Isabelle Carré retrouve Benoît Poelvoorde dans Les émotifs anonymes, de Jean-Pierre Améris, charmante comédie romantique sur la timidité maladive.
Il y a plusieurs raisons de craquer pour Les émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris (Mauvaises fréquentations, C’est la vie), la principale étant sans contredit les retrouvailles d’Isabelle Carré et de Benoît Poelvoorde, cinq ans après Entre ses mains d’Anne Fontaine.
Rappelons que dans ce thriller romantique, l’acteur belge campait un tueur en série qui rôdait dans l’entourage de la solaire actrice. Cette fois, l’élément fatal du récit n’est pas le penchant du premier pour les objets coupants, mais bien la timidité maladive dont souffrent les deux protagonistes, laquelle se révèle un sérieux handicap à leur bonheur. De fait, chacune de leur rencontre sera le théâtre de candides quiproquos et de tendres moments burlesques. Ponctuant le tout, de cocasses séances de thérapie où les personnages expriment leur désarroi de ne pouvoir s’exprimer plus aisément.
Ainsi, à cause de leur trop grande gêne, Angélique (Carré), chocolatière émérite, n’ose refuser le poste de représentante que lui propose Jean-René (Poelvoorde), patron d’une chocolaterie en faillite. La pauvre jeune femme sera donc forcée à vendre des chocolats sans succès, tandis que son employeur ne saura comment l’approcher ni trouver une façon de redorer le blason de sa petite entreprise.
À partir d’un sujet délicat le concernant de très près, étant lui-même rongé par la timidité, Jean-Pierre Améris signe une comédie romantique sans prétention autre que d’amuser gentiment le spectateur. Avec une réconfortante palette de couleurs où dominent les rouges vibrants et les verts pimpants, le réalisateur crée un univers semblant tout droit sorti d’une bonbonnière.
Alors que le personnage d’Isabelle Carré se donne du courage en chantant en français I Have Confidence à l’instar de Julie Andrews dans The Sound of Music – la puissance vocale en moins – , le film affiche fièrement son charme suranné rappelant le cinéma des années 50 et 60. D’une sensibilité à fleur de peau, Benoît Poelvoorde s’avère une fois de plus le partenaire idéal pour Isabelle Carré, toujours aussi juste, avec qui il forme un irrésistible tandem.
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