Adaptation du dernier roman du regretté Mordecai Richler, Barney’s Version, de Richard J. Lewis, met en scène Paul Giamatti dans le rôle d’un producteur de télé soupçonné du meurtre de son meilleur ami.

En 1997, alors qu’il était déjà affecté de la maladie, Mordecai Richler, écrivain montréalais né rue Saint-Urbain notamment reconnu pour ses coups de gueule envers les Québécois, publiait son ultime roman, Barney’s Version. Dans ce récit, Barney Panofsky, producteur de télé, marié trois fois, père de deux enfants, rongé par la mort mystérieuse de son meilleur ami, entreprend d’écrire ses mémoires alors que la maladie d’Alzheimer s’empare graduellement de son esprit.

Pour incarner cet être à la fois bougon et attachant dans l’adaptation de Richard J. Lewis (Whale Music), c’est sur l’acteur américain Paul Giamatti que les studios ont jeté leur dévolu: "Richler est un personnage si profondément ancré dans la culture canadienne que je leur ai demandé: "Avez-vous embauché un gars du Connecticut pour venir gâcher le tout?"", a lancé l’acteur lors de la conférence de presse tenue au Festival international du film de Toronto, où Dustin Hoffman, qui tient le rôle d’Izzy Panofsky, brillait par son absence.

"Si on avait fait le film il y a 35 ans, je n’aurais pas pu penser à personne d’autre que Dustin Hoffman pour jouer Barney. Aujourd’hui, je crois que le rôle du père de Barney lui revenait", a affirmé Lewis pour justifier ses choix.

À la lecture de ce récit, il est difficile de ne pas éprouver de tristesse tant les échos autobiographiques s’y avèrent plus forts que jamais et que l’impression que Richler faisait ses adieux devient de plus en plus palpable d’une page à l’autre. N’y avait-il pas convié son personnage le plus célèbre, Duddy Kravitz, à venir saluer Barney, son alter ego?

Comme pour Joshua Then and Now, adapté par Ted Kotcheff, Mordecai Richler devait signer le scénario de Barney’s Version. Or, l’écrivain est décédé en 2001, laissant le producteur Robert Lantos au dépourvu, d’où la longue attente de voir enfin le roman porté au grand écran.

"Non seulement je devais préserver l’intégrité de cette grande oeuvre, expliquait Lantos, en conférence de presse au festival de Toronto, je devais aussi honorer sa mémoire. Chaque fois que je lisais une nouvelle version du scénario, j’entendais la voix de Mordecai me répétant "pas assez bon… pas assez bon…". Je ne pouvais pas commencer ce film sans que la voix approuve la version finale."

Sans doute qu’en voyant Giamatti prêtant ses traits à Barney, Richler aurait été satisfait, car s’il n’accuse pas une ressemblance avec Richler, le brillant acteur en a certes capté l’essence en étudiant des photographies de l’auteur et en regardant des entrevues qu’il a accordées au cours de sa prolifique carrière.

"Il y a de très belles photos de lui se promenant sur la rue, assis à un bar, fumant un cigare. Je me disais que ce gars était vraiment cool et que je pourrais le jouer. J’étais aussi alléché à l’idée de jouer ce "bâtard" sur plusieurs décennies. Malgré sa gravité, il était très drôle, vraiment pointu, très ironique et sarcastique. Il semble avoir été un gars formidable."

En salle le 24 décembre

Dans la peau de Mordecai Richler Critique par Voir - . Cote: 2.5

Barney's Version
Réalisateur : Richard Lewis

Partagez cette page

+ SUR LE MÊME SUJET : ,

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Concours

+ Concours →