Lucidité passagère

Réalisateur
Fabrice Barrilliet, Nicolas Bolduc, Julien Knafo, Marie Hélène Panisset

Bande annonce

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Dans Lucidité passagère, film collectif de Fabrice Barrilliet, Nicolas Bolduc, Julien Knafo et Marie Hélène Panisset, les destins de divers individus en crise existentielle s’entrecroisent.

Comme Jules dans Pulp Fiction, chacun de nous fait un jour l’expérience de ce que les alcooliques anonymes appellent un moment de lucidité, un instant furtif lors duquel on voit soudainement les choses clairement, ce qui force généralement une remise en question.

C’est ce qui arrivera à la sculptrice complexée Véronique (Hélène Florent), au travailleur de bureau las de tout Rémi (Daniel Parent) au grand dam de sa compagne (Maxim Roy), au photographe volage amoureux Fred (Erik Duhamel) et à l’infirmier rongé par la culpabilité Mathieu (Mario Saint-Amand) dans Lucidité passagère, premier long métrage de Fabrice Barrilliet, Nicolas Bolduc, Julien Knafo et Marie Hélène Panisset.

Un film collectif, donc, mais que les réalisateurs cherchaient avant tout à rendre homogène et organique. "On voulait vraiment que nos forces, à chacun, soient magnifiées par la présence des autres, et non pas se retrouver en opposition", précise Panisset, qui estime par ailleurs que le fait que chacune des quatre trames narratives de ce film choral ait été confiée à un cinéaste différent a permis d’éviter que l’ensemble soit débalancé.

En tant que directeur photo de Lucidité passagère, Bolduc s’est assuré d’en maintenir la cohésion visuelle pendant tout le tournage: "J’étais un peu le gardien de fort de l’esthétique du film. J’étais là pour m’assurer que ce soit comme on le voulait: un seul film, et non pas quatre films avec quatre styles."

Les membres du quatuor, qui collaborent dans différents projets (courts métrages, pubs, vidéoclips) depuis 1998, n’ont pas eu trop de difficulté à se mettre d’accord sur la facture qu’aurait le film. "Même si on n’aime pas nécessairement tous les mêmes films, on porte quand même un regard sur le cinéma qui est similaire. On n’avait certainement pas envie de filmer la pièce de théâtre", souligne Knafo, faisant référence au fait que Lucidité passagère est une adaptation de la pièce de Martin Thibaudeau du même nom, dont il avait composé la musique (Knafo signe aussi celle du film).

Afin d’être certains que Lucidité passagère serait cinématographique et non pas théâtral, les réalisateurs tenaient à tourner dans une foule de lieux, souvent en extérieur, se rendant même jusqu’à New York pour filmer quelques séquences. Et tout ça avec un budget relativement modeste de 1,25 M $. "Il faut choisir ses batailles et mettre l’argent où ça en vaut la peine", explique Barrilliet, qui a agi à titre de producteur avec Panisset.

Après Lucidité passagère, les quatre réalisateurs pourraient-ils faire équipe à nouveau pour un autre long métrage? "Je crois qu’on a atteint le paroxysme de la collaboration cinématographique. C’est une expérience qui a été hyper-enrichissante, très l’fun, mais en même temps parfois douloureuse. Je pense qu’aujourd’hui, on a le goût de faire chacun nos trucs, mais la collaboration sera probablement toujours quelque chose d’inhérent entre nous quatre", conclut Barrilliet.

À voir si vous aimez /
La Vie, la vie de Stéphane Bourguignon et Patrice Sauvé, Sidewalks of New York d’Edward Burns, Closer de Mike Nichols

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LUCIDITÉ PASSAGÈRE

En signant ce premier long métrage, Fabrice Barilliet, Nicolas Bolduc, Marie Hélène Panisset et Julien Knafo ne souhaitaient pas que l’on devine qui se cachait derrière chaque récit. Pari tenu. De fait, ce qui étonne d’abord dans Lucidité passagère, c’est l’unité d’ensemble, l’harmonie de la facture visuelle et la fluidité du rythme. Si au théâtre le morcellement du texte de Martin Thibaudeau donnait lieu à de laborieux et trop nombreux changements de décors, au grand écran, cela a pour résultat d’offrir à l’ensemble un souffle urbain, la fébrilité de l’instant présent. Bien que certains des drames existentiels vécus par les protagonistes se révèlent plutôt futiles ou exagérés, force est d’admettre que les dialogues s’avèrent plus que souvent d’une étonnante justesse. Au coeur d’une distribution d’un naturel désarmant, Mario Saint-Amand, en homme rongé par la culpabilité, et Maxim Roy, en épouse dépassée par les ambitions artistiques de son mari, s’élèvent gracieusement au-dessus de la mêlée.

4 X 4 Critique par - 2010-03-25
Cote: 3

Lucidité passagère

Réalisateur : Fabrice Barrilliet, Nicolas Bolduc, Julien Knafo, Marie Hélène Panisset

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