Lance et compte, de Frédérik D’Amours, d’après un scénario de Réjean Tremblay, permet au National d’apparaître au grand écran, mais ce n’est pas tous les joueurs qui survivront à cette transition.

Depuis 1986, année de diffusion de la première saison de Lance et compte, une véritable histoire d’amour s’est développée entre les Québécois et les nombreux personnages qui peuplent la mythique télésérie. Des premiers coups de patin de Pierre Lambert (Carl Marotte) sur une patinoire de la LNH à la première conquête de la coupe Stanley de son fils Guy (Jason Roy-Léveillée), bien des drames se sont déroulés dans l’entourage du National de Québec ces 25 dernières années, pour le plus grand plaisir des irréductibles fans de l’univers créé par l’auteur et journaliste sportif Réjean Tremblay. Cependant, aucun drame, pas même la mort tragique de Dany Bouchard, ne peut rivaliser en intensité et en importance avec l’accident d’autobus qui vient décimer les rangs de l’équipe québécoise, qui est justement au coeur du récit marquant le passage de la télésérie vers le grand écran.

"Ça faisait longtemps que Caroline Héroux souhaitait que j’écrive un long métrage de Lance et compte, explique Réjean Tremblay. J’avais commencé à écrire l’intrigue de la sixième saison sous la forme d’un film, mais ça ne fonctionnait pas. J’attendais d’avoir la bonne idée, et c’est pendant le tournage du Grand Duel que ça a commencé à germer dans mon esprit. J’ai vu tous les acteurs réunis dans le hall de l’hôtel et j’ai dit à ma blonde, en riant, qu’il faudrait bien que je trouve un moyen de faire un petit ménage là-dedans!"

"Sur ces entrefaites, poursuit l’auteur, le Canadien est allé jouer un match hors concours à Roberval, dans le cadre du concours Hockeyville, et Patrice Brisebois m’a fait remarquer que les gens du Saguenay conduisaient comme des cow-boys. J’ai tout de suite fait le lien avec le National, parce que si l’équipe devait aller jouer un match hors concours à Roberval dans des circonstances similaires, c’est certain qu’elle s’y rendrait en autobus et qu’elle aurait à traverser le parc des Laurentides…"

Dans le film, c’est donc après avoir remporté leur match hors concours à Roberval que les joueurs du National embarquent dans leur autobus et prennent la route. Dans l’incident, qui survient quelque temps après, pas moins d’une dizaine de membres de l’organisation perdent la vie, dont certains des personnages clés des dernières saisons.

"C’est certain que j’aurais pu tricher, souligne Réjean Tremblay, et ne sacrifier aucun des personnages importants de la télésérie, mais d’un point de vue dramatique, je pense que c’était important d’en sacrifier certains qui étaient là depuis longtemps, et dont la mort a véritablement un impact sur les spectateurs."

Aux yeux du réalisateur Frédérik D’Amours (À vos marques… Party! 1 et 2, Noémie, le secret), à qui l’on a demandé de remplacer Jean-Claude Lord à la barre du projet, cette séquence particulière, pendant laquelle se joue le drame, était la plus importante du film: "Je savais que si je ratais cette séquence, confie le réalisateur, c’était le film au complet qui allait prendre le bord. C’est la raison pour laquelle j’ai fait autant de recherches pour la préparer. Je savais que je ne pourrais pas tourner la scène comme je l’espérais, question de budget, et ça m’a forcé à aller à l’essentiel, à trouver les plans les plus efficaces possible."

Pour le cinéaste, le drame qui frappe l’organisation du National est l’occasion de s’approprier le film, d’élaborer sa propre vision d’un univers qu’il connaît déjà, en tant que téléspectateur: "J’avais en tête des films comme Any Given Sunday et Remember the Titans, explique-t-il, lorsque je préparais le tournage. Je souhaitais profiter des possibilités du cinéma pour construire une oeuvre véritablement épique, qui nous plongerait littéralement dans l’action. Mon rôle, c’était non pas de tout refaire, mais de pousser un peu plus loin ce que d’autres avaient construit avant moi, et qui plaisait déjà à des centaines de milliers de téléspectateurs."

À voir si vous aimez /
Pour toujours les Canadiens de Sylvain Archambault, Miracle de Gavin O’Connor, Remember the Titans de Boaz Yakin

ooo

"Chaque dynastie a sa tragédie", annonce solennellement l’affiche de Lance et compte de Frédérik D’Amours. Tragédie, avez-vous dit? Eh bien, passé le choc de voir disparaître plusieurs personnages bien-aimés de la série culte de Réjean Tremblay, le spectateur en sera quitte pour maints fous rires. Non pas que le tout se transforme en comédie, mais les dialogues d’un artifice risible, les situations peu plausibles (un échange entre le réchauffement et la première période, pardon?) et une intrigue secondaire à propos d’ouvrières si inutile qu’elle pourrait être coupée au montage sans que le récit n’en soit affecté viendront à bout du plus fidèle fan. En plus, D’Amours n’est même pas foutu de filmer un match de hockey de façon crédible. Enfin, partageant une belle complicité avec Marina Orsini, Marc Messier, toujours irrésistiblement savoureux en Marc Gagnon, mérite à lui seul l’étoile du match. (M. Dumais)

Sacrament, Suzie! Critique par - 2010-11-25
Cote: 1

Lance et compte
Réalisateur : Frédérik D'Amours

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