Après avoir brillé au théâtre et à la télévision, Michel Monty s’attaque au cinéma avec Une vie qui commence, son tout premier long métrage.

Il aurait sans doute pu réaliser son premier long métrage des années auparavant, mais Michel Monty jugeait que le temps n’était pas encore venu, qu’il avait d’autres chats à fouetter avant de s’y consacrer entièrement: "Je voulais surtout être certain d’être prêt, confie-t-il simplement, avec une humilité qui l’honore. Je voulais être certain de maîtriser pleinement mon sujet et de bien comprendre le médium cinématographique avant de m’y essayer sérieusement."

L’homme de théâtre, qui a notamment participé à la création du Cabaret insupportable en 2007, se positionne dans un registre intimiste et personnel avec ce premier effort cinématographique, qui se déroule au début des années 60. En empruntant le regard d’Étienne (Charles-Antoine Perreault), l’aîné d’une famille de trois enfants, Monty raconte l’histoire d’une tribu qui doit se reconstituer à la suite de la mort de son chef (François Papineau). Plus affecté que les autres par ce drame, Étienne est incapable de faire le deuil de son père, malgré les efforts de sa mère (Julie Le Breton) pour le tenir à flot.

Même s’il explique que son ouvrage est une fiction, Michel Monty n’avoue pas moins s’être largement inspiré de son expérience personnelle afin de rédiger son long métrage: "Je ne me voyais pas faire un premier film qui ne serait pas entièrement personnel, raconte-t-il. En ce sens, je ne souhaitais pas nécessairement qu’il soit basé sur un récit autobiographique, mais plutôt qu’il soit engendré par un sentiment de profonde nécessité. C’est cela qui, selon moi, doit être le moteur de l’acte créatif. Au final, l’écriture du film a été un acte cathartique qu’il me fallait accomplir en tant qu’être humain, afin de poursuivre mon évolution."

Malgré ses affinités certaines avec le théâtre, Michel Monty soutient qu’il n’aurait jamais pu y transposer le récit d’Une vie qui commence: "Le cinéma est transparent, il est illusion. Sa nature, explique-t-il, fait en sorte de faciliter énormément l’identification du spectateur à la réalité de ce qu’on lui montre. Si l’on accorde une grande place au rêve et à l’imagination au théâtre, au cinéma, c’est dans un rapport plus direct avec le réel que l’on se situe. C’est d’ailleurs dans cette optique que je souhaite continuer d’utiliser ce médium."

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Michel Monty aura visiblement dû faire de nombreuses concessions afin de venir à bout de son premier long métrage, et on saisit encore mieux l’ampleur de la chose lorsque l’on apprend que le budget de son film a été coupé de près de deux millions de dollars au moment de la préproduction. Puisque son film se déroule dans les années 60, ces coupures drastiques ont imposé au réalisateur un style pour le moins étouffant, qui se manifeste d’ailleurs dès les premières minutes, et dont les valeurs principales sont, évidemment, les gros plans et les scènes d’intérieur. Cette mécanique pernicieuse, que l’on pourrait considérer comme un parti pris esthétique, entraîne un sentiment d’inertie qui se généralise et plane tristement sur l’oeuvre. En l’absence de François Papineau, qui disparaît au quart du récit, le jeune Charles-Antoine Perreault est incapable de supporter le poids du film sur ses épaules.

Tranche de vie Critique par - 2011-01-20
Cote: 2

Vie qui commence, Une

Réalisateur : Michel Monty

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