127 Hours, de Danny Boyle, raconte les cinq jours que passa un randonneur coincé dans le Grand Canyon.
Lorsque l’on tient entre ses mains un scénario aussi mince que celui de 127 Hours, adaptation du récit d’Aron Ralston Between a Rock and a Hard Place, sur les six jours et cinq nuits qu’il passa coincé dans la crevasse d’un canyon, le bras écrabouillé entre la paroi et un rocher, on a intérêt à avoir du talent à revendre pour la mise en scène. Fort heureusement, c’est le cas de Danny Boyle, qui signe aussi le scénario avec Simon Beaufoy (Slumdog Millionaire, The Full Monty). Ainsi, à défaut de livrer un récit très étoffé, le réalisateur britannique parvient à faire décoller 127 Hours en alternant énergiquement flashbacks nostalgiques, délires oniriques, confessions désespérées et moments éprouvants – certains spectateurs ont ressenti des malaises lors de la première au Festival de Toronto.
Avant de plonger au coeur de l’(in)action, Boyle prend la peine de présenter son personnage, campé avec un savant mélange de nonchalance et de séduction par James Franco, en plantant sur sa route deux charmantes randonneuses (Amber Tamblyn et Kate Mara). En quelques courtes scènes, on découvre alors un esprit libre, bien dans sa peau, en communion avec la nature et sachant communiquer avec autrui. Du coup, c’est aussi toute la beauté époustouflante du Grand Canyon qui s’étale devant nos yeux.
Bien que le dénouement de l’intrigue soit connu à l’avance – Ralston n’est-il pas revenu raconter cette pénible tranche de vie? -, Danny Boyle sait cultiver le suspense et tenir en haleine le spectateur, notamment grâce à la direction photo de ses fidèles acolytes Enrique Chediak (28 Weeks Later) et Anthony Dod Mantle (lauréat d’un Oscar pour Slumdog Millionaire), laquelle propose d’intéressants contrastes et grains d’image.
Si l’on peut reprocher aux flashbacks mettant en scène les parents (Treat Williams et Kate Burton) et l’ex-petite amie (Clémence Poésy) d’être redondants et peu révélateurs, en revanche, la scène où Aron, qui avait pour seule distraction sa petite caméra vidéo, devient tour à tour l’animateur et l’invité d’un talk-show s’avère le moment fort du film. S’y retrouvent concentrés les éléments qui font de 127 Hours non le banal compte rendu d’un fait divers authentique, mais un divertissement intelligent, c’est-à-dire l’humour et le courage de Ralston, la générosité de Franco et l’ingéniosité de Boyle.
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