Après Three Kings et I Heart Huckabees, David O. Russell et Mark Wahlberg font à nouveau équipe sur The Fighter, un projet qui a toutefois bien peu en commun avec leurs collaborations précédentes. En fait, c’est The Wrestler, le portrait d’un lutteur sur le déclin que nous avait offert Darren Aronofsky il y a deux ans, qui semble avoir le plus influencé Russell dans la conception de The Fighter (Aronofsky, à qui le rôle de producteur exécutif est attribué, devait d’ailleurs réaliser le film au départ).
Comme The Wrestler, The Fighter est davantage une étude de caractère qu’un drame sportif, nous faisant plonger dans le quotidien pas toujours glorieux d’un athlète aux prises avec divers problèmes personnels. Interprété avec vigueur par Wahlberg, Micky Ward dit l’Irlandais est un boxeur qui aurait le potentiel de devenir un champion s’il était mieux encadré, plutôt que d’avoir sa mère Alice (Melissa Leo, farouche) comme gérante et son frère Dickie (Christian Bale, magistral, et pas seulement à cause de sa transformation physique) comme entraîneur.
Ce dernier, ancien boxeur professionnel devenu accro au crack, n’est en effet pas la personne la plus fiable que Micky pourrait avoir dans son coin, et sa nouvelle copine Charlene (Amy Adams, impétueuse) l’encourage non sans raison à s’affranchir de lui. Ce qui mène au déchirant thème central du film: la loyauté familiale et, surtout, ses limites.
Tel que mis en scène par David O. Russell d’après un scenario de Scott Silver, Paul Tamasy et Eric Johnson, The Fighter impressionne par son approche sensible et authentique, ainsi que par l’aspect rude, touffu et imprévisible de cette peinture de milieu dont l’action se situe dans les années 1990, dans un quartier ouvrier de Lowell, Massachusetts.
Filmé à hauteur d’homme, avec un minimum d’artifices (certains passages reproduisent littéralement l’esthétique d’un documentaire, alors qu’une équipe tourne un reportage sur Dickie), The Fighter est une histoire de famille dure mais émouvante, où les scènes dans le ring font office de catharsis. Ceci n’est pas une idée nouvelle, et on dénote ici et là certains autres clichés inhérents au genre, mais la justesse et la profondeur avec lesquelles les personnages ont été développés par les scénaristes, le réalisateur et la distribution élèvent grandement le film, qu’on retrouvera sans aucun doute dans la prochaine course aux Oscars.
À voir si vous aimez /
The Wrestler de Darren Aronofsky, Raging Bull de Martin Scorsese, Rocky de John G. Avildsen





