Scream 4, de Wes Craven, suit les règles du remake, tout en s’inscrivant dans la lignée de la franchise inaugurée en 1996.

Dans Scream, les tueurs respectaient les règles du film d’horreur; dans le deuxième volet, celles des suites, où les meurtres sont plus élaborés; dans le troisième, celles des finales de trilogies, avec leurs révélations renversantes sur le passé. Dans ce quatrième opus, Wes Craven mise, non sans pertinence, sur la tendance des dernières années à produire des remakes des classiques du genre (Halloween et Cie).

Alors que les précédents épisodes nous avaient transportés sur un campus et dans un studio de tournage, celui-ci nous ramène à Woodsboro, comme il se doit. Sidney (Neve Campbell) n’y est pas sitôt débarquée qu’elle renoue avec Gale et Dewey (Courteney Cox et David Arquette), que son histoire se répète autour de la bande d’amis de sa nièce (Emma Roberts). Évidemment, les choses ont bien changé et l’inattendu est le nouveau must.

La séquence d’ouverture, qui renvoie à Scream tout en s’en dissociant, donne le ton: on va une fois encore, et de manière toujours plus insistante, s’amuser avec nous, dans un esprit d’autodérision, à coups de mises en abyme, de clins d’oeil et de clichés surlignés ou torpillés. Or, si ce parti pris ludique s’avère aussi incontournable que bienvenu, on semble vouloir compenser le fait qu’il a perdu son caractère inédit en forçant la dose.

À l’instar de ce qui se passe dans le reste du film, l’intrigue et les personnages servent surtout de prétextes à l’introduction de revirements étonnants. Mais, ironiquement, l’accumulation des punchs neutralise l’effet recherché. Trop de surprises tue la surprise, alors que le spectateur, qui s’attend à tout, se laisse plus difficilement désarçonner. Sachant qu’il se fera systématiquement déjouer, il hésite ainsi à entrer dans la partie.

De même, bien qu’on mette les lieux communs en relief pour s’en moquer ou s’en distancier, on y revient néanmoins constamment. Le passage des années 90 à notre époque (téléphones intelligents, webcam, etc.) a beau amener sa dose de fraîcheur et d’humour, l’idée, les procédés, eux, ne changent pas, avec l’impression de redite que cela suppose.

Somme toute, on se donne beaucoup de mal pour réinventer l’original et nous confondre à chaque instant, au gré de trouvailles tantôt faciles, tantôt réjouissantes. Cela dit, l’ensemble demeurerait d’un intérêt négligeable sans sa finale, qui porte un coup fatal franchement savoureux.

À voir si vous aimez /
Scream 1, 2 et 3 de Wes Craven, Trick’r Treat de Michael Dougherty, Midnight Movie de Jack Messitt

Une histoire réinventée Critique par Voir - . Cote: 2.5

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