Dans Wall Street – Money Never Sleeps, d’Oliver Stone, Michael Douglas reprend avec panache le rôle qu’il a créé il y a 23 ans, celui de Gordon Gekko.

Lors de sa sortie en 1987, Wall Street aurait incité bon nombre de jeunes gens à devenir courtiers. Quelque 23 ans plus tard, en voyant le flamboyant Gordon Gekko (Michael Douglas) sortir de prison dans Money Never Sleeps, il y a fort à parier que plusieurs y penseraient à deux fois avant de fouler le plancher de la Bourse.

"Depuis le temps, beaucoup de choses ont changé, expliquait Oliver Stone lors d’une conférence de presse au Festival de Cannes. Gordon sort de prison, il est perdu, sans argent et personne ne l’attend. Je crois que ce n’était pas une mauvaise approche que de présenter ce personnage à son plus bas. Je ne voulais surtout pas répéter ce que j’avais fait dans le premier."

"En 1987, je croyais que le capitalisme allait s’améliorer, se souvient Douglas. Cela n’a pas été le cas, bien au contraire, il a empiré. Comme bon nombre de gens, j’ai l’esprit embrouillé et je ne saurais dire si je suis pour ou contre le capitalisme. Toutefois, je souhaite qu’on applique de sérieuses réformes."

L’acteur poursuit: "En 1973, le salaire des travailleurs américains a été gelé, mais les bénéfices ont augmenté. On retrouve cela dans les salaires des présidents d’entreprises. Qui gagne de l’argent aujourd’hui? Les présidents d’entreprises et les professionnels de la finance. Les travailleurs n’en gagnent pas et je pense qu’il faut corriger cela."

Rejeté par sa fille Minnie (Carey Mulligan), qui lui reproche la mort de son frère par surdose, Gordon Gekko, qui n’a rien perdu de sa superbe, s’imposera dans l’entourage de celle-ci par l’entremise de son fiancé (Shia LaBeouf), courtier ambitieux: "Les personnages de Carey et de Shia incarnent la morale dans ce film; ils seront toutefois soumis à de nombreuses épreuves au cours du récit", explique le cinéaste.

Moral ou non, Jake Moore (LaBeouf) a les dents longues, à l’instar de son impitoyable rival interprété par Josh Brolin: "Pour avoir moi-même un peu joué à la Bourse, relatait-il, je peux comprendre que l’on veuille faire toujours plus d’argent; même si les enfants jouent tout près, on veut rester devant l’ordinateur encore un quart d’heure afin d’essayer d’y arriver. On peut y perdre son identité."

La genèse du deuxième volet de Wall Street remonte à 2006 lorsque le producteur Edward R. Pressman et Michael Douglas ont approché Oliver Stone. "À l’époque, je ne voulais pas parler de toute cette richesse, je ne voyais pas l’utilité de faire un film. Puis est arrivé le krach et là, tout a changé. C’était comme une crise cardiaque, un triple pontage. Il fallait absolument faire le film à ce moment-là. Allan Loeb et Stephen Schiff sont alors revenus en 2008 avec un scénario bien meilleur, lequel est devenu la base de Money Never Sleeps. On doit regarder le monde avec une autre perspective maintenant", conclut le cinéaste.

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Wall Street d’Oliver Stone, Solitary Man de Brian Koppelman et David Levien, The Sting de George Roy Hill

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WALL STREET – MONEY NEVER SLEEPS

Afin de se venger d’un financier (Josh Brolin, vilain à souhait) qu’il accuse de la mort de son mentor (touchant Frank Langella), un jeune courtier (Shia LaBeouf, bien) s’acoquine avec le père de sa fiancée (Carey Mulligan, effacée), Gordon Gekko (Michael Douglas, flamboyant), sortant tout juste de prison. Présenté hors compétition au Festival de Cannes (une première pour Oliver Stone), le très attendu Wall Street – Money Never Sleeps y a cependant été accueilli assez tièdement. Ce n’est pourtant pas parce que le réalisateur a perdu la main. Caressant de sa caméra les édifices new-yorkais comme s’il s’agissait de courbes féminines, Stone donne envie de le suivre dans cette histoire de vengeance bien ficelée sur fond de krach, et ce, en dépit de la romance mollassonne entre LaBeouf et Mulligan. Malgré une symbolique un peu lourde, incluant bulles de savon et jeux de dominos, ce deuxième volet du grand succès des années 1980 se laisse regarder avec un plaisir coupable… surtout lorsque Douglas est à l’écran.

Rien ne va plus Critique par - 2010-09-23
Cote: 3

Wall Street - Money Never Sleeps

Réalisateur : Oliver Stone

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