Récipiendaire du Prix du public et du Grand Prix des Amériques au dernier FFM, Hasta la Vista, du réalisateur flamand Geoffrey Enthoven, prend d'assaut nos écrans.
Il y a quelques mois, l’avant-dernier long-métrage de Geoffrey Enthoven, Meisjes, bénéficiait d’une sortie en salle inespérée depuis son passage au FFM, en 2009. Heureuse coïncidence, serions-nous portés à croire, puisque les deux derniers projets du réalisateur flamand comportent tellement de similitudes thématiques et esthétiques qu’il serait tout à fait naturel de les découvrir simultanément afin de constater la cohérence de son oeuvre et de se laisser émouvoir par la portée universelle du propos qui l’habite.
C’est donc après avoir abordé de front la vieillesse dans Meisjes que Geoffrey Enthoven se frotte à la sexualité chez les handicapés. Philip (Robrecht Vanden Thoren), Jozef (Tom Audenaert) et Lars (Gilles De Schryver) sont trois amis souffrant de ne jamais avoir perdu leur virginité. En apprenant l’existence d’une maison close réservée aux gens atteints, comme eux, d’un handicap physique majeur, ils décident de s’y rendre. À cette fin, ils devront d’abord voyager de leur Belgique natale jusqu’à l’Espagne de leurs rêves, ce qui n’est pas gagné d’avance puisque l’un est aveugle et que les deux autres sont confinés à leurs fauteuils roulants.
Alors que nous pourrions penser que ce scénario de Pierre De Clercq est une oeuvre de fiction pure, c’est pourtant du documentaire anglais For One Night Only qu’est venu le récit de ces trois jeunes hommes.
"En tant que réalisateur, explique Enthoven, mon point de départ est toujours la réalité. Situer mon film dans un univers réaliste me permet de faire des recherches et d’éviter les lieux communs ou les clichés qui viendraient autrement, si je me contentais de remettre en scène ce que j’ai déjà vu dans d’autres oeuvres, par exemple."
Comme dans tout bon road movie, les personnages d’Hasta la Vista devront en voir, des kilomètres et en surmonter, des obstacles avant d’atteindre leur objectif. Attention: si tout cela peut sembler aride, il n’était toutefois pas question pour Enthoven de sombrer dans le misérabilisme.
"Pour moi, raconte-t-il, le handicap des personnages est surtout une bonne excuse pour aborder l’amitié, la compassion et l’amour… De toute façon, nous souffrons tous d’un handicap quelconque, et ce n’est pas tant ça qui est intéressant que notre façon de vivre avec."
À voir si vous aimez /
Oxygène de Hans Van Nuffel, Meisjes de Geoffrey Enthoven, Kenny de Claude Gagnon
Avec Hasta la Vista, Geoffrey Enthoven confirme ce que son très intéressant Meisjes laissait déjà présager, soit que l’utilisation d’une structure classique pour raconter un récit légèrement hors norme peut effectivement fonctionner, voire émouvoir, cela même si les ficelles de l’intrigue nous sont bien visibles et qu’il n’y a aucune véritable tentative de la part de l’auteur de les camoufler. C’est un peu se reposer sur une certaine mécanique du cinéma que d’agir de la sorte, mais en même temps, nous ne pouvons rejeter l’efficacité de ce processus, qui en a vu bien d’autres mal le maîtriser et donc sombrer plus tristement encore que s’ils s’étaient essayés à une réalisation audacieuse et exploratoire. En cela, le travail d’Enthoven mérite le respect, même si nous espérons de lui davantage de courage pour la suite des choses.





Quel beau souvenir du FFM! Des comédiens convaincants( je me suis posé la question de l’authenticité car je ne croyais pas que un jeu aussi réaliste puisse être soutenu par des comédiens…) D’ailleurs, j’aurais décerné des prix aux comédiens…Le film aborde un sujet délicat, tabou même mais le ton est léger. On suit avec plaisir ce quatuor atypique qui s’engage dans un périple en quête d’un bonheur qui leur est inaccessible dans leur condition.
C’est attendrissant et le spectateur est de tout coeur avec ces jeunes dans un road-movie fort bien mené.
La trame est traitée comme un thriller… et quelle que soit l’issue, leur démarche est déjà un affranchissement qui peut porter le nom de bonheur. Un film qui est une leçon pour tous. Un conte pour adultes…
Ce film montre bien que les personnes handicapés est un être avec des désirs comme toutes personnes normales. Ces personnages attachants ont réussit de nous faire rigoler tout en nous rappelant à ne pas rester entiché avec nos préjugés et idées préconcues envers les autres, plus spécialement quand l’autre ne semble pas ou est n’est réellement pas de ce qu’on pense de d’eux. Une bonne prestation des acteurs qui méritent nos éloges à vouloir se mettre dans la peau des laissés-pour-comptes de notre société de performanceset perfectionist afin de sensibiliser les spectateurs du sort et de la place que réserve notre société aux handicapés de toutes sortes