Dans Midnight in Paris, Woody Allen porte un irrésistible regard de touriste amoureux sur la Ville lumière.

Les voyages font du bien à Woody Allen, qui, au cours des dernières années, nous a rapporté de fort belles cartes postales de Londres (Match Point) et de Barcelone (Vicky Cristina Barcelona). L’été dernier, le cinéaste new-yorkais posait sa caméra à Paris afin d’y raconter les tribulations d’un scénariste californien, Gil (Owen Wilson), rêvant d’y vivre la vie bohème, au grand dam de sa fiancée (Rachel McAdams).

"Je ne suis pas allé à Paris avant 1965, racontait le cinéaste en conférence de presse à Cannes où Midnight in Paris ouvrait le Festival. Le Paris que je connaissais était celui du cinéma américain. Comme je l’ai fait pour Manhattan, j’ai voulu montrer Paris à travers mes yeux. Je ne voulais pas montrer Paris de façon réaliste, mais subjective. Je suis chanceux, car il y a eu plusieurs jours de pluie lors du tournage du montage d’ouverture. J’aime les villes sous la pluie, surtout Paris."

Cette fascination pour Paris sous la pluie, Woody Allen l’a transmise au personnage d’Owen Wilson, qui, malgré son physique de surfeur californien, campe un alter ego tout à fait convaincant du réalisateur: "Owen est totalement à l’opposé de moi, il est très Côte-Ouest, décontracté, amoureux de la plage, alors que je suis très new-yorkais. Il n’a pas voulu la jouer intello de la Côte-Est; je n’aurais jamais pu donner cette dimension au personnage. Je n’aurais jamais pu imaginer quelqu’un d’autre que lui dans ce rôle."

Pour rendre justice à toute la splendeur de Paris, Allen a fait appel à Darius Khondji (Whatever Works): "J’admire le travail qu’il a fait pour Stealing Beauty de Bernardo Bertolucci. Je n’avais pas de films français en tête, mais je voulais que Paris soit belle. Je souhaitais de douces couleurs automnales, des bruns, des rouges, des jaunes. Je ne veux pas voir les acteurs dans des tonalités froides. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est significatif pour moi… comme Paris sous la pluie."

Tandis que sa fiancée découvre Paris au bras d’un pédant ami érudit (Michael Sheen), l’aspirant romancier romantique se retrouvera bientôt chaque soir, sur les 12 coups de minuit, dans le Paris des années 20: "Le grand piège, c’est de croire qu’on aurait été plus heureux de vivre à une autre époque. Lorsqu’on retourne dans le temps, on ne pense qu’aux bonnes choses. J’aurais du mal à m’adapter à une époque où il n’y aurait pas de novocaïne chez le dentiste ni de revitalisant pour les cheveux."

Chaque virée nocturne devient prétexte à présenter des figures marquantes de l’époque. Gil y croisera notamment des peintres, des écrivains, de même qu’une jolie muse (Marion Cotillard) nostalgique de la Belle Époque: "Durant ma jeunesse, j’étais un grand admirateur de Gertrude Stein (Kathy Bates), de Hemingway (Corey Stoll), de Dalí (Adrien Brody)… C’était facile d’écrire un scénario mettant en scène ces icônes. J’avais un point de vue satirique sur eux, je ne voulais pas en faire des personnages profonds, mais amusants." Pari réussi, cher Woody.

À voir si vous aimez /
Manhattan, The Purple Rose of Cairo et Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen

ooo

Midnight in Paris

Woody Allen aime Paris et ça se voit dans son 47e film où, peu avant le générique, il nous balance de superbes images de Paris le jour, Paris la nuit, Paris sous le soleil et Paris sous la pluie. Ressassant en mode léger et fantaisiste ses vieilles névroses et ses thèmes de prédilection, Allen signe une comédie romantique pétillante teintée d’une tendre nostalgie conquérante. Servant de guide dans ce charmant voyage dans le temps, Owen Wilson évoque avec bonheur, tant par son débit que par sa gestuelle, le Woody Allen des grandes années. Livrant les répliques les plus savoureuses de Midnight in Paris, la splendide Kathy Bates, le génial Adrien Brody et l’éblouissant Corey Stoll en jettent plein la vue en grands esprits de l’époque.

Un Américain à Paris Critique par Voir - . Cote: 3.5

Partagez cette page

+ SUR LE MÊME SUJET : , , , , ,

Ajouter un commentaire

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Blogues des partenaires

+ Blogues →

Concours

  • Or noir

    À gagner, 1 des 9 DVD du film «Or noir».

  • Le Stage

    À gagner, 1 des 50 laissez-passer pour l'avant-premier du film «Le Stage».

+ Concours →