoderne. Idem pour Joseph Gordon-Levitt, qui offre une nouvelle preuve de ce talent immense qui l’habite et qu’il avait véritablement exposé à nos yeux pour la première fois en 2004, dans le mémorable Mysterious Skin, de Gregg Araki. À n’en point douter, Gordon-Levitt est mûr pour ce grand rôle qui le dévoilera justement aux yeux du public.
De véritables trouvailles cinématographiques parsèment également le film, et l’on bénit le jugement du réalisateur Marc Webb qui se contente ici d’user de ces artifices pour le bien du récit, plutôt que pour le brouhaha artificiel d’usage. Cela semble aller de soi, mais pourtant… Autre mention d’honneur, cette fois aux scénaristes Scott Neustadter et Michael H. Weber, qui sont arrivés à construire un univers joliment atypique, situé à mille lieux de ce qui se fait dans le genre, à Hollywood et ailleurs. Les jeux qu’ils se permettent en ce qui concerne la temporalité charment, amusent et rythment à la perfection ce récit sur l’amour… qui n’est pas un film d’amour!
À voir si vous aimez /
Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris, Juno de Jason Reitman, Forgetting Sarah Marshall de Nicholas Stoller






