La 23e édition d’Image + Nation, festival de cinéma LGBT, se termine le 7 novembre. On vous fait quelques suggestions.

La rumeur est très positive en ce qui concerne From Beginning to End (Do Começo ao Fim). On dit que le long métrage du Brésilien Aluizio Abranches aborde avec doigté, sans une once de sensiblerie, le tabou de l’inceste. Entre 1986 et 2008, la complicité entre Francisco et Thomas, demi-frères, va se transformer en histoire d’amour et semer la controverse. À voir si vous avez aimé Donne-moi la main, de Pascal-Alex Vincent, et Le Clan, de Gaël Morel.

Making the Boys

Il est des moments où les histoires du théâtre, du cinéma et de la communauté gaie se croisent. The Boys in the Band est l’un de ces carrefours. Le documentaire de Crayton Robey Making the Boys, informatif et très émouvant, revient sur la création de la pièce de Mart Crowley, en 1968, et du long métrage que William Friedkin en fit deux ans plus tard, l’un des premiers films américains dont les personnages principaux sont gais. Juxtaposition de témoignages contrastés et de judicieuses images d’archives, le documentaire, qui ne donne pas un instant dans la complaisance, fait réaliser à quel point la pièce et le film, les personnages et leur franc-parler, ont ouvert la voie. Un documentaire à voir, impérativement.

Le Refuge

Va savoir pourquoi cette méditation sur l’amour, l’amitié, le deuil et la solidarité signée François Ozon n’a jamais été présentée dans les cinémas du Québec. Plus près de Sous le sable ou Le Temps qu’il reste que de Sitcom ou 8 femmes, ce Ozon, réalisé juste avant Potiche, qui sera d’ailleurs présenté le 14 novembre en clôture du festival Cinemania, met en vedette Isabelle Carré (magnifiquement enceinte) et Louis-Ronan Choisy (vedette de la chanson populaire en France). Au bord de la mer, Mousse, une femme en deuil qui se prépare à donner la vie, et Paul, un jeune homosexuel insouciant, vont développer une complicité déterminante. À voir si vous avez aimé Avril, de Gérald Hustache-Mathieu.

Le Fil

Coproduction France-Belgique, le film de clôture de cette année vaut le déplacement. D’abord parce que l’histoire du héros, un jeune Tunisien de retour au pays après des études en France, sonne juste. Le premier film de Mehdi Ben Attia est une ixième variation sur le thème du coming out, mais il est fait avec sensibilité, imagination et porté par une solide distribution. Dans la peau de Malik, le personnage principal, un jeune homme qui tente de s’émanciper des liens familiaux, sociaux, religieux et autres qui l’empêchent d’être lui-même, Antonin Stahly-Vishwanadan est fort convaincant. Dans le rôle de Bilal, son amant, Salim Kechiouche (égérie de François Ozon et Gaël Morel) est impeccable, espiègle et séduisant à souhait. Quant à la mère de Malik, elle est incarnée avec un aplomb irrésistible par la grande Claudia Cardinale. Alors que l’hiver est à nos portes, cette comédie romantique ensoleillée, où il est néanmoins question de lutte des classes, de choc des cultures et d’homoparentalité, est toute désignée.

Jusqu’au 7 novembre
Au Cinéma Impérial, à l’Université Concordia, à la Grande Bibliothèque et au Goethe-Institut
www.image-nation.org

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