The Road, de John Hillcoat, est l’adaptation du roman éponyme de Cormac McCarthy, prix Pulitzer en 2007.

Voici qu’arrive enfin, avec une année de retard sur nos écrans,The Road de John Hillcoat (The Proposition), d’après l’excellent roman de Cormac McCarthy (No Country for Old Men). Si le roman s’est mérité bien des éloges en plus de s’écouler à deux millions d’exemplaires, son adaptation cinématographique ne risque pas de crouler sous une pluie d’Oscars, pas plus que de pulvériser des records d’entrées, et ce, malgré ses qualités indéniables (Nick Cave signe la trame sonore et Javier Aguirresarobe est derrière la caméra).

Partant d’un thème ayant obsédé l’homme depuis des millénaires, l’apocalypse, The Road s’écarte tout à fait des films catastrophe à la Michael Bay et autres Roland Emmerich. Exit, donc, les explosions et cataclysmes spectaculaires. Chez Hillcoat, c’est l’approche contemplative qui est privilégiée.

Fidèle à l’esprit du roman de McCarthy, The Road propose une série de tableaux oppressants où, 10 ans après la fin du monde, un homme (Viggo Mortensen, intense), hanté par le souvenir de sa femme (Charlize Theron), et son jeune fils (Kodi Smith-McPhee, bien dirigé) poussent leur caddie rempli de maigres provisions en direction du Sud. Sur la route, peu d’âmes, à l’exception d’un vieillard sans défense (Robert Duvall), d’êtres sans pitié devenus cannibales et d’autres, demeurés bienveillants (Guy Pearce et Molly Parker).

Tout au long de leur long et cruel périple, où l’homme tente de faire croire à son fils que les hommes se divisent en deux camps, les bons et les méchants, le fils apprendra à la dure que la nature humaine est autrement plus complexe. Et c’est sans doute dans ces échanges, où le gamin défie son père, plus que dans l’action de ce récit linéaire, ponctué de quelques sombres et déchirants flash-back, que réside le plus grand intérêt du film où planent tristesse et détresse.

Grisaille, désolation, cendres balayant d’impressionnants paysages funestes, voilà en vrac l’essence du film de Hillcoat d’où l’on sort totalement démoralisé, voire anéanti. Certes, l’esthétique post-nucléaire on ne peut plus soignée que propose le réalisateur n’est pas sans attrait, mais le propos, quoique teinté d’un vague espoir, a de quoi nous donner l’envie de fuir ce monde cruel. Qui aura vraiment envie de faire ce voyage en cette époque d’incertitude?

À voir si vous aimez /
Children of Men d’Alfonso Cuarón, La Jetée de Chris Marker, Blindness de Fernando Meirelles

Les derniers humains Critique par Voir - . Cote: 3.5

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