Après Bienvenue chez les Ch’tis, Dany Boon s’intéresse encore aux différences culturelles, cette fois-ci entre les Français et les Belges.

Lorsqu’il étudiait dans une école d’arts en Belgique, Dany Boon franchissait régulièrement la frontière belgo-française. Or, 20 ans plus tard, alors qu’il faisait la promotion de Bienvenue chez les Ch’tis dans le plat pays de Brel, le sympathique réalisateur a eu toute une surprise: "C’était devenu un réel no man’s land, une rue vide avec d’anciens commerces et bureaux, se souvient Boon, joint à Paris. On aurait dit un décor de cinéma avec un côté western. Il était très important que je représente cette rue telle que je l’ai connue dans ma jeunesse. Du coup, cette rue devient un personnage du film, un lieu de tension."

Campé en 1993, à l’heure du passage à l’Europe, dans le poste douanier de Courquain (France) / Koorkin (Belgique), Rien à déclarer met en scène deux douaniers, l’un Français, le doux Mathias Ducatel (Boon), l’autre Belge, le hargneux Ruben Vandevoorde (Benoît Poelvoorde), qui seront forcés de travailler ensemble.

"J’ai rencontré beaucoup de douaniers ayant vécu ces changements, confie-t-il. Certains ont été traumatisés par la fin des frontières. D’un seul coup, ils sont passés de douanier assis derrière un comptoir à faire des tampons à super-flic essayant d’arrêter des trafiquants de drogue avec plus ou moins de succès. Les douaniers belges ont été beaucoup plus laissés-pour-compte que les douaniers français."

"J’ai besoin d’écrire sur des personnages qui ont une certaine humanité, auxquels on peut s’attacher, poursuit Dany Boon. La difficulté de l’histoire, c’était d’arriver à faire ressentir un peu d’affection pour le personnage de Benoît, même s’il est très raciste, très excessif. On doit se dire qu’il a une détresse, un besoin d’être guidé. En fait, l’idée principale, comme c’est souvent le cas en comédie, c’était de créer un duo contraint."

Dany Boon va si loin dans les propos racistes qu’il fait tenir au bouillant acteur qu’il donne l’impression d’avoir voulu y dévoiler "The Dark Side of the Boon": "Oui, je vais très loin et je pense que je peux aller très loin parce que ça reste de la comédie, parce qu’il n’y a pas de différences ethniques ou religieuses. On a la même couleur de peau, on parle la même langue. Si le Québec touchait la France, ç’aurait pu se situer à la frontière franco-québécoise." Sur ce, on lui propose de tourner son prochain film à Saint-Pierre-et-Miquelon.

L’un des plaisirs à voir Rien à déclarer, c’est d’y retrouver la crème des acteurs belges, tels Bouli Lanners, François Damiens et Olivier Gourmet, de plus en plus présents dans le cinéma français: "Je crois qu’il existe une poésie belge, une douceur, une invention belge, je dirais même une âme belge, qui plaît au public français. Je suis né à la frontière; j’ai connu des Belges racistes et j’ai même déjà vu à la vitrine d’un café "Interdit aux chiens et aux Français", mais ce n’était que de la provoc. Je pense qu’il y a beaucoup d’entente entre Belges et Français, surtout près des frontières. D’ailleurs, les Belges ont adoré le film."

À voir si vous aimez /
Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon, la série des Gendarmes de Jean Girault, Le boulet d’Alain Berbérian et Frédéric Forestier

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Qu’il est mignon, le petit village sis à la frontière franco-belge que nous présente Dany Boon; on dirait qu’il est tiré d’une bédé ou d’un film de Jeunet, voire de Demy. Naïvement, on croit que la visite sera agréable, comme elle l’était chez les charmants Ch’tis. On déchante assez vite dès que Benoît Poelvoorde entre en scène. Aussi hystérique et insupportable que dans Astérix aux Jeux olympiques, l’acteur surjoue tellement qu’il menace de faire paraître tous ses talentueux camarades bien fades – même Karin Viard en tenancière de bistro castratrice. Pis encore, on suivra tant bien que mal l’histoire d’amour mièvre entre le personnage de Boon et la soeur de Poelvoorde (Julie Bernard). Et lorsque démarre la sous-intrigue policière, là on embarque plus. Pour se consoler, on rigolera en voyant les douaniers réfractaires aux nouvelles technologies et au passage à l’Europe.

Question d'accents Critique par - 2011-08-25
Cote: 2

Rien à déclarer

Réalisateur : Dany Boon

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