Julie & Julia, de Nora Ephron, met en vedette Amy Adams et Meryl Streep en femmes sauvées par la bonne bouffe.
Si le scénario de Julie & Julia s’inspire de deux histoires vraies, il est bien davantage un conte de fées des temps modernes, et la réalisatrice-scénariste Nora Ephron (You’ve Got Mail, Bewitched ou When Harry Met Sally…) est passée maître en la matière! Préparez-vous donc à être enchantés et surtout affamés en sortant de la projection!
En effet, comment résister à cette sole meunière toute dorée grésillante dans sa poêle en cuivre, puis dégustée avec passion par Julia Child (Meryl Streep)? À cette sauce hollandaise soyeuse concoctée avec amour et beaucoup de beurre par Julie Powell (Amy Adams)? Et, surtout, à ce "bouffe" bourguignon au nom si délicieusement déformé par nos Américaines qu’il en paraît encore plus exquis!
Vous l’aurez compris, la bonne fée ici, c’est la cuisine française classique, celle qu’on apprend dans les écoles d’hôtellerie et que Julia Child passa une grande partie de sa vie à enseigner à des millions de cuisinières américaines, qui consultent encore aujourd’hui son plus célèbre ouvrage, Mastering the Art of French Cooking.
Deux livres sont à l’origine du scénario: d’abord My Life in France, les mémoires de Julia Child, écrits en collaboration avec son neveu Alex Prud’homme, puis le roman Julie & Julia de Julie Powell, lequel raconte comment elle sauva sa vie de l’ennui grâce à son blog culinaire.
Le film virevolte donc d’un destin de femme à l’autre, passant du Paris de la fin des années 50 au New York de l’après 11 septembre 2001. Chacune de nos héroïnes sera sauvée par la bouffe, malgré les valeurs de la bonne société républicaine maccarthyste qui condamne la première au destin ennuyeux de femme au foyer, et le spectre de la dépression de la trentaine qui paralyse la seconde.
Dans le rôle de Julie Powell, Amy Adams s’avère charmante et drôle, mais c’est surtout pour Meryl Streep qu’il faut aller voir ce film. Streep est loin de se moquer de son modèle tant de fois parodié pour sa voix haut perchée, ses tonitruants "Bon Appétit!", son physique disgracieux et imposant et sa maladresse un brin brutale. De fait, l’actrice livre une interprétation subtile et sensible de cette femme rebelle et déterminée, pleine d’humour, extrêmement intelligente, qui a pu révéler son talent grâce au soutien et à l’admiration de son mari (Stanley Tucci, impeccable).
À voir si vous aimez /
The Devil Wears Prada de David Frankel, Le Festin de Babette de Gabriel Axel, Food Channel




