Jusqu’au 23 octobre, le 40e Festival du nouveau cinéma gâte les amoureux du septième art avec un festin royal. Voici quelques suggestions pour la première semaine.

Magnifique hommage à Pina Bausch, décédée en 2009, Pina de Wim Wenders donne un nouveau souffle aux principales oeuvres de la chorégraphe, dont Café Müller, en les transposant dans des lieux inusités: « Pina avait averti son fils seulement qu’elle était malade, confiait le réalisateur au TIFF, elle est morte cinq jours plus tard. J’ai failli abandonner, sa compagnie ne savait pas si elle allait continuer. Deux semaines plus tard, on a décidé de tourner le film. Ce documentaire devenait un au revoir pour les danseurs. »

Précédant Pina, le court métrage Ora, de Philippe Baylaucq, propose une chorégraphie de José Navastournée en thermographie 3D, procédé permettant à la caméra de capter la température des corps des danseurs, créant ainsi un rapport intimiste et charnel entre eux et les spectateurs. (13 et 14 oct.)

Film-choc ayant décontenancé le public de Karlovy Vary, Laurentie, de Simon Lavoie et Mathieu Denis, offre une audacieuse réflexion sur la crise identitaire québécoise en traçant le portrait d’un jeune homme mal dans sa peau (brillant Emmanuel Schwartz). « D’entrée de jeu, on ne voulait pas mettre en scène un protagoniste wacko, loin de nous, qui ne nous concerne pas. On trouvait ça plus intéressant, plus confrontant, plus sincère de se mettre à nu, de s’exposer à travers un Québécois tout ce qu’il y a de typique », explique Lavoie. (13 et 16 oct.)

Film ayant valu à Michael Fassbender le prix d’interprétation à Venise, le troublant et frontal Shame de Steve McQueen (Hunger) met en scène l’acteur dans le rôle d’un sexolique collectionnant les conquêtes, mais incapable d’entretenir de longues relations.

« En ce qui concerne mon image, je n’en ai rien à foutre, a dit l’acteur au Festival de Toronto à propos des scènes où il dévoile tout de son anatomie. Ce qui m’intéresse, c’est de raconter des histoires, de provoquer des questions et des discussions. » (14 et 17 oct.)

Croisement étonnant entre Les yeux sans visage de Georges Franju et Frankenstein de Mary Shelley, La piel que habito de Pedro Almodovarnon seulement marque les retrouvailles entre le flamboyant Madrilène et Antonio Banderas, mais donne à voir le ténébreux acteur sous un nouveau jour.

« Quand Pedro m’a proposé de jouer un savant fou, je me suis empressé de sortir mon coffre à outils en me promettant que j’allais m’amuser comme un fou dans ce rôle-là. Aussitôt, il m’a dit de tout mettre ça de côté et de jouer de façon subtile, de ne pas laisser transparaître mes émotions, de ne pas sourire. Au fond, il avait raison; prenez les tueurs en série, jamais leurs voisins ne soupçonnent qu’ils sont psychopathes… », racontait Banderas à Toronto. (16 et 18 oct.)

En vrac

Grand Prix du jury à Cannes (ex æquo avec Le gamin au vélo des Dardenne), Il était une fois en Anatolie est, au dire de son réalisateur Nuri Bilge Ceylan, « un film difficile ». Racontant en temps réel et en plans très larges une enquête policière, il n’en demeure pas moins une oeuvre fascinante. (13, 15 et 23 oct.)

Ayant ému aux larmes le public de Karlovy Vary, Roméo Onze d’Ivan Grbovic met en scène le touchant Ali Ammardans le rôle d’un jeune homme handicapé qui tente de s’émanciper en se créant une vie virtuelle. (15 et 16 oct.)

Ne serait-ce que pour son prologue, d’une sublime beauté rivalisant avec celle des premières images d’Antichrist, Melancholia de Lars Von Trier est sans doute l’une des pièces de résistance de cette 40e édition. Auprès de Charlotte Gainsbourg, nuancée, Kirsten Dunst, Prix d’interprétation féminine à Cannes, séduit par son incarnation sensible d’une jeune mariée névrosée à l’aube de l’apocalypse. (15 et 17 oct.)

Bénéficiant d’une mise en scène soignée, de cadrages minutieux et d’une atmosphère clinique réussie, Sleeping Beauty de Julia Leigh met en vedette Emily Browning, volontairement désincarnée, en étudiante qui multiplie les petits boulots. (16 et 17 oct.)

Bien que cette adaptation du magnifique roman de Haruki Murakami en laissera quelques-uns sur leur appétit, Norwegian Wood de Tran Anh Hung vaut tout de même le détour pour sa façon délicate d’illustrer les amours d’un étudiant (Kenichi Matsuyama) et d’une jeune fille tourmentée (Rinko Kikuchi). (17 et 19 oct.)

Enfin, il y a fort à parier que Notre jour viendra, quête initiatique à l’énergie punk de Romain Gavras, où deux roux (Vincent Cassel et Olivier Barthelemy) sèment l’anarchie sur leur passage, divisera les spectateurs. Perso, on a détesté. (18 et 19 oct.)

www.nouveaucinema.ca


Voyez notre couverture du festival au www.voir.ca/fnc-2011

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