Moneyball

Réalisateur
Bennett Miller

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Adaptation du best-seller de Michael Lewis, Moneyball, de Bennett Miller, relate comment le directeur général des Athletics d’Oakland et un jeune statisticien bouleversèrent la sacro-sainte institution américaine du baseball.

Aux yeux des recruteurs, Billy Beane (Brad Pitt, excellent) possédait toutes les qualités d’une superstar du baseball professionnel. Or, la carrière du jeune homme fut plutôt brève car celui-ci se révéla un frappeur médiocre. Quelque 20 ans plus tard, devenu directeur général des Athletics d’Oakland, franchise pauvre de la Ligue américaine, l’intempestif et arrogant Beane se plaît à rejeter tous les arguments de ces mêmes hommes qui lui avaient promis mer et monde lorsque l’équipe doit remplacer trois de ses meilleurs joueurs. "On ne vend pas des jeans!" leur lance-t-il pour se moquer de leurs critères esthétiques désuets.

L’une des forces du roman de Michael Lewis (Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game) réside en cette capacité de porter un regard lucide et critique, teinté d’humour mordant, sur cette industrie architraditionnelle qu’est le baseball. Une industrie qui sera ébranlée et remise en question par l’association entre Billy Beane et Peter Brand (Jonah Hill, formidable), jeune économiste ayant mis au point un système de statistiques permettant de recruter des joueurs de talent laissés pour compte à prix réduit, au grand dam de l’entraîneur Art Howe (Philip Seymour Hoffman, égal à lui-même).

Respectant brillamment l’essence du captivant roman, Bennett Miller (Capote) parvient à signer un film sportif allant bien au-delà du sport. Certes, des images d’archives viennent ponctuer habilement le récit, on suit les A’s sur le terrain, mais l’essentiel se déroule ailleurs. En fait, tout se joue en coulisses alors que s’affrontent deux écoles de pensée, l’une fidèle gardienne de la tradition, l’autre progressiste. Aux antipodes des films sportifs hyperactifs reposant sur l’issue du match final, Moneyball propose de fascinantes joutes verbales aux répliques bien corsées que Miller filme sans esbroufe, sans mouvement de caméra inutile ni effet de montage tape-à-l’oeil.

Au-delà du baseball, Moneyball offre une radiographie du pays de l’oncle Sam à l’heure des tiraillements. Ainsi, à travers l’obstination passéiste des vieux recruteurs chiquant machinalement leur tabac, se dessine une Amérique s’empêtrant dans ses traditions qu’elle peine à remettre en question, frileuse devant un nouveau monde de possibilités. À travers l’entêtement désespéré de Billy Beane, se devine une Amérique amère, une génération désillusionnée ayant le rêve américain bien en travers de la gorge, mais refusant de baisser les bras devant l’adversité. "Yes, we can", comme disait l’autre.

À voir si vous aimez /
The Babe d’Arthur Hiller, The Natural de Barry Levinson, The Rookie de John Lee Hancock

Une petite révolution Critique par Voir - . Cote: 3.5

Moneyball
Réalisateur : Bennett Miller

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