Carancho

Réalisateur
Pablo Trapero

Bande annonce

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Film d’ouverture du Festival du cinéma latino-américain de Montréal, Carancho, de Pablo Trapero, met en vedette Ricardo Darín en avocat frayant avec des malfrats.

Ayant représenté l’Argentine dans la dernière course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, Carancho met en scène l’excellent Ricardo Darín (El secreto de sus ojos) dans la peau d’un avocat spécialisé dans les accidents de la circulation qui, grâce aux assurances des victimes, enrichit un patron mafieux détenant les clés de sa liberté. À travers ses tentatives de reprendre une vie normale et de recouvrer son autonomie perdue, il fera la rencontre de Luján (Martina Gusman), une femme docteur dont il tombera éperdument amoureux et qu’il entraînera dans le tourbillon de ses affaires sordides.

Se déroulant essentiellement dans les rues de Buenos Aires, ce suspens noir réalisé par Pablo Trapero (Leonera) impressionne par sa façon de transmettre les nombreuses informations nécessaires à sa compréhension sans jamais verser dans une quelconque forme de didactisme. Cette impression de facilité à rendre limpide le complexe et le multiple s’explique par la capacité de Trapero à ne pas bousculer inutilement le déroulement de son récit. Là où d’autres auraient choisi de lancer des informations en bloc en pensant contribuer, maladroitement, à la lisibilité de l’oeuvre, lui s’accorde plutôt le temps de dévoiler de façon fragmentaire, mais structurée, les différents éléments qui composent son univers filmique.

Un peu à la façon des frères Coen, qui ont fait de l’humour noir et de l’ironie la base de plusieurs de leurs oeuvres, Pablo Trapero conclut son film de brillante façon en nous rappelant que ses personnages étaient non seulement prisonniers de leur milieu, mais également condamnés d’avance pour s’être laissé tenter par la facilité. À rebours, cela nous ramène à l’essentiel de sa mise en scène, qui s’articule en fonction d’une logique d’enfermement des personnages, sinon par leur environnement, du moins toujours par ses cadres serrés de réalisateur omnipotent. Une façon de rappeler la nature du procédé et ses implications morales: ici, tout est contrôlé et structuré; ces personnages appartiennent à la fiction; ils mourront pour leurs péchés et par ce qu’ils croyaient pouvoir maîtriser parce qu’il s’agit là de la finalité de l’oeuvre. Condamnés d’avance, ils mourront par hasard. Amusant. Surtout si l’on pense qu’au cinéma, le hasard est toujours affaire de structure.

À voir si vous aimez /
Fargo de Joel et Ethan Coen, Double Indemnity de Billy Wilder, The Postman Always Rings Twice de Tay Garnett

La structure du hasard Critique par - 2011-04-07
Cote: 3

Carancho
Réalisateur : Pablo Trapero

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