Gerry, d'Alain DesRochers, prouve que le talent d'un acteur et de perruquiers ne font pas nécessairement un grand biopic.
Grâce à la perruque conçue par Denis Parent et par la regrettée Christine Larocque, l’équipe de Gerry a constaté que Mario Saint-Amand était l’homme de la situation. Sans vouloir offenser Guillaume Lemay-Thivierge, plus "bankable" que l’acteur découvert dans Love-moi de Marcel Simard, on s’étonne du fait que Saint-Amand n’était pas le premier nom sur la liste pour incarner le rocker écorché.
Ce casting est sans doute ce qui fait la force de ce biopic consacré au charismatique ex-leader d’Offenbach, lequel s’inspire de la biographie de Mario Roy, Gerry Boulet, avant de m’en aller. De fait, dans certains plans, la lumière d’Yves Bélanger sculpte le visage de Saint-Amand de façon telle qu’on croit voir apparaître Gerry Boulet. Or, cela ne suffit pas à faire de ce quatrième film d’Alain DesRochers (La bouteille, Nitro, Cabotins) son plus haut fait d’armes.
On aurait souhaité un soupçon de poésie à la Gainsbourg (vie héroïque), de même qu’un peu de ludisme à la Dédé à travers les brumes et un tantinet du tourbillon lyrique de La vie en rose. Reste, heureusement, une place de choix pour la musique et la scène.
S’empêtrant dans l’anecdotique, le scénario de Nathalie Petrowski demeure au ras des pâquerettes: Gerry et les Gants blancs; Gerry et sa première femme (Madeleine Péloquin); Gerry et Offenbach; Gerry rencontre Pierre Harel (Éric Bruneau, plus près de Johnny Maldoror des Breastfeeders que du fondateur de Corbeau); Gerry et sa seconde femme (Capucine Delaby)… Le tout n’échappe évidemment pas aux clichés "sexe, drogues et rock’n'roll" de tout rocker qui se respecte.
Comme si cela ne suffisait pas, les dialogues sont parfois si simplistes que le cher disparu semble être proche parent d’Elvis Gratton. Sur ce point, on ne peut que saluer les acteurs, notamment Louis-David Morasse (Denis Boulet), Marc-François Blondin (Johnny Gravel) et Eugene Brotto (Breen Leboeuf), d’être parvenus à demeurer crédibles.
Alors qu’on se sera laissé subjuguer par l’interprétation généreuse et sincère de Mario Saint-Amand, en dépit du manque de moyens de la réalisation et des carences scénaristiques, Alain DesRochers brise toute la magie en balançant au générique des images du vrai Gerry Boulet. De cette façon, on constate amèrement que dans bien des cas, pour rendre hommage à la hauteur d’un personnage, rien ne vaut un documentaire.
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Tabarnac de Claude Faraldo, Vie d’ange de Pierre Harel, Offenbach – Le dernier show au Forum de Jean-Jacques Sheitoyan




