Le chat est sorti du sac: I’m Still Here – The Lost Year of Joaquin Phoenix, de Casey Affleck, avec Joaquin Phoenix, est bel et bien un canular.

Parmi les films dont on a le plus parlé dans les premiers jours du Festival international du film de Toronto, on retrouve sans contredit I’m Still Here, de Casey Affleck, documentaire sur Joaquin Phoenix qui aurait quitté le métier d’acteur pour devenir chanteur de hip-hop – à voir la tête du pauvre Sean Combs en entendant les efforts de l’acteur, on comprend que celui-ci n’y aurait pas fait long feu. Une question était sur toutes les lèvres: canular ou non?

Avant d’avoir la réponse de la bouche même du réalisateur, l’auteure de ces lignes était on ne peut plus sceptique devant cet exercice complaisant. De fait, malgré la détresse exprimée par Phoenix de façon déchirante, l’ensemble, tourné et monté à la va comme je te pousse, prend bientôt l’allure d’un documenteur ou mockumentaire habilement orchestré par Joaquin Phoenix et ses potes avec la complicité du milieu artistique américain.

Si Joaquin Phoenix avait été aussi désespéré qu’il semble l’être dans ce film, croyez-vous vraiment que son beau-frère Casey l’aurait laissé se ridiculiser, s’humilier et se faire littéralement déféquer dessus pour en tirer un documentaire montrant un acteur de talent au bord du précipice? Croyez-vous que Ben Stiller et compagnie s’en seraient moqués aussi ouvertement s’il avait souffert d’une dépression? En revoyant Phoenix accorder une pénible entrevue à David Letterman pour la promotion de Two Lovers de James Gray, il est clair que l’animateur était bien plus complice que victime.

Alors qu’on s’attendait à une charge virulente et caustique contre l’establishment, le star-système, Hollywood, etc., I’m Still Here se révèle une grosse farce tournée entre amis. L’entreprise, pour le moins audacieuse, sera-t-elle le suicide artistique ou le retour raté d’un acteur de talent ayant perdu un an de sa vie comme le suggère le sous-titre?

Au bout du compte, I’m Still Here, qui présente quelques moments plutôt drôles, évoque l’humour d’Andy Kaufman, qui se plaisait à créer le malaise, avec un soupçon de Sacha Baron Cohen (mieux connu sous le nom de Borat) pour le côté volontairement provocateur. Joaquin Phoenix, qui ne sort jamais de son personnage en chute libre, pas même sur les tapis rouges, serait-il le plus grand method actor de tous les temps? Une chose est sûre, une nomination aux Oscars serait tout à fait justifiée.

À voir si vous aimez /
L’humour d’Andy Kaufman et de Sacha Baron Cohen, This Is Spinal Tap de Rob Reiner

En chute libre Critique par - 2010-09-23
Cote: 2

I'm Still Here

Réalisateur : Casey Affleck

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